Je ne travaille pas assez

Bonjour,

En classes prépas, le plus souvent, on a l'impression de ne pas travailler assez. On voudrait travailler plus. On voudrait travailler tout le temps. 

Tout le temps qui est passé à autre chose que travailler est du temps perdu. Une après-midi passée à se dire qu'il faudrait travailler mais sans y arriver : la culpabilité s'installe et augmente la difficulté à travailler.

En fait, pour certains élèves, c'est tout l'inverse. Il faut arrêter de vouloir travailler tout le temps. Il faut arrêter de vouloir tout faire. Il faut arrêter de croire que "si on avait tout réviser on pourrait réussir le DS". 

On ne peut pas tout faire en prépa. On ne peut pas tout réviser pour la colle. On ne peut pas tout réviser pour le DS. 

Accepter qu'on ne pourra pas tout faire, c'est se donner la possibilité de hiérarchiser. Si je décide ce qui est important de ce qui l'est moins, je peux donner des priorités à ce que j'ai à faire et accepter l'idée que certaines choses ne seront pas faites. 

Un outil : à la liste de ce que vous avez à faire, vous pouvez attribuer des "étoiles" selon les degrés d'importance : 

  • apprendre le cours de maths ***
  • réviser le vocabulaire d'anglais *
  • préparer le DM de physique **
  • préparer la colle de physique ***
  • revoir le cours de SI *
  • faire les exos de maths pour le TD ***
  •  
  •  
Ainsi, au lieu de chercher à tout faire jusqu'à 1h du matin, vous pouvez ajouter

  • dormir au minimum 7h cette nuit ***
Quand tous les jours, le niveau de stress et de tension est trop élevé. Quand vous sentez que votre efficacité ou votre motivation diminue parce que vous vous posez plein de question, vous pouvez aussi ajouter à votre journée : 
  • avoir fait 10 minutes de pause "sport" ***

Ce n'est pas facile. Tout vous laisse penser que plus vous travaillez, meilleures seront vos notes. Ce n'est pas le cas.

A un moment, ce n'est plus la quantité qui compte. La qualité de votre travail, l'efficacité, privilégier la mémoire à long terme et la compréhension que la mémoire instantanée... ce sont des éléments qui vont vous aider à réussir dans la durée. 

Parfois, vous culpabilisez de travailler à la dernière minute, pour la colle, le DS... Vous aimeriez être mieux organisé. Vous aimeriez mieux planifier votre travail.  Dans les pages de ce blog, je recommande souvent de travailler le plus possible au jour le jour. 

En fait, pour certains tempérament, la colle, le DS, ce sont des échéances sur lesquelles vous vous appuyez pour vous motiver. C'est une des caractéristiques décrites par Béatrice Milletre dans son livre. 

Elle propose de voir que l'échéance sert de support pour se mettre au travail. Dans ce cas, au lieu de culpabiliser, vous pouvez vous construire des échéances artificielles qui pourront vous aider dans votre planification. 

Un long DM à préparer ? Au lieu de vous y mettre la veille, décidez que vous aurez fait le premier problème pour mardi, le deuxième pour jeudi et que vous voulez avoir fini le troisième problème pour vendredi. Puis que vous pourrez comparer vos réponses avec un ami dans la journée de vendredi pour terminer ce week-end les questions sur lesquelles vous aurez bloqué. 

Pour terminer sur le sujet de "je ne travaille pas assez", je voudrais revenir sur les points forts et les points faibles. On croit devoir passer tout son temps sur la matière la plus importante, mais aussi sur celle pour laquelle on a le plus de mal. 

Je crois qu'à importance égale, il faut aller chercher tous les points possibles sur sa matière forte. Si vous êtes passionné de physique et que vous consacrez toute votre énergie aux maths, vous allez vous épuiser et même perdre des points en physique. 

Au contraire, si vous consacrez plein d'énergie à la physique, vous décrocherez de très bonnes notes tout en étant content de vos journées. Ca vous donnera même le courage de vous attaquer au maths !

