mercredi 1 mars 2017

Vous n'avez pas assez d'une vie pour faire les classes prépas

Bonjour, 

Faire les classes prépas, c'est se lancer dans deux ans de compétition pour obtenir la meilleure école d'ingénieurs, la meilleure école de commerce ou pour réussir à intégrer une École Normale Supérieure, quelle que soit la matière que vous choisissez. 

Sauf que Pierre Rabhi rappelle dans sa dernière interview pour Soleil Levant que ce qui serait le plus important pour un changement positif de société, ce serait de ne pas éduquer les enfants puis les adolescents et jeunes adultes dans la compétition :

Interview de Pierre Rahbi pour soleil-levant.org - Décembre 2016


Quel que soit votre niveau, vous allez chercher à intégrer la prépa la plus prestigieuse qui voudra bien vous accueillir. Dans cette nouvelle classe, vous serez avec des élèves tout à fait excellents jusque-là.

Et à partir de là, vous allez devoir faire de votre mieux pour travailler le plus possible, le mieux possible, le plus efficacement possible. Et plus encore. Et parmi vous, il y aura, de toutes façons, un 1er - comme tous les élèves l'étaient l'année d'avant - et un dernier. Un dernier, ce qu'aucun élève n'a jamais vécu auparavant s'il est aujourd'hui en prépa.

Rien ne l'a préparé à cela.

Personne ne démarre les classes prépas en se disant "je vais prendre une prépa trop bien côtée pour mon niveau pour me retrouver en situation d'échec l'année prochaine".

Même les bons élèves de la classe peuvent "vivre comme un échec" les notes qu'ils reçoivent dès les premières semaines et qui ne correspondent plus à ce qu'ils avaient comme référentiel.

Personne n'est préparé à entendre à longueur de journée "Vous ne travaillez pas assez", "Il faudrait travailler plus." Quand ce n'est pas plus "direct"... "Vous êtes nuls" "Vous ne foutez rien" "Il est peut-être temps de s'y mettre mademoiselle"....

Pour se sentir bien dans votre vie, c'est mieux de vous entourer d'un cocon inspirant. D'un ensemble de gens, qui, comme vous, se sentent bien dans leur vie, se sentent bien dans leurs études, sont satisfaits de ce qu'ils font, se sentent eux-mêmes et inspirés par ce que leur est proposé.

Comment, quand on est en difficulté en prépa, ne pas se comparer ?

Comment, quand on travaille beaucoup et que les autres ont de meilleures notes, ne pas se mettre à se dire qu'on est peut-être pas assez intelligent ? Qu'on est peut-être finalement pas assez rapide. Pas assez organisé ? Pas assez méthodique ? Pas assez coaché ? Qu'on n'était peut-être pas "fait pour la prépa"?

J'ai envie de vous dire que la prépa "n'est faite pour personne". Dans ceux que j'ai vus qui y ont excellé et dont on pourrait penser qu'ils sont les grands gagnants du système, j'en ai trop vu qui ont pris le melon.

Ils ne sont pas forcément devenus imbus d'eux-mêmes, ce n'est pas ce que je suis en train d'écrire. Ce que j'ai observé c'est que la capacité à avoir 20 en prépa quand le deuxième élève de la classe a 12/20 et que c'est comme ça pendant toute une année, ça peut amener à se sentir "supérieur".

Et pour un élève qui en sort en se sentant "supérieur", il y a un peu trop d'élèves qui arrêtent - ou qui continuent - en se disant qu'ils ne sont pas "suffisant".

J'ai déjà mentionné dans ces lignes que notre professeure de français de PSI* à Lakanal y voyait une bénédiction. Le début de la sagesse : "Je sais que je ne sais pas".

C'est une chose d'accéder à la sagesse en découvrant que plus on apprend plus on se rend compte de l'étendue de ce que nous avons à apprendre. C'en est une autre de se sentir insuffisant.


J'ai intitulé cet article "Vous n'avez pas assez d'une vie pour faire les classes prépas" parce que ça prend trop de temps, ensuite, pour se reconstruire. Pour se rebrancher sur ce qui fait votre estime de vous et votre confiance en vous et en vos capacités.

Parce que nous n'avons plus le temps non plus, en tant que collectivité, que vous preniez 20 ans pour vous rebrancher sur vos talents, vos désirs, la réalité des choses... pour vous construire une vie inspirée et inspirante. et parfois pour reconnaître l'erreur que ça peut-être de faire une école de commerce...

J'ai fait HEC et je m'en excuse - Editions Stock


Bon, et si vous y êtes déjà, en prépa, je vous invite à vous brancher sur ce qui fait que vous y êtes bien. A vous brancher sur vos talents et vos points forts. A ne vous comparer à personne. A vous entourer de personnes inspirantes.

Chaque jour, vous pouvez vous féliciter de tout ce que vous faites déjà. Chaque jour, vous pouvez vous féliciter de tout ce que vous avez appris et du moindre progrès.

Vous pouvez remercier les DS, les colles, les enseignants : ils sont simplement les outils que vous avez choisis de mettre en place pour apprendre et vérifier l'avancement de votre apprentissage.

...

Pour rendre hommage aux prépas tout de même, certains élèves s'y sentent comme un poisson dans l'eau. Leur recette du succès, à mon avis :

Le choix d'une prépa adaptée à leur niveau
Du recul sur les objectifs, sur les remarques des profs, sur les notes
Du recul sur la pression, pour garder une vie "quasi normale". 

Explications : 

1) le premier de notre classe en sup qui a pris le melon "tellement il était bon" n'aurait peut-être pas fait long feu à Louis le Grand. Il a bien fait de choisir Orléans pour vivre cette sensation de succès incommensurable, au point de refuser Normale Sup en 3/2 pour Polytechnique l'année suivante. En queue de classe à Louis le Grand il aurait sûrement eu une autre expérience de la prépa et de la réussite.

2) un très bon copain de Télécom Bretagne a choisi de vivre la prépa "tranquille" à Jacques Decours à Paris. Au fond de la classe et à son rythme, il faisait ce qu'on lui demandait, sans plus. Pas d'émotion. Pas de stress sur les notes. N'écoute pas les remarques désagréables des profs. A fait 5/2 tout en douceur pour avoir une école qui lui convient.  Atout de son côté : avait développé le talent de ne pas écouter les remarques désagréables de son père qui lui en faisait tout le temps. Et qui jugeait indispensable de nous dire les années qui ont suivies "Télécom Bretagne, c'est quand même pas terrible". Ces propos lui appartiennent et comme le suggère Jacques SALOME, je les lui rends :-)

3) les élèves doués que j'ai vus rester doués - ou que j'aide lors de mes accompagnements à retrouver leur niveau - continuent à faire les activités qui sont indispensables à leur équilibre : dormir assez, faire du sport, voir des amis et leur famille, écouter ou jouer de la musique, aller au cinéma ou ailleurs, en fonction de leurs goûts et de ce qui va leur permettre de reconstituer leurs réserves d'énergie, de se sentir bien, de garder la motivation

Contre-exemple
Moi, pour tout dire, je ne suis pas dans les deux derniers points. Je suis sensible. Je suis émotif. J'ai écouté les remarques désagréables qui ne me concernaient pourtant pas - et d'ailleurs, là aussi, je leur rends, à tous, leurs remarques désagréables. J'avais envie de réussir malgré les difficultés alors je me suis mis la pression. Souvent, je n'ai pas assez dormi (d'ailleurs même l'année de 5/2 qui s'est bien passée, je ne dormais pourtant pas assez), je n'ai fait des pauses ou des sorties ciné que dans une culpabilité qui prenait bientôt toute la place...

En faisant tout mon possible pour obtenir la PSI* en deuxième année, je me suis mis dans la galère concernant le point 1 : je me suis retrouvé dans une classe dont le niveau ne me convenait pas.

Résilience
Alors ouf, j'ai pu faire preuve de résilience et en 5/2, j'ai trouvé ce cocon de gens inspirés et inspirants pour réussir.

Des profs passionnants. Des élèves qui s'entraident. Un internat de solidarité. Et puis entre-temps, je crois que j'avais aussi lâché sur la pression. Au quotidien, je faisais simplement de mon mieux pour avancer. Pour apprendre. Quand je faisais une pause, c'était pour passer des maths à l'anglais ou pour aller courir dans le Parc de Sceaux quand la pression était quand même trop forte.

