mardi 23 janvier 2018

Limites mentales en prépas

Bonjour,

A force de vouloir vous présenter mon offre de coaching sous son meilleur jour, j'ai perdu de vue ce qui faisait l'essence de ce blog. 

En effet, la première année quand Sylvaine Pascual m'a dit de mettre des photos pour chaque article, je n'en ai pas tenu compte.  

Les années suivantes, quand Pascale Papee m'a recommandé de ne pas parler de problèmes, mais de défis, je n'ai pas écouté :
"En classes prépas, il n'y a pas de problèmes, il y a des défis à relever." Pascale Papee
Moi, au contraire, j'écrivais :
"J'aide les élèves des classes prépas à surmonter les difficultés qu'ils rencontrent" Gabriel Brabant  

A l'inverse, depuis quelques mois, sous la pression des bonnes pratiques de la communication ou du marketing où tout est toujours positif, je passe mon temps à rédiger des articles de type "mode d'emploi de la prépa", "anti-mode d'emploi" ou "Vous avez un problème, j'ai la solution", transformé en "Vous avez un problème, vous avez aussi la solution" et changé encore hier en "Trouver des solutions en prépas". (Puisqu'il ne faut pas parler de problème, on se concentre directement sur les solutions...)

En fait, le cœur du sujet de ce blog ce n'était pas ça. C'est peut-être ce qui en faisait le charme et en tout cas un ton unique sur un univers web lisse, poli et pendant quelques années avec un bouton unique sur facebook : "j'aime" ! j'ai vu hier soir que c'était encore le cas sur linkedin quand on peut maintenant exprimer d'autres émotions sur facebook...



L'enjeu des classes prépas c'est que tout les élèves y vont pour réussir. Beaucoup trop en souffrent. Même s'ils vont au bout. Certains n'y parviennent pas. Quelques uns mettent beaucoup d'années à s'en remettre. 

Le témoignage que je peux faire, pour avoir animé ce blog depuis près de 10 ans et parfois pris le temps d'en parler autour d'une table, c'est qu'il y a toujours quelqu'un pour témoigner que son frère, sa soeur, sa cousine ou un de ses amis a eu des difficultés ou une expérience difficile en prépa. 

Rien qu'autour de moi. 

Catherine a intégré l'ISEP à la rentrée de 2e année, après avoir su le 30 juin qu'elle n'était pas prise en spé à Sainte Geneviève. 
Thomas a fait la même démarche d'entrer en prépa intégrée après avoir essayé une PCSI au Lycée Pothier d'Orléans.
Olivier a rejoint la prépa de Chartres pour continuer parce qu'il n'était pas pris en spé à Pothier. 
 
En littéraire, 
Elisabeth est restée une semaine en prépa à Lyon avant de rejoindre la fac de droit.
Albane a souffert pendant toute l'année d'hypokagne à Orléans de discrimination sociale avant de rejoindre également l'université de droit.
Ca ne les a pas empêché, ensuite, de cumuler les DESS ou Master 2 en Droit des Affaires et/ou Droit Notarial avant de devenir Notaires. 

Parmi les élèves pour lesquels on m'a contacté : 
- un élève faisait un burn-out en trois semaines à Chaptal
- un élève pétait les plombs en mars, à un mois des concours
- une élève ne dormait plus depuis 4 jours. 

Pour ces élèves, je ne suis pas l'interlocuteur adapté. Seul un médecin et un psychiatre pourront leur venir en aide, en complément d'une prise en charge de leur souffrance psychologique. 

Quand une mère, désemparée ou désespérée par ce qui arrive à son fils ou sa fille, me demande "s'il/elle sera en état pour aller passer les concours", je mesure à quel point elle n'a pas pris conscience du problème.

Je ne suis pas le seul à témoigner. 

L'ingénu ingénieur sur le blog du Monde, se demande "A quoi bon"

http://ingenuingenieur.blog.lemonde.fr/2014/11/28/en-classe-preparatoire-la-vie-est-un-long-stress-febrile/
 
 Une ancienne élève des classes prépas décide de témoigner de ce qui s'est passé pour elle il y a une quinzaine d'année et qui lui semble toujours être d'actualité : 

http://prepasuicide.over-blog.com/

 Alors que je vais reprendre le temps de vous parler de ce qui ne vas pas en prépa. C'est probablement avec la simplicité de cette approche que vous avez pu, depuis 2008, vous reconnaître ou reconnaître un élève qui pouvait avoir besoin d'aide. 

La souffrance est un culte en prépa. Comme le témoigne l'ingénu ingénieur, qui parle des "limites mentales", la plupart des élèves les plus consciencieux sont "sur le fil". Ils travaillent le plus possible, le plus longtemps possible, le plus efficacement possible, le plus rigoureusement, consciencieusement, régulièrement,... souvent en dormant le moins possible...

Jusqu'à ce qu'ils touchent la limite, la frôlent, la contournent ou la franchissent comme la ligne blanche sur la route. 

Parfois, ça n'a pas de conséquence. 

Parfois, c'est beaucoup plus grave.

Et vous, vous vous sentez comment ?






2 commentaires:

  1. Bonjour
    je suis actuellement en PCSI Comme beaucoup sûrement c'est l'indécision et les encouragements par mes professeurs qui m'ont amené en prépa. Alors qu'il y a tout juste un an je ne me serais jamais imaginée dans cettef
    filière. Je n'ai jamais été passionnée par un domaine en particulier mais mon souhait était de travailler dans le domaine environnemental et ce qui touche au développement durable. Le panel de connaissance qu'offre la prépa me semblait alors être idéal pour prendre le temps de trouver une école. Seulement je me rends compte que l'abstraction de ses maths n'est vraiement pas faite pour moi. Mon intérêt pour les matière régresse et je me rends compte que je manque ÉNORMÉMENT de sommeil parce que j'ai besoin de plus de temps pour bien comprendre mon cours le soir . Actuellement je suis noyée dans tous les DM à rendre et le DS à préparer...Je sais que je dois finir mon année mais je le fais à contre coeur .D'un côté je ne me sens pas à ma place mais de l'autre je ne sais vraiment pas Quoi faire j'ai l'impression qu'aucune formation en e m'intéresse si je veux me réorienter !
    Une élève de sup

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    1. Bonjour,
      Merci pour ce témoignage. Peut-être que la première chose à faire c'est de se remettre à dormir normalement.
      Pour pouvoir le faire, il faut distinguer ce qui est obligatoire de ce qui ne l'est pas : est-ce que tous les DM sont obligatoires ? Est-ce que les notes sont prises en compte pour les bulletins ?
      En dormant juste assez, vous allez gagner beaucoup de temps : comme vous le dites, déjà tout le temps perdu à ne pas être efficace le soir pour reprendre les cours...
      Ensuite, pour l'orientation, rien n'est perdu : si vous avez identifié que vous voulez travailler dans le développement durable, des filières d'études vous y mènent !
      Bon courage

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