Bon courage et bonne rentrée de janvier !

Gabriel 

06 33 85 53 27

Coacher les élèves des classes prépas



Bonjour, 

Décider de coacher les élèves des classes prépas, c'est avant tout leur proposer des outils et un interlocuteur qui leur permet de réfléchir aux défis qu'ils rencontrent. 

Avec qui peut-on se poser, quand on a 18 ans, pour réfléchir à ce que l'on veut faire plus tard, discuter des opportunités qui s'offrent à nous, de la réalité des études supérieures et du monde du travail ?

Un sujet difficile en famille


Ce sont parfois des sujets difficiles à aborder en famille. 

Chacun a ses attentes, ses envies, ses souhaits par rapport à ce projet d'orientation professionnelle. 
Chacun a son vécu, son expérience, ses regrets parfois. 

Dans la relation, de nombreuses choses se jouent depuis parfois plusieurs années. 

La scolarité a déjà pu être l'enjeu de tensions, de stress, d'une forme de pression explicite ou implicite. 

Le jeune adulte peut avoir peur de décevoir ses parents par ses choix ou simplement l'expression de ses envies ou de ses inquiétudes. 

Les classes prépas


Parler de ce que l'on vit en prépa, ça peut être encore plus difficile. 

Certains jeunes peuvent avoir le sentiment que "leur parents ne peuvent pas comprendre" ou qu'ils ne peuvent pas les aider. 

Certains parents, également, ne se sentent pas en mesure d'accompagner leurs enfants parce qu'ils ne connaissent pas les classes prépas. 

Pour d'autres étudiants, avoir des parents qui ont fait les Mines ou une grand école de commerce, c'est une très forte pression pour réussir. Il n'est past question de faire moins bien !

Le coaching


De manière générale, prendre des décisions, réfléchir à une stratégie, s'organiser pour réussir les objectifs que l'on s'est fixé, c'est parfois difficile. 

Les plus grands entrepreneurs se font accompagner par des coachs pour ces sujets. 

Se retrouver à 17 ou 18 ans à devoir faire des choix qui engagent pour toute la vie, à s'organiser pour travailler le plus efficacement possible pour réussir les concours, après des années de scolarité à être guidé dans ses choix, à répondre aux attentes des professeurs très directifs, ça peut être difficile. 

Un coach, à ce moment-là, pour ceux qui peuvent le faire, c'est la possibilité de prendre du recul sur ce que l'on vit. C'est être accompagné dans la prise de décision. C'est découvrir des outils de gestion du temps, des priorités et du stress. 

Les sportifs de haut niveau ne se retrouvent pas seuls pour préparer les JO. 
La plupart des étudiants des classes prépas, si. 


Le coaching dans la durée 

Jusque-là, je me voyais comme un apporteur de solutions pour les crises. L'élève se trouve en difficulté, les parents cherchent des solutions, identifient mon site et font appel à moi pour quelques semaines, quelques mois au maximum. 

Au fur et à mesure de l'année qui avance, ce ne sont pas les mêmes sujets que l'on aborde.
Avec la rentrée ou les premières difficultés identifiées entre novembre et décembre, c'est l'organisation générale du travail que nous revoyons. Avec les difficultés à se mettre au travail, ce sont la motivation interne et la motivation externe que nous consolidons. 

Quand c'est le passage dans l'année suivante qui s'annonce, ce sont déjà des enjeux d'orientation et de choix qui sont abordés. 

Avec l'arrivée des concours, c'est le moment de revoir les outils de gestion du stress, la gestion du temps pendant les épreuves, l'organisation des révisions, puis la préparation des oraux. 

Pour la préparation des oraux d'école de commerce, un gros travail peut être fait pour l'entretien de personnalité ou de motivation : clarification du projet professionnel, des atouts, préparation des questions pièges, prise de parole face à un jury...