Et puis je parlais des gens inspirants, il y a les rencontres incroyables. Les étudiants venus d’Équateur pour faire Normale Sup. En toute simplicité. Et qui passent le concours. Sont admissibles. Sont admis. et font Normale Sup. En toute simplicité.

C'est inspirant. C'est gratifiant d'être leur ami. C'est passionnant de les écouter. De suivre ensuite leurs recherches... à l'école Polytechnique. Toujours en toute simplicité.


La résilience, c'est pouvoir penser que toutes les difficultés que vous vivez aujourd'hui, vous allez les surmonter, vous allez y trouver des solutions - ou pas - et finir par en faire des atouts dans votre cursus, dans votre métier, dans votre vie.
Pour finir, éviter si vous pouvez l'impatience et les peurs. Prenez votre temps, faites ce que vous avez à faire, ne vous inquiétez pas pour les DS, les colles et les concours au loin. Faites simplement, au jour le jour, ce qui a du sens pour vous, ce qui vous semble important.
Apprenez comme vous seul pouvez le faire.
Mémorisez comme vous seul pouvez le faire.
Progressez, pour vous seul.
Entourez-vous de gens sympa auxquels vous ne vous comparez pas, mais qui vous inspirent.
Soyez content et faites preuve de gratitude pour tout ce qui se passe bien pour vous.

Et puis si les classes prépas n'ont rien à voir avec ce que vous voudriez vraiment vivre, alors faites autre chose. Si vous mettez toute cette énergie que vous dépensez en prépa au service de votre véritable projet, vous décrocherez les étoiles.

Si vous aviez 14h par jour, 7 jours par semaine, pendant 2 ou 3 ans à consacrer à un projet qui vous tient vraiment à cœur, vous feriez quoi ?

Moi, je sais que je les ai passé à réfléchir et à écrire sur ce qui peut vous aider. Je sais que ce soir, j'ose écrire que pour certains d'entre-vous qui se posent seulement la question pour l'année prochaine, d'autres options, plus favorables, plus adaptées, plus inspirantes peuvent s'offrir à vous.

Jusque-là, je n'osais peut-être pas le faire. J'avais peut-être peur de ce que vous pourriez penser. Aujourd'hui, je n'ai pas peur. Ceux pour qui les classes prépas se passent bien n'ont pas de raison de lire ces lignes. Ceux pour qui les classes prépas posent question, ma "réponse", mon analyse s'affine au fil des semaines.

Plus je me réconcilie avec l'idée d'avoir fait les classes prépas, plus j'accepte l'idée qu'elles m'ont permis de devenir qui je suis, plus je me sens libre de vous suggérer de faire autre chose si vous en avez la possibilité.

Alors les parents comme les élèves peuvent se dire que la compétition des classes prépas a le mérite de préparer à la compétition sur le marché du travail et au sein des entreprises. C'est vrai. Mais on peut aussi ouvrir les yeux et voir, quand on les ouvre, le nombre de jeunes diplômés et jeunes salariés qui refusent les règles de l'entreprise. Qui ne souhaitent plus passer leur journée à attendre la prochaine promotion en s'ennuyant jusqu'au "bore out" ou en supportant des "petits chefs" merdiques jusqu'au "burn out"...

Et dès qu'on sort de chez soi, on en croise... Le bore out dans le Monde

et des pros qui quittent le "job de leur rêve" chez Apple...
http://www.huffingtonpost.fr/jordan-price/pourquoi-jai-quitte-mon-job-chez-apple_b_4780968.html

Ce qui est certain, c'est que sa vie professionnelle, aujourd'hui, on peut la construire. Même dans les grandes écoles, l'entrepreneuriat prend désormais toute la place pour des jeunes qui veulent donner un sens à leur travail

http://www.lenouveleconomiste.fr/un-tsunami-entrepreneurial-secoue-les-campus-des-grandes-ecoles-33966/
  

 ou à leur vie





Bonne route !

Gabriel


mercredi 1 février 2017

Article du Monde : les classes prépas, un marathon pour les parents



Bonjour, 

Je ne sais pas si vous avez lu l'article du Monde : Les classes prépa, un marathon pour les parents.

Pour commencer, je voudrais féliciter le journaliste par la justesse de son analyse. Je partage cet article avec vous parce que c'est ce que j'étais en train de ressentir depuis plusieurs mois, et ce, plus que les années précédentes. 

Quand j'ai les parents au téléphone, ils n'ont souvent pas encore parlé de leur démarche à leur fils ou à leur fille. Ils espèrent que je vais pouvoir l'aider et mènent une "enquête préliminaire". 

En fait, il me semble aujourd'hui que mon activité a évolué et s'il n'est pas trop possible de le dire ouvertement, je deviens moi aussi un "central téléphonique" pour parents épuisés par la situation de leur enfant en prépa. 

Il faudrait peut-être que je le propose plus ouvertement sur ce blog. 

"Vous êtes épuisé par l'accompagnement de votre fils ou de votre fille en prépa".
"Vous avez besoin de solutions nouvelles..."
"Vous avez besoin que quelqu'un d'autre prenne le relais..."
"Vous avez besoin, vous-même, de faire le point pour savoir comment mieux l'accompagner ou pour relâcher la pression..."

De mon côté, du côté du professionnel qui voulait pouvoir être cette "tierce" personne qui ne soit ni un parent, ni un prof, pour faire le point avec un élève qui en aurait besoin, la situation a beaucoup évolué au fil des années. 

Quand j'ai lancé mon blog en 2008 - 2010, les élèves appelaient parfois eux-mêmes pour prendre rendez-vous. D'autres m'envoyaient un mail pour une question ou un conseil. 

Désormais, ce sont principalement des parents qui appellent. Ou envoient un sms. Ou envoient un mail.  

Dans leurs écrits, je découvre le désarroi qui est décrit dans l'article du Monde : 

extrait de l'article du Monde "Les classes prépa, un marathon pour les parents"

extrait de l'article du Monde "Les classes prépa, un marathon pour les parents"







Mon analyse de la situation en prépa n'est alors peut-être plus tout à fait d'actualité. Si nous pouvions certainement être insupportables avec nos parents pendant nos années de prépas, et nous appuyer sur eux pour toute la partie "intendance" comme c'est mentionné dans l'extrait ci-dessus, je n'ai pas l'impression qu'ils étaient également nos psy, nos coachs, nos "chauffeurs"...

J'ai créé ce blog sur l'idée que justement, l'élève était un peu "coincé" entre une équipe enseignante parfois sourde à la souffrance avec une réponse "travaille plus" un peu trop systématique et des parents inconscients de ce que nous étions en train de vivre. 

Aujourd'hui, les parents sont "cellule de soutien" en permanence et "cellule de crise" peut-être un peu trop régulièrement. 

Reste un constat. 

Il ne me semble pas normal de souffrir autant en prépa. 

Il ne me semble pas normal de faire appel à une "cellule de crise" aussi fréquemment. 

Il n'est pas possible d'être "en crise" ou en "souffrance" - comme je le dis, moi, dans ce blog, et contre toute les formules marketing qui devraient être employées pour une offre "commerciale" - pendant aussi longtemps sans en vivre, ensuite, les séquelles de nombreux mois après. 

En témoigne, d'ailleurs, la création du blog "Stop suicide et dépression" en prépa. Un blog créé cet été pour dénoncer des faits toujours actuels certes... mais qui ont eu lieu il y a 15 ou 20 ans. 

C'est dire si le travail de reconstruction est long. 

J'en suis d'ailleurs le premier témoin : j'ai fait les classes prépas entre 1997 et 2000 et je suis toujours sensible à ce sujet pour ceux qui vivent ces situations aujourd'hui. 

Alors à tous les élèves de prépa et à leurs parents : bon courage !





Ce que j'ai aimé en prépas - épisode 2

Bonjour,

J'ai commencé à vous parler hier de ce que j'ai aimé en prépa.

Les amis.
Les profs.
Progresser et se dépasser.

5. L'autonomie

Aujourd'hui, j'ai pensé que ce que j'ai aimé aussi, en allant à l'internat à Lakanal en 5/2, c'est la découverte de l'autonomie. Si c'était très sympa d'être resté chez moi et d'avoir pu garder toutes mes habitudes les deux premières année, j'étais très content de quitter la maison pour l'année suivante.

Je n'étais pas un aventurier : ma soeur avait ouvert la voie en quittant la maison avant moi pour aller faire hypokhâgne B/L à Lakanal dès l'année précédente. C'était aussi très amusant d'y retrouver notre cousin qui avait choisi A/L.