Pour plus d'informations vous pouvez me joindre au 06 33 85 53 27

Gabriel Brabant



Je suis triste pour les élèves de prépas

Crédit photo Alice Donovan Rouse
Bonjour,

J'ai appris il y a quelques jours qu'une jeune femme s'est suicidée en prépa au Lycée Hoche à Versailles.

Rien dans les média.

Pas un entrefilet sur internet.

Le respect de l'intimité de la famille, certainement.

Une omerta efficace pour ne pas ternir l'image du prestigieux lycée Hoche à Versailles, ni celle des classes prépas en général.

En faisant une recherche, on trouve bien l'évocation de deux suicides en 2001.

En classes prépas les jeunes femmes meurent dans un silence absolu.

Pendant ce temps-là, France Inter nous propose 2 minutes d'antenne sur la blessure à l'épaule d'un footballeur...

Je suis triste pour les élèves des classes prépas. Comme il y a 20 ans, ils souffrent en silence.

Ils sont invités à faire appel à de plus en plus d'offres de coaching, hypnothérapie, sophrologie et cours particuliers mais rien sur le système en lui-même. Le moindre auteur ou journaliste qui s'y risque se fait rapidement remettre à sa place par un grand nombre de commentateurs en tout genre.

Je suis triste pour les élèves de prépas et je leur souhaite de vivre au mieux ces années ou de fuir si c'est mieux pour eux.

Je suis triste également pour leurs parents qui peuvent être tenus à l'écart de la réalité de la situation de leur enfant, "parce qu'ils ne pourraient pas comprendre".

Je suis triste qu'ils puissent apprendre bien plus tard la souffrance.

Parfois bien trop tard, quand c'est le suicide de leur fille qu'ils découvrent, impuissants.

Pour d'autres, ça peut être la prescription de Xanax pour gérer des troubles du sommeil. Il n'est pas possible de vouloir continuer d'étudier en classes prépas sous Xanax. L'étudiant le découvrira quand son médecin lui conseillera d'arrêter le traitement le temps des concours.

Mais comment peut-on prescrire du Xanax tout en laissant l'étudiant continuer ?

Parce que c'est le sport national en entreprise : nier les symptômes aigus de stress, prendre des médicaments et continuer jusqu'au burn-out... maladie professionnelle non-reconnue par l'assemblée, mais vécue par trop de nos contemporains ?

Il y a dix ans je commençais la rédaction d'articles sur ce blog pour changer les choses. Sans oser publier mes articles les plus critiques pour être audible par les élèves et leurs parents. Sans rien changer, peut-être, à toute la souffrance vécue par des enfants de 17, 18, 19 et 20 ans qui n'ont pas mérité ça.

On ne fait pas les classes prépas pour souffrir.
On ne fait pas les classes prépas pour mourir.

On fait les classes prépas pour avoir une belle école, pour se construire un beau métier, pour envoyer des fusées sur la Lune et bientôt sur Mars.

La réalité est tout autre.

Bon courage.

Gabriel

Mais pourquoi tu coaches des élèves de prépas ?


Bonjour, 

Je coache des élèves des classes prépas parce que j'aurais aimé trouver de l'aide quand j'en ai eu besoin. 

Je ne me sentais pas bien en prépa, je ne savais pas pourquoi et les seules réponses que j'ai pu trouver ont été peu satisfaisantes : 
- tu te poses trop de questions
- ne te poses pas de question, bosse !
- ça va aller mon chéri
En fait, les réponses que j'ai trouvées tout au long de ces années après la prépa, je les partage lors de mes séances individuelles ou directement dans mes articles : 

Ce qui me semble essentiel : 
  • On ne peut pas travailler tout le temps
  • Il n'y a qu'une seule manière de travailler, la nôtre
  • Rien ne justifie de perdre confiance en soi et en ses capacités à réussir

 

On ne peut pas travailler tout le temps

On ne peut pas travailler tout le temps, même si c'est une tentation régulière en prépas. 
"Celui-là, dans la classe, réussit tout, il travaille surement plus que moi. Si je travaillais plus, j'y arriverais aussi." 
C'est complètement faux. La méritocratie, c'est faux. L'égalité, c'est faux. 
En fait, nous avons tous des manières de comprendre, d'apprendre et de mémoriser différentes. 
Nous sommes passionnés par des sujets différents les uns des autres. 
Nous arrivons en prépa avec des bagages très différents.  