Aller à l'internat, c'est arriver la veille de la rentrée pour découvrir sa chambre. A Lakanal en deuxième année, on a la chance d'avoir une chambre individuelle. En première année, je pense que j'aurais eu beaucoup de mal à partager une chambre avec deux autres élèves pour faire une prépa.

Dans l'article du Figaro Etudiant sur Ginette cette semaine, le directeur explique qu'il faut "être taillé pour la vie en communauté. Ce qui est vrai pour cet établissement prestigieux où les élèves travaillent jusqu'au samedi soir, viennent de loin et restent donc régulièrement le dimanche, vaut aussi pour les autres internats.

6. L'entraide 

Avec une chambre individuelle à l'internat, c'était le bon équilibre pour moi : un lieu pour rester seul quand on le souhaite ou qu'on en a besoin, une communauté d'entraide quand on en a besoin.  

De ce point de vue, j'ai beaucoup apprécié, tout au long de ma scolarité en classes prépas, aussi bien en sup et en spé à Orléans qu'ensuite, en 5/2 à Sceaux, d'avoir un binôme.

Se retrouver pour chercher les DM. S'expliquer mutuellement les points difficiles. Se dynamiser pour se mettre au travail. A l'internat, c'était même un moyen de travailler efficacement et longuement le dimanche.

A tel point que nous avons choisi de partir chez mon binôme pour réviser pendant les vacances de février. Je n'avais jamais autant travaillé en restant chez moi.




mardi 31 janvier 2017

Ce que j'ai aimé en prépas

Bonjour, 

Ce matin, j'ai choisi de vous parler de ce que j'ai aimé en prépas. 

1. Les amis

En réfléchissant à ce que j'ai aimé en prépas, la première chose qui m'est venue à l'esprit, ce sont les noms des amis. Ceux qui ont été mes binômes pour travailler. Ceux que je retrouvais pour la récréation ou pour le déjeuner et avec qui j'ai pu refaire le monde. Ceux que je retrouvais pour le dîner pendant l'année d'internat à Lakanal. 

Ceux avec qui je prenais le RER à la dernière minute pour arriver juste à temps pour le film à la séance de ciné à Montparnasse.

Ceux chez qui je suis allé réviser en Tunisie pour les vacances de février. 

Ceux aussi, que je n'ai jamais revus mais avec qui j'ai joué au foot ou au volley toutes les semaines pour me sentir mieux et tenir le coup. 

Ceux à qui je suis allé rendre visite jusqu'à Orsay ou Zurich quand ils ont intégré Supélec puis l'école polytechnique de Zurich. 

Ceux que j'ai retrouvés plus tard, au hasard des poursuites d'études, des voyages à l'étranger ou simplement des lieux de vie. 

...

2. Les profs

La deuxième chose à laquelle j'ai pensé, en reprenant ma réflexion, ce sont les profs. 

Le prof de maths de sup, inoubliable. 
"Votre salut passe par la connaissance du cours... et la recherche des exercices."
"Les maths, c'est beau"
"Les irréductibles unitaires"
et "2713"
Le prof de français aussi. Que j'avais eu en "Lettres" les mercredi après-midi l'année précédente en terminale. 

L'équipe des profs de Lakanal, aussi bien en physique et en SI par leur préparation rythmée et complètement maîtrisée, des concours écrits et des oraux, que le prof de maths qui me semblait enseigner les maths comme un artiste. 

Un artiste qui remplissait le tableau d'une écriture fine et ciselée et qui semblait enseigner une autre matière que tout ce que l'on avait fait jusque là. Au lieu de corriger à toute vitesse une feuille de TD comme une autre, il semblait nous emmener pour un voyage, à traiter ensemble un sujet ou un problème pendant 2 heures. J'avoue que j'ai apprécié comme 5/2, tout en me demandant comment les 3/2 faisaient ?

La prof de français aussi, qui bénissait notre découverte de notre ignorance, enfin, dans un monde où les enfants et les jeunes (et les autres aussi) croient "tout savoir".

3. Progresser

Une chose est sûre, en prépa, on peut toujours progresser. J'ai démarré la sup comme un sportif de haut niveau préparerait une compétition. Je me suis mis au travail immédiatement. J'ai appris chaque cours, au jour le jour, aussi bien que je pouvais. J'ai cherché les exercices. J'ai trouvés les réponses et j'ai continué. C'était grisant d'apprendre autant, de travailler autant et de se sentir dans la course. 

Ensuite, j'ai eu du mal à comprendre ce qui m'arrivait. En fait, j'ai compris plus tard que j'avais fait un très bon démarrage. Mon prof de maths m'a dit plus tard que mon dossier ne laissait pas supposer que j'allais pouvoir être 16e comme je l'ai été au premier devoir. 

Moi, je n'avais pas compris que 16e c'était bien. Alors je célèbre cette victoire rétrospectivement, quand j'y pense. On ne peut pas toujours vivre les choses du premier coup, mais on peut toujours se féliciter pour ce qu'on a accomplit, une fois qu'on se rend compte de l'exploit. 

4. Se dépasser

Tant que l'on va bien, les classes prépas, c'est quand même le lieu idéal pour se dépasser. Maintenant que j'enseigne à des élèves de 4e qui jugent inhumain d'apprendre 10 lignes de cours par semaine, je me rends compte à quel point on peut aller loin quand on a le goût de l'effort et le plaisir du travail bien fait. 

Notre cerveau est beaucoup plus fort que ce que l'on veut bien nous laisser penser. Il suffit de s'atteler sérieusement à l'apprentissage d'une langue, d'une matière, d'un sujet qu'on aura choisi, pour s'en rendre compte. 

En prépa, choisissez bien les matières qui peuvent vous intéresser jusqu'à l'overdose et allez-y : vous n'apprendrez jamais ailleurs, autant que dans un contexte où tout est fait pour que vous puissiez vous y consacrer pleinement : parents, profs, internat ou pas, soirs et week-ends : tout votre temps est dédié à cette nouvelle passion qu'est la prépa. 

N'imaginez pas ensuite, que vous pourrez comme ça, passer 70 heures minimum sur un sujet. Vous aurez un logement à tenir en ordre, des courses et des repas à faire, puis des enfants à élever...

A moins de devenir chercheur ?

(A suivre...)
 


mardi 24 janvier 2017

Les classes prépas : pourquoi c'est si dur ?

Bonjour, 

Pour répondre à un témoignage/commentaire, j'ai pris conscience que ce qui est le plus difficile en prépa, c'est que les classes prépas 
  1. nous font perdre le goût des matières que nous aimons
  2. nous font perdre de vue nos rêves
Ce sont pourtant les deux leviers de la motivation !

1. Les matières que nous aimons


Les matières que nous aimons, le plaisir de trouver la solution d'un exercice de maths, le plaisir de comprendre un phénomène physique, parfois simplement le goût du travail bien fait, la construction d'un raisonnement philosophique, économique ou scientifique... ce sont les petits plaisirs quotidien, conscients ou non, du "bon élève". 

Celui qui fait un parcours presque sans faute jusqu'au bac pour avoir envie de faire les classes prépas. 

2. Nos rêves

Les élèves qui entrent en classes prépas ont de l'ambition. Ils n'ont probablement pas peur de beaucoup travailler. Mais surtout, ils sont portés par un rêve. Si le rêve s'incarne simplement dans une Grande Ecole, il ne "porte" pas beaucoup ou pas autant qu'on le voudrait, certains samedi après-midi ou autres lundi soir où l'on aurait besoin de beaucoup d'énergie pour se mettre au travail.

Les élèves des classes prépas sont pour la plupart des élèves avant tout généreux et portés par des rêves généreux et humanistes : devenir pilote à l'ENAC, travailler dans l'aérospatial, imaginer un jour changer le monde. 

Pour ceux qui veulent à 18 ans travailler dans la finance pour gagner plein d'argent, en passant par l'école de commerce comme par l'école d'ingénieur, je ne me fais pas de souci pour eux. Ou, au contraire, je me fais beaucoup de souci après avoir vu tant de - plus ou moins - copains aller se brûler les ailes dans les mathématiques financières avant la crise de 2008. 

Pour ceux qui y sont encore - ou qui en rêvent encore - j'imagine qu'il faudra plus qu'un article dans un petit blog confidentiel pour leur faire ouvrir les yeux sur les dégâts qu'ils causent partout. 

Revenons aux élèves généreux et portés par des rêves personnels, scientifiques ou humanistes... la prépa fait beaucoup de mal à ces rêves et beaucoup de mal à ces élèves. 


3. Des professeurs à la fois enseignants et bourreaux

Elle fait d'autant plus de mal que ce sont les mêmes enseignants pour lesquels ces élèves consciencieux étaient prêts à se démener les années précédentes qui sont porteurs d'un discours réducteur et cassant, ou simplement apporteurs de notes toujours "médiocres" dans le référentiel de l'année précédente où en-dessous de 14, on peut se dire assez sérieusement, qu'on est "à côté de la plaque". 

Faire table rase du passé. Dire que les maths, "on va tout reprendre depuis le début, parce que ce que vous avez fait jusque-là, ce n'est pas vraiment des maths". En faire jour, soir et parfois nuit, tous les jours, jour après jour, et même le week-end. Et même les vacances. Jusqu'à la nausée. C'est dommage. 

Les plus mathématiciens d'entre-eux n'accepteront d'ailleurs pas cette manière de détruire le raisonnement mathématiques par la vitesse, la quantité, et - osons le dire - le bourrage de crâne. 

Je me souviens très bien de l'accompagnement, toute l'année, de Youval, passionné de mathématiques, qui a tout fait pour aller jusqu'au bout de l'année et valider son inscription en L2 en maths. De l'année, il n'a pas eu le sentiment que la matière qu'il aimait lui était proposée en maths sup à Condorcet. Courir, se dépêcher, apprendre tout si possible, le plus vite possible. Quand lui avait besoin d'aller au bout du chapitre, d'en avoir une vision d'ensemble avant de commencer à comprendre, avant de commencer à pouvoir seulement apprendre. 

Tristesse


Alors continuez, les profs, à défendre votre système comme un super système d'excellence, continuez, l'Union des Professeurs de Spéciale à penser que c'est le lycée qui provoque un abaissement du niveau :

http://prepas.org/ups.php?article=846

Ce qui se passe, c'est que les élèves avertis devraient refuser de tenter le rouleau compresseur de la prépa.

Ce qui se passe, c'est que les élèves sensibles et créatifs devraient refuser de tenter le rouleau compresseur de la prépa.

Ce qui se passe aussi, c'est que les élèves portés par un rêve et par le goût des matières scientifiques ou littéraire ramassent les miettes du plaisir qu'ils avaient après l'essorage à 1600 tours qu'ils subissent parfois en prépas.

Je mets "parfois" par politesse. 

Albert Jacquard, depuis des années, proposait une critique des classes prépas sur la propension à mettre en valeur des personnes unidimensionnelles quand nous avons tant besoin d'ingénieurs, d'économistes et d'intellectuels à dimensions et curiosités multiples. 

Ceux qui traversent les classes prépas sans trop de dommage ne sont ni sensibles ni créatifs. Ils sont capables de travailler les matières essentielles pendant des journées entières sans regretter ni le temps qu'ils ne passent pas avec leur famille ou leurs amis, ni les activités sportives ou artistiques, ni même l'étude d'autres sujets qui peuvent les intéresser. 

 

Espoir

 

Ce qui me donne de l'espoir, c'est que les choses sont en train de changer. 
  • De plus en plus d'écoles recrutent de plus en plus d'élèves en dehors des classes prépas. 
  • De plus en plus d'écoles recrutent par d'autres systèmes de préparation, plus courts, comme les prépas ATS après un DUT. 
  • De plus en plus d'élèves refusent de passer par la case "prépa" que ce soit 
    • parce qu'ils ont vu un frère ou une soeur aînée s'y casser les dents, 
    • parce qu'ils ont compris en quelques jours à la rentrée que la prépa n'est pas faite pour eux ou simplement 
    • parce qu'ils "ne le sentent pas". 

     Et vous, vous en êtes où ?

    Avez-vous réussi à garder le goût de ce que vous aimiez ?
    Avez-vous réussi à garder confiance en vos projets, en vos rêves ?

    Bon courage !

    Gabriel

     

     



 

mercredi 11 janvier 2017

Que peut-on faire pour les élèves de prépa (le coaching)

Bonjour, 

Dans mon précédent article, je traite des cours particuliers auxquels font appel les élèves des classes préparatoires. Ce soir, je souhaite vous préciser pourquoi je préfère les outils du coaching professionnel ou scolaire pour accompagner les élèves des classes préparatoires. 

Dans la démarche des cours particuliers, un professeur plus ou moins compétent vient vous tenir la main et idéalement vous guider dans la résolution des exercices, sans les faire à votre place. 

Dans la posture de coaching, nous réfléchissons ensemble aux enjeux que vous rencontrez et nous explorons les solutions qui s'offrent à vous. Clarification, reformulation, effet miroir, le coach ne cherche pas à apporter des solutions toutes faites mais à construire la solution qui va vous convenir à vous. 

Ce qui est intéressant dans cette démarche, c'est que les solutions sont ensuite plus faciles à mettre en place puisque c'est vous qui les avez construites, choisies, validées. 

A l'inverse, j'entends de nombreux profs ou de nombreux parents m'expliquer ce qu'ils ont "conseillé" à l'élève de faire. J'en étais arrivé là, moi aussi, quand j'ai compris qu'il était temps de me remettre en question.

Avec la rentrée de janvier, vous êtes nombreux à m'appeler pour me demander de préciser ce que je peux proposer. Dans un premier temps, nous échangeons parents, élève et coach, sur la situation et les objectifs à atteindre. Ensuite je discute seul à seul par téléphone avec l'élève pour aller plus loin dans son ressenti et commencer à travailler sur les solutions. Pour terminer le premier rendez-vous, l'élève et les parents valident qu'ils sont intéressés par la démarche qu'ils viennent de découvrir et je confirme que je peux accompagner l'élève vers les objectifs fixés. J'annonce la durée que j'envisage pour atteindre les objectifs visés et les modalités du coaching en fonction de la situation qui m'a été présentée. 

Le rythme que je préfère est d'un rendez-vous tous les 15 jours. Dans des situations délicates, nous avons pu convenir qu'un rendez-vous hebdomadaire était plus approprié. 

Au vu du nombre croissant d'élèves que j'accompagne, j'essaie de voir avec vous si vous avez des disponibilités en journée pour ne pas passer toutes mes soirée en coaching. Les rendez-vous ont lieu par téléphone ou skype cette année puisque j'ai choisi d'installer toute ma famille en Auvergne, près des montagnes. 

Le coaching, c'est souvent la dernière option que l'on considère, après avoir essayé les autres possibilités. Quand vous prenez rendez-vous, on dit que "50% du travail est fait". C'est vrai qu'ensuite, les solutions peuvent être mises en places rapidement. Parfois ça prend un peu plus de temps. Ainsi, on arrête parfois le coaching au bout de 3 à 4 rendez-vous parce que la situation est rétablie. Si c'est nécessaire, on peut en faire 2 ou 3 de plus pour assurer la remontée des notes et l'accompagnement dans la durée vers la réussite. 

Ce qui est difficile pour moi, c'est quand les familles m'appellent alors que l'élève est à la limite du burn-out ou de la dépression. Les rendez-vous chez le psychiatre et les traitements anxiolytiques me semblent difficilement compatibles avec les études de haut niveau en prépas. Il semble que vous soyez quand même un certain nombre à "tenir le coup" grace à ces médicaments. Pour d'autres, c'est l'obligation d'une pause radicale pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois avant de vous sentir mieux et de vous reconstruire...

Et vous, vous en êtes où ?

Est-ce que vous êtes stressé(e) raisonnablement ou est-ce que vous sentez que vous aller craquer ?

Quand mes tantes voulaient me dissuader de faire 5/2 parce qu'elles disaient qu'il valait mieux une petite école que de "péter les plombs" avant les concours, j'avoue que ça a surtout touché mon égo et que j'ai foncé faire 5/2. Je mesure seulement aujourd'hui le risque dont elles parlaient. 

En ce qui concerne la 5/2, je disais à un élève ce soir que quand même, globalement, les élèves qui avaient fait 5/2 comme moi, je les trouvais "fatigués" une fois entrés en école...

Et vous, qu'en pensez-vous ? 

Moi, quand j'y pense, si c'était à refaire, je ne crois pas que je m'imposerais autant de stress et de souffrance pour apprendre un métier que je n'exerce pas ou peu... comme tant d'autres diplômés de grandes écoles...

Et vous, avez-vous fait les classes prépas ?
  • Si c'était à refaire, vous le referiez ?
  • Est-ce que vous faites le métier pour lequel vous avez autant trimé ?
  • Est-ce que vous le conseilleriez à vos amis ou à vos enfants ?
Je pense également à tous ces jeunes qui voient leur soeur ou leur frère aîné faire les classes prépas et qui décident, par ce qu'ils observent, qu'il est hors de question qu'ils y aillent !

Je pense aussi à tous ces gens qui ont fait une journée, une semaine ou trois mois en classes prépas avant de décider que ce n'est pas pour eux. Il semblerait que ce soient quand même 1 500 élèves chaque année... sur les 80 000 élèves des classes prépas...

Dans tous les cas, bon courage pour le mois de janvier et tous les autres...

Gabriel Brabant


mardi 10 janvier 2017

Que peut-on faire pour les élèves de prépa ? (les cours particuliers)

Bonjour, 

Que ce soit en tant que parent, proche ou coach, je m'interroge sur ce que l'on peut faire pour les élèves de prépa. 

Dans les dernières conversations avec les parents, nous avons évoqué la recherche de cours complémentaires en maths. Pour l'un, il ne trouvait pas vraiment de professeur au niveau recherché. Pour l'autre, l'élève de 3e année d'école de commerce ne répondait pas vraiment aux attentes de sa fille en prépa ECS. 

Je m'interroge depuis le démarrage de ce blog sur la question des cours particuliers en prépa. Ma réponse en 2009 était assez tranchée : je ne voyais pas comment c'était possible de prendre des cours particuliers en prépa. 

Il faut reconnaître que je restais dans cet esprit un peu "puriste" et un peu "maso" de la maths sup : tu galères mais c'est normal et tu ne peux compter que sur toi-même. 

Depuis, j'ai pris conscience que de très nombreux élèves font appel à des cours particuliers, s'inscrivent à des "coaching de maths" en petit groupe le samedi après-midi ou font un stage pendant les vacances. 

Quand je regarde la quantité d'offres et les démarches marketing et commerciales qui vont avec, j'ai parfois envie de passer mon chemin et d'aller faire autre chose. Je ne me reconnais pas dans ces approches. Pourtant, de manière très pragmatique, l'absence de mise en valeur de mon offre ne me permet pas de gagner assez d'argent pendant les périodes où je dédie tout mon temps à "Coaching Classes Prépas", ce qui fait que je suis "coincé" pour nourrir ma famille. Régulièrement, je suis retourné travailler comme salarié ou sur d'autres projets, tout en poursuivant Coaching Classes Prépas en parallèle d'une autre activité. 

Ces offres répondent à une demande. Je cite souvent Alain Ordronneau, expert en accompagnement des porteurs de projet et des créateurs d'entreprise : "le marché ce sont les cours de maths !"

Il faut reconnaître que c'est rassurant, pour beaucoup de parents, de pouvoir proposer un prof particulier en maths ou en physique à leur fils ou à leur fille qui se met à avoir des difficultés en prépa. Avec des enseignes comme Acadomia ou en passant en direct auprès d'étudiants de grandes écoles, on peut même trouver quelqu'un de compétent. 

Compétent ou pas, le prof particulier va pouvoir venir "tenir la main" de l'élève pour travailler les maths ou la physique le samedi après-midi ou le dimanche matin, des périodes où il peut être difficile de se mettre au travail. 

En ce qui me concerne, j'ai déjà raconté dans ce blog comment j'avais donné des cours de SI le dimanche matin à un élève de MP* de Janson de Sailly. En une année scolaire de dimanche matin, il avait pu reprendre pied dans une matière qu'il avait jusque là négligé parce que ce n'était pas sa priorité. Au départ il avait demandé un prof de maths. Mais qui peut être à la hauteur pour accompagner un élève de MP* en maths ? A part un prof de prépa en exercice, qui sera difficilement disponible le dimanche matin pour des cours particuliers...

Ce qui m'épate dans tout ça, ce sont les élèves qui voudraient un prof qui leur permette d'avoir la synthèse de 6 heures de cours de la semaine, chaque semaine et sur mesure. Si possible pour 50 euros...

Les élèves ont 6 à 8 heures de maths par semaine. Ils ont des exercices à préparer, des colles, des DS. Quel "prof" miracle peut leur faciliter l'apprentissage, d'un coup de baguette magique, de ces 6 heures de cours, chaque semaine ?

Dans les exemples que j'ai rencontrés, j'ai plutôt eu des témoignages de l'inverse. Après avoir "délégué" la recherche des exercices à un prof particulier qui les guide à chaque fois qu'ils bloquent sur l'exercice, certains élèves voient leurs notes chuter à l'écrit. 

En effet, notre prof de maths sup disait : Votre salut passe par la connaissance du cours et la RECHERCHE des exercices". 

Les élèves qui oublient de chercher et qui voudraient des solutions toutes prêtes ou qui se jettent sur les corrections dans leur livre ou sur internet pour tenter de les mémoriser, vont se trouver en difficulté lors du prochain DS. Devant leur copie, ils se retrouvent seuls pour chercher. Une démarche qu'ils ont tenté de s'épargner au maximum le reste de la semaine, sous le prétexte que ça semble leur prendre trop de temps. 

En ce qui me concerne, je commence à me faire à l'idée que proposer des cours de maths pourrait être une bonne idée. Par contre, au niveau demandé, j'imagine que le tarif horaire doit inciter l'élève à chercher le plus possible par lui-même et ne faire appel à son "soutien" qu'en dernier recours. 

J'imagine également qu'un bon prof particulier en prépa serait un prof qui ne fait rien. C'est-à-dire qu'il se contente d'obliger l'élève à faire des liens. 

"Quand vous lisez le sujet de cet exercice, est-ce que ça vous évoque un théorème, une propriété ?"

"A quelle partie du cours, cet exercice se rapporte-t-il ?"

"J'entends que vous bloquez sur la recherche de cet exercice, ce que je vous propose, c'est que vous en cherchiez un autre et que vous reveniez dessus plus tard, après une pause". 

  • Et vous, faites-vous appel à un prof particulier ? 
  • Est-ce que vous attendez de lui qu'il fasse les choses à votre place ? 
  • Espérez-vous qu'il soit capable de vous faire la synthèse du cours chaque semaine ? 
  • Est-ce plutôt une aide pour vous mettre au travail à un moment où vous ne seriez pas motivé ?

mercredi 14 décembre 2016

Vous n'avez pas besoin d'aide

Bonjour, 

Au départ, ce titre est une injonction paradoxale. C'est à dire que c'est un moyen de vous faire prendre conscience que vous pourriez avoir besoin d'aide. 

J'explique. 

Laurent EDEL, dans une super conférence au salon des micro-entreprises il y a plusieurs années, nous indiquait, dans le cadre de la gestion du paradoxe, comment suggérer un coaching à son mari : "Tu n'as pas besoin d'un coach mon chéri, tu te débrouilles très bien tout seul". 

Le "paradoxe" est un outil tellement puissant que toute une école de Coaching tourne autour du concept : L'école du paradoxe et sa célèbre formatrice Irène Bouaziz. 

Il s'agit d'une méthode de résolution de problèmes humains issue de l'école de Palo Alto en Californie dans les années 60...

 

Voyons si ça marche


Vous n'avez pas besoin d'aide, vous n'avez de toutes façons même pas le droit de demander de l'aide : Vous avez choisi les classes prépas. Vous aviez été prévenus que ce serait difficile. Maintenant, il faut vous accrocher. Si vous n'y arrivez pas, c'est simple, il faut vous mettre au travail !

Il faut travailler plus, plus vite et plus efficacement. De toutes façons, sinon, ce serait simplement la preuve que vous n'êtes pas fait pour les classes prépas et que vous allez rater votre vie. 

Parce que tout le monde le sait, il n'y a pas d'autres options que la prépa. Tout le reste, c'est nul. 

Ce ne sont ni vos profs ni vos parents qui vous ont poussé à faire les classes prépas. Ce n'est pas non plus le système scolaire basé sur la compétition et la sélection par les maths. 

Tous les élèves ont fait le collège et le lycée comme vous, mais vous seul avez choisi les classes prépas. Vous êtes donc le/la seul(e) responsable de cette décision et il faut maintenant assumer !


Je m'arrête là


Rien que d'écrire ces quelques lignes, j'en ai mal au dos. Un symptôme de stress classique.
Et vous, quels sont les symptômes de stress que vous finissez par trouver "normaux" dans votre vie ?

  • le mal de dos
  • les difficultés à vous endormir
  • une certaine irritabilité / instabilité de l'humeur

A moins que vous ne soyez plutôt dans des symptômes de découragement ou de perte de motivation ?
  • Difficulté à vous mettre au travail
  • Difficulté à rester concentré(e)
  • Envie de tout arrêter de plus en plus souvent ? 

Ré-orientation

 

http://mcetv.fr/mon-mag-campus/universite-100-000-etudiants-obliges-reorienter-annee-1212/

Parmi les 100 000 élèves qui se réorientent chaque année, l'article indique que vous êtes 1 500 en prépa à changer d'orientation. 

Est-ce que vous prenez le temps de faire le point avant de changer ?
Est-ce que vous prenez le temps de construire votre projet professionnel avant de choisir l'option de sortie ?

Dans ce que je peux observer, on recherche surtout une solution pour ne pas perdre une année et s'inscrire le plus vite possible "quelque part" avant la fermeture des inscriptions. Des écoles ont des cursus dédiés, qui commencent en janvier voire en mars. A 9 000 euros l'année pour avoir "une solution" rapide.

 

Construire le projet

 

Que vous soyez sur le point de choisir les classes prépas, en train de les vivre ou d'en souffrir, sur le point d'en partir, construire un projet d'études vers un projet professionnel vous aidera : 

  • à valider le choix des classes prépas ou pas
  • identifier les alternatives
  • appuyer votre motivation au quotidien par une motivation "long terme" : votre projet
 Bon courage !

Gabriel

Coach en classes prépas et sur les enjeux de choix professionnels depuis 2008




mardi 22 novembre 2016

Gabriel Brabant de Coaching Classes Prépas sur le grill de "Start'Up Chef" !

Bonjour,

Si vous voulez tout savoir sur le concours d'entrepreneurs auquel j'ai participé, c'est ici :



Si vous voulez seulement voir à quoi je ressemble dans un T-shirt orange, c'est aux minutes 0'50", 3'50" et  5'08" !

Dans un prochain article, je mettrai en ligne le "Pitch" de la fin de la première journée, où je réponds à un certain nombre de questions que vous vous posez peut-être...

Les résultats ?

J'ai reçu le prix "Coup de cœur du jury".




Merci !

 
 

samedi 19 novembre 2016

Que faire quand on sent qu'on craque en prépa ?

Je sens que je vais craquer, sortez-moi de là !

Bonjour, 

C'est le moment de l'année où vous allez vous rendre compte que quelque chose ne va pas en prépa. Ce n'est pas grave. C'est même plutôt normal. 

Un rythme volontairement le plus rapide possible. Donc "trop" rapide pour un grand nombre d'entre-vous dans chaque classe de prépa de France. Sinon, peut-être que vous avez eu la sagesse - ou la chance - d'intégrer une prépa "qui vous convient". 

En ce qui me concerne, le rythme de sup était rapide mais tenable. C'est le rythme de la PSI* qui est tout à coup devenu beaucoup trop rapide. Je pense que pendant une partie de l'année, je n'ai simplement pas eu le temps ni l'énergie de simplement LIRE mon cours pourtant pris en note toute la journée le plus consciencieusement - et rapidement - possible. 

Je disais donc, c'est le moment de l'année où vous allez vous rendre compte que quelque chose ne va pas. Je ne prends pas tellement de risque en écrivant ça parce que si ce n'est pas en ce moment (au mois de novembre) que vous ressentez cette difficulté, alors cet article vous attendra sagement pour le moment où vous pouvez en avoir besoin. 

Qu'est-ce qui peut vous faire penser que "quelque chose ne va pas ?"

Plusieurs signes. 

Vous pouvez...

ne plus avoir envie de travailler...

Vous pouvez...

vous demander ce que vous faites là...

Vous pouvez... 

avoir envie d'arrêter...

Vous pouvez...

travailler du mieux que vous pouvez sans que les notes suivent...

Une chose est sûre : Vous n'êtes pas la seule ! / Vous n'êtes pas le seul !

Voici les options qui s'offrent à vous...

Monter un club des gens qui ont besoin de serrer les coudes pour réussir leur prépa

Bon, c'est rarement dit comme ça, mais c'est très clairement le meilleur moyen de passer de bonnes années en prépa. 

Ça s'appelle l'internat. Ça s'appelle "trouver un binôme pour travailler ensemble". Ça peut aussi consister à se retrouver pour jouer au basket ou au foot à la pause du déjeuner, le soir après les cours ou après le DS...   

Trouver les activités qui vous aideront à "tenir le coup" sans trop culpabiliser

Les activités qui vous font du bien et qui vous permettent de vous sentir bien sont indispensable pour tenir le coup. 

On vous avait dit qu'en prépa il ne fallait que travailler et vous avez suivi le conseil à la lettre. Aujourd'hui vous vous sentez épuisé et/ou démotivé : il faut faire machine arrière. 

Qu'est-ce que vous aimiez faire l'année dernière ?

- du foot, du basket, du golf, de l'équitation ? 
- de la guitare, du trombone, du violon, des jeux vidéos ?
- aller au cinéma
- retrouver des amis
-...

Certains sports et certaines activités sont évidemment moins facile à caser dans votre emploi du temps que d'autres mais ce n'est pas pour ça qu'il faut y renoncer. Vous aurez du mal à faire les classes prépas tout en continuant votre entraînement à un sport au niveau compétition avec trois entraînements intensifs de 2h par semaine - s'il y en a qui l'ont fait, qu'ils n'hésitent pas à témoigner dans les commentaires ! - mais pour la plupart d'entre-nous, il vaut mieux travailler efficacement une heure de moins et aller courir pour évacuer le stress qui devient trop intense. 

Chaque année, parmi les étudiants que j'accompagne, il y en a qui reprennent une activité sportive, artistique ou sociale pour retrouver leur équilibre. Ils se sentent mieux, travaillent dans une meilleure énergie et plus efficacement et leurs résultats remontent. 


Est-ce que vous dormez assez ?


 C'est tellement essentiel que je n'en ai pas reparlé récemment, mais c'est vraiment le premier trouble de l'étudiant en prépa. Terminer un devoir un soir un peu tard est tout à fait normal. Travailler tous les soirs trop tard, c'est la garantie de la mise en place d'un cercle vicieux qui vous conduit tout droit à votre perte. 

Je ne m'étendrai pas ici, mais en raccourci : 

fatigue => moins d'attention => plus de temps pour comprendre => plus de temps pour revoir le cours => moins de temps pour travailler le reste (exos, DM, révisions) => nécessité de se coucher plus tard pour rattraper => fatigue...

manque de sommeil => moins bonne mémorisation (la mémorisation à long terme à lieu pendant le sommeil) => plus de temps pour reprendre les cours pourtant déjà appris quelques jours avant => nécessité d'y passer plus de temps => nécessité de se coucher plus tard => manque de sommeil...

Faire le point


Si ces éclairages ne vous suffisent pas, vous pouvez toujours prendre des cours particuliers pour vous aider à vous mettre au travail le week-end ou pendant les vacances (motivation) ou pour expliquer ce que vous n'avez pas compris. 

En tout cas, un grand nombre d'entre-vous le fait. 

En ce qui me concerne, je ne vois pas bien comment ajouter des heures de cours à un programme trop chargé peut aider sur le long terme. 

Comme j'ai moi-même donné des cours particuliers au début du projet "Coaching Classes Prépas" en 2009, j'ai pu voir qu'en 2h avec un prof particulier, on peut effectivement faire le tour d'un sujet qui nous est passé au-dessus pendant la semaine. (Comment fait-on pour tous les autres cours de la semaine... ?)

J'ai pu aussi accompagner un élève de MP* qui avait laissé de côté la SI en travaillant toute l'année avec lui la SI le dimanche matin. Une matinée dédiée avec un prof particulier - "béquille"? - pour se remettre à niveau sur une matière qui ne nous inspire pas, pourquoi pas ?

En ce qui me concerne, je privilégie une approche globale autour de la confiance en soi, la méthodologie, l'organisation du travail, la gestion du stress, du temps et des priorités... et les choses se remettent dans l'ordre.

Si ça ne suffit pas pour se sentir mieux alors peut-être est-il temps de se poser la question du projet professionnel pour voir si les classes prépas sont indispensables pour apprendre le métier que l'on vise, plutôt que de poursuivre dans une voie peut-être peu adaptée à l'élève

Une chose est sûre, n'attendez pas de vous sentir trop mal pour réagir comme souhaite vous avertir Miss Ano par son blog créé cette année "Suicide et dépression en prépa" 

Comment savoir si c'est le bon moment pour faire quelque chose : si vous vous posez la question c'est qu'il est largement temps de réagir. Tâchez au moins d'en parler autour de vous et de vérifier si vous avez les symptômes classiques d'un excès de stress : 

- problèmes de sommeil
- douleurs physiques (dos, tête,...)
- souffrances psychologiques
- sentiment d'isolement
- épuisement physique ou psychologique

Pris à temps, ça peut se régler en quelques séances et quelques semaines. Les étudiants qui font les mêmes "burn-out" que leurs aînés salariés mettent plusieurs mois à s'en remettre...

Bon courage !

Gabriel

 


jeudi 17 novembre 2016

Que faire quand on ne veut pas que nos enfants fassent les classes prépas ?

Bonjour,

Avec le retour du mois de novembre, j'accompagne de nouveaux étudiants sur le chemin difficile des classes prépas. 

Fin octobre, j'ai participé à l'événement Start'Up Chef à Murat dédié aux porteurs de projets et aux entrepreneurs. 

Gabriel Brabant pour Coaching Classes Prépas à Start'Up Chef

Pendant ces deux jours, j'ai présenté mon activité de coaching en classes prépas et nous avons réfléchi sur le développement de cette activité ou sa remise en cause pour des activités professionnelles plus "concrètes" et plus adaptées à un territoire comme l'Auvergne. 

Durant les discussions et les échanges, nous nous sommes intéressés au "système" des classes préparatoires. J'ai déjà pu évoquer dans un article ou un autre, un certain épuisement ou agacement à réparer les élèves cassés par ce système : http://www.coachingclassesprepas.com/2015/06/jen-ai-marre-des-classes-prepas.html    

Les échanges sur ce sujet ont valu à Pierre Alzingre, animateur et coach d'entrepreneurs au sein de Visionari,  l'expression "Coaching Cass' Prépa".

Pierre a également trouvé dans les publications de certains professeurs des classes prépas, l'expression "bourreaux bienveillants". L'expression date de 2012 dans un article du Monde mais ça lui a semblé surréaliste : "on leur coupe la tête mais avec bienveillance". 

Quand j'accompagne les élèves qui souffrent dans ce système, est-ce que je deviens à mon tour un bourreau bienveillant ? Est-ce que ça veut dire que je suis d'accord avec ce qui se passe pour certains de ces élèves ?

En faisant des recherches pour cet article, je tombe sur un blog beaucoup plus récent qui semble avoir une prise de position beaucoup plus radicale, comme en témoigne son titre et son nom de domaine : 
Suicide et dépression en prépa


prepasuicide.over-blog.com

La question que je me pose aujourd'hui, c'est : "Comment fait-on ?"

Comment fait-on, en tant que parent, si on estime que les classes prépas ne sont pas faites pour notre enfant ?

Comme me le disait une mère de famille il y a quelques jours : "Je n'ai aucun doute qu'il a les compétences pour faire les classes prépas mais je ne pense pas que ce soit adapté à sa personnalité."

Vous noterez que la manière "bienveillante" de dire les choses, c'est déjà de dire que ce sont les classes prépas qui ne sont pas adaptées à la personnalité de l'étudiant... et pas l'inverse comme on l'entend tellement souvent dans les discours... "il n'est pas fait pour ça"...

ou dans les questionnements des élèves en souffrance : "je ne sais pas si je suis fait pour les classes prépas." 

J'ai souvent envie de répondre : ce sont peut-être les classes prépas qui ne sont pas faites pour toi. 

Dans quel cas, les classes prépas ne sont pas vraiment faites pour vous ?

- quand vous aimez avoir le temps de travailler les sujets en profondeur
- quand vous aimez avoir le sentiment d'avoir fait "tout ce que vous aviez à faire"
- quand vous aimez vous sentir valorisé dans le discours des professeurs ou par les bonnes notes

Je l'écrivais il y a quelques mois : même dans une classe de CP des enseignants disent "il faut travailler plus" de manière générale et ce sont les élèves consciencieux qui l'entendent le plus alors qu'ils ne sont pas concernés.

Je ne pense pas que l'on puisse empêcher son fils ou sa fille de faire les classes prépas. Ça ne me parait pas plus pertinent que de vouloir les forcer à les faire. Dans un cas comme dans l'autre, ils pourraient choisir la voie que vous vouliez leur refuser simplement à cause du mode de fonctionnement qui est étudié à l'école du paradoxe. Si vous poussez dans une direction, vous avez de grandes chances que la personne que vous essayez de convaincre résiste. C'est même une loi physique...

Par contre, vous pouvez trouver des témoignages partout d'élèves qui ont commencé les classes prépas et décidé en une semaine que ce n'était pas fait pour eux. C'est le cas de ma belle-soeur qui a choisi une fac de droit dans le mois qui a suivi et qui y a fait de brillantes études.

A l'inverse, on trouvera des profils qui sont allés au bout de la prépa pour mieux décrocher après. Les exemples sont nombreux d'ingénieurs qui n'exercent pas leur profession après de Grandes Ecoles, quand Antoine, chanteur et voyageur, semblait faire figure d'exception après Centrale Paris dans les années 70...

Suis-je en mesure d'accompagner ceux qui se posent ces questions ?
Suis-je en mesure d'aider à aller au bout d'un cursus qui me semble parfois destructeur ?

Je me pose la question à chaque fois. Pour chaque élève la situation est différente.
J'aime cette incertitude. J'aime me mettre à leur écoute.
J'aime "ne pas savoir à leur place".
Je n'ai pas la réponse tant qu'ils ne l'ont pas eux-mêmes.

Et parfois, nous avons des surprises. Dans les deux sens. 

Une étudiante qui avait demandé un accompagnement en vue d'une réorientation à la fin de l'année d'hypokhagne a choisi de continuer en khagne "parce que ce n'était pas à quelques élèves arrogants et désagréables de sa classe de déterminer son avenir".

L'année dernière, j'ai rencontré un élève avant les vacances de la Toussaint pour l'aider à continuer ses classes prépas parisiennes. Quand il m'a recontacté après les vacances, c'était pour valider un nouveau projet professionnel qui lui permettait de se recentrer sur ses talents et ses centres d'intérêts, tout en rejoignant sa région d'origine. 

Enfin, un des premiers coachings médiatisés consistait à dire "en douceur" aux parents que leur fille avait besoin d'arrêter la prépa. Elle avait dormi 14h par nuit pendant toutes les vacances et ne voulait pas y retourner. Les parents avaient commencé leurs demandes par "nous privilégions la santé de notre fille avant tout". 

A suivre... 


jeudi 3 novembre 2016

Rentrée, motivation et épine dans le pied !

Bonjour, 

La rentrée des vacances de la Toussaint peuvent être un moment critique pour les élèves en classes préparatoires, comme je le raconte à la fin de mon article d'octobre "How are you?".

La motivation est-elle toujours là ?

Est-ce qu'au contraire, un doute commence à s'insinuer dans votre esprit ?
Est-ce que depuis le début de l'année, ce doute est de plus en plus présent, au point de vous empêcher de vous concentrer pleinement sur ce que vous avez à faire ?

Est-ce que je suis fais pour la prépa ?
Est-ce que la prépa est faite pour moi ?
Je travaille beaucoup mais mes résultats ne suivent pas, que puis-je faire autrement ?
Comment puis-je travailler plus efficacement ?
Est-ce que je suis moins intelligent ? moins rapide ? moins efficace ? moins performant que les autres ?
Que puis-je faire contre le stress ou le découragement ?
Vous pouvez bien sûr continuer à vous poser toutes ces questions tout seul. Les classes prépas, c'est mieux quand "on se débrouille tout seul". 

Je me faisais simplement la remarque il y a quelques jours qu'il y a peu d'athèles de haut niveau qui préparent les compétitions "tout seul" dans une classe où il y aurait aussi tous leurs futurs adversaires !

La plupart d'entre-vous ne se rendent peut-être pas compte du nombre d'offres de services complémentaires pour les classes prépas. 

Déjà il y a une vingtaine d'année, j'avais observé un décalage très grand entre la "culture prépa" du lycée Pothier à Orléans et celle du lycée Lakanal à Sceaux, en région parisienne. 

J'avais surtout observé que de nombreux livres étaient à notre disposition dès le début de l'année de spé pour compléter le cours de nos profs ou nous aider à faire les DM. Aujourd'hui, vous avez bien sûr de nombreuses ressources sur internet que nous n'avions pas. 

Dans ces années-là, il y avait déjà une offre importante de cours de soutien. 

Désormais, quand j'ai un étudiant au téléphone, il a souvent déjà fait appel à des cours particuliers, fait un stage aux dernières vacances...

Pendant ce temps-là, la "culture prépa" impose à la majorité de vouloir "se débrouiller tout seul". 

Pour avoir regardé ce qui se fait désormais, les offres de "coaching" sont nombreuses, variées, et à tous les prix...

Sans vouloir rentrer dans cette logique d'une surenchère commerciale, sachez qu'il est possible, quand la situation devient vraiment difficile pour vous et que vous n'avez pas trouvé les solutions par vous-même, de faire le point et reprendre un meilleur départ après avoir "remis les choses dans l'ordre". 

En ce qui me concerne, je ne fais rien de "miraculeux", je n'ai pas de "formule magique". Je pars du principe que toutes les ressources sont en vous et que vous allez faire "très bien". 

et j'ai souvent raison de ne pas savoir à votre place ce qui est bien pour vous

Pour citer simplement un accompagnement du mois d'octobre, une situation qui semblait très compliquée vis-à-vis des maths dans une classe de 2e année ECS - ce qui peut sembler compromettant - s'est semble-t-il résolue en 2 rendez-vous de 45 minutes par téléphone sur quinze jours...

Et vous, c'est quoi votre "épine dans le pied" en prépa ?
Et si on l'enlevait ?

Bon courage pour la rentrée !

Gabriel



 

mercredi 19 octobre 2016

La peur du prof de maths

Bonjour, 

C'est la dernière journée de classe pour cette première période de l'année scolaire. Est-ce que ça s'est bien passé ? Est-ce que vous avez trouvé vos repères ? Est-ce que vous vous sentez bien en classe et avec vos enseignants ?

Cette année, je suis pour la première fois "prof de maths". Au Collège de la Tour d'Auvergne, à 7km de Bagnols (63810) où nous nous sommes installés avec ma famille cet été. 

Je suis "prof de maths" et je me rends compte comme ça peut être difficile pour un élève de se sentir bien en classe et avec son prof. Plein de bonnes intentions, j'aimerais pouvoir proposer aux élèves de faire preuve d'autonomie... dans un cadre quand même très contraint :

- l'espace : la salle de classe
- les horaires imposés
- la matière imposée : les maths

Avec ce que je découvre depuis plusieurs semaines du "manque de nature" des enfants et des jeunes, j'aurais presque envie de les emmener se promener au bord du lac de la Tour d'Auvergne. Profiter de la nature. Ce que j'ai fait, d'ailleurs, avec un groupe d'enfants de maternelle du village pour les TAP "Temps d'activités périscolaires". Je leur apprends quelques mots d'anglais, mais dans l'herbe du jardin d'enfants plutôt que dans une salle de classe dédiée...

En prépa, c'est encore autre chose. La pression est là. Le rythme est intense. Le programme, le concours à venir, la compétition pour les écoles, l'ambition des élèves, celle de leurs parents. Les rêves de Polytechnique, Centrale ou Sup'Aéro... HEC, Essec ou autres Ecoles Normales. 

Pas le droit à l'erreur, pas le droit au doute. 

Comment fait-on, dans ce cas, si la pédagogie du prof de maths - ou sa personnalité - ne nous convient pas ? Comment fait-on s'il nous a pris en grippe ? 

La plupart des élèves ont également eu pour moteur de faire plaisir à leurs enseignants et à leurs parents pour réussir leurs études au lycée et au collège.

Les bonnes notes, les bons bulletins, ça peut être lié au plaisir d'apprendre, mais pour arriver en classes prépas, ça va au-delà. C'est le goût de l'effort, le goût ou le besoin vital du "travail bien fait". 

Quand les mauvaises notes des classes prépas arrivent, c'est toute une construction de l'image de soi qui peut se retrouver mise en question. 

Comme je le disais dans mon précédent article, moi, ce n'est même pas le prof de maths qui m'a posé des difficultés. Je me suis simplement demandé pourquoi je passais autant de temps à faire des maths. Pour moi, ça n'avait pas de sens. Tout m'intéresse. Aujourd'hui encore, je suis incapable de me concentrer sur un seul sujet. Je préfère changer de métier chaque année ou mieux encore, avoir plusieurs métiers à la fois. 

En prépa, c'est très valorisé de pouvoir se concentrer sur les trois matières aux plus gros coefficients presque 100 % de son temps. Moi j'ai continué d'avoir besoin de lire sur d'autres sujets, d'aller au cinéma. Je me suis senti mieux quand j'ai remis du sport dans mon emploi du temps, que ce soit pour aller courir quand le stress était trop intense, ou mieux, pour retrouver les autres élèves pour un foot le samedi après-midi après le DS du matin à Lakanal.

En première année, le prof de maths nous avait expliqué que les 2h de sport dans l'emploi du temps, ce n'était ni nécessaire ni utile. Dommage. 

Dans les accompagnements que j'ai pu assurer, j'ai régulièrement proposé à des élèves doués - vous savez "ceux qui ne travaillaient pas au lycée", c'est-à-dire pas tellement plus que les 35h qu'ils passaient en classe par semaine... - de reprendre une activité artistique ou sportive pour retrouver leur équilibre. 

Un élève doué a besoin de grands espaces de "respiration" pour que son cerveau se ressource. Pour remettre ses idées en place. En prépas, ça peut passer pour de la paresse, de la procrastination, une perte de temps. 

En fait, non. 

"Respirer" pour un élève doué, c'est indispensable. 

Je reviens au sujet de mon article, sur la relation avec le prof de maths. Comment ça se passe pour vous ?

Est-ce que votre prof vous inspire ?
Est-ce que votre prof vous donne envie de vous dépasser ?

Est-ce qu'au contraire, vous vous mettez à avoir peur de lui/elle ? 
Est-ce que vous n'osez plus poser de question en classe ?
Est-ce que vous avez peur quand vous avez colle avec votre enseignant ?

A un certain moment, j'avais au moins un élève issu d'une certaine classe de MPSI d'un lycée parisien au sujet des maths. J'en étais venu à me dire que je pourrais avoir une cartographie des professeurs en fonction des difficultés qu'ils posent à leurs élèves...

Pour la 5/2 - heureusement, c'était la 5/2 - j'avais l'impression d'avoir un enseignant "Artiste". Il résolvait des problèmes de mathématiques comme on pourrait l'imaginer à l'école normale ou dans une grande université. J'avais le sentiment que ça me passait très largement au-dessus.

A l'inverse, j'ai déjà parlé dans ce blog des enseignants de SI et de physique de Lakanal qui vraiment nous "portaient" vers les concours. La comparaison avait été frappante avec l'année précédente où dans les difficultés que je vivais en queue de classe, j'avais l'impression d'être simplement laissé à mon triste sort, sans la moindre tentative ou tentation, de mes enseignants, de me donner les clés pour  m'en sortir (à défaut de réussir...)

Enfin, il y a les profs cassants, ceux qu'on n'imagine plus aujourd'hui et qui continuent à "sévir". Des profs qui n'ont plus leur place nulle part que dans ce système qui se révèle dans leurs classes "archaïque" et inadapté. 

J'ai vu passer un article de prépas.org sur les prix Nobel et les écoles. Ils signalaient que les prix nobel étaient plus nombreux à l'école normale. C'est oublier de comparer simplement avec nos voisins pour voir qu'il y en a beaucoup plus dans les écoles Polytechnique de Lausanne et de Zurich que chez nous, avec nos classes prépas ne laissant pas de place à la créativité et à l'audace. C'est l'exemple que citait Albert Jacquard il y a déjà 15 ans pour nous amener à penser à d'autres modèles d'éducation.

Avant de changer de modèle, vous faites de votre mieux pour réussir dans celui-ci. Je vous souhaite bon courage et bonnes vacances !

Gabriel Brabant
Coach pour les Classes Prépas
Confiance en soi / Motivation / Réussite 

06 33 85 53 27