 Il n'y a qu'une seule manière de travailler, la nôtre

 Vous ne pourrez pas calquer la manière de travailler d'un autre. Vous ne pourrez pas être hyper efficace le soir à 22h si vous êtes du matin. Vous ne pourrez pas tout retenir juste en écoutant si vous avez plutôt une mémoire visuelle. Vous ne pourrez pas passer votre journée à faire des fiches si ça ne vous convient pas. 

Vous ne pourrez pas non plus vous passionner pour les maths pour faire Polytechnique ou Centrale si ce qui vous passionne c'est la philosophie, la psychologie, l'écoute des autres...

Vous ne pourrez pas survoler toutes les matières à toute vitesse, toute la semaine, si ce que vous aimez c'est aller au fond du sujet, comprendre, approfondir, faire des recherches. 


Rien ne justifie de perdre confiance en soi et en ses capacités à réussir

"Bienheureuse découverte de l'ignorance" nous disait la prof de Français de spé à Lakanal. Bienheureuse découverte de l'ignorance dans une recherche de sagesse et de philosophie, oui, mais se sentir incapable d'y arriver, dévalorisé par les notes trop basses, parfois humilié par un enseignant ou d'autres élèves, non. 


Solutions

Je préfère accompagner un élève jusqu'au bout de sa maths sup pour une inscription à l'université en mathématiques l'année suivante parce qu'il décide qu'il veut pouvoir étudier à son rythme. Qu'il veut pouvoir s'intéresser aux maths dans leur ensemble.Parce qu'il veut faire de l'enseignement et de la recherche et pas entrer en école d'ingénieur. Parce qu'il a besoin que le chapitre soit terminé pour commencer à comprendre et ça en prépas, c'est trop tard : la colle a déjà eu lieu, le DS est déjà là. Les notes sont mauvaises. Sa compréhension interviendra quelques jours après...

Je préfère accompagner un élève qui reprend le temps de vivre. Qui accepte de faire des pauses. Qui décide ce qu'il va faire dans la masse des sujets imposés pour retrouver un équilibre. 

Je préfère accompagner une élève qui va prendre du recul sur son envie de faire Supaéro, l'obligation d'entrer en spé étoile et pouvoir se remettre au travail au lieu d'être découragée trois mois après la rentrée en sup...

unsplash-logoRoman Mager

Outils de gestion du stress


Bonjour,

Pour continuer sur les outils que je souhaite mettre à disposition de ceux que je n'aurais pas au téléphone, je vous propose une réflexion sur la gestion du stress.


Energie et motivation

Je crois que le premier outil de gestion du stress, c'est de se mettre au travail. C'est le travail qui permet d'avancer dans ses apprentissages et de se rapprocher de ses objectifs : de bonnes notes en colle, en DS, la deuxième année souhaitée, les écrits des concours puis les oraux pour intégrer une école.

Tant qu'on en est là, on pourrait même appeler ce stress autrement : de l'énergie, de l'envie, de la motivation, de l'implication !


Stress

Quand on parle de gestion du stress, c'est souvent pour gérer les tensions, les inquiétudes, le stress quand il devient handicapant pour avancer :
  • j'ai tellement peur d'échouer que je n'arrive plus à me mettre au travail
  • j'ai tellement peur de ne pas comprendre que je n'ose plus essayer
  • je n'arrive pas à parler en colle quand je suis interrogé
  • je panique au DS parce que je n'ai pas réussi le premier exercice et ça me fait perdre mes moyens

 

Equilibre de vie

Le premier point, c'est de garder une vie équilibrée. On peut vouloir travailler tout le temps, mais il faut garder un sommeil de qualité, des relations familiales et amicales, prévoir des pauses ou des temps de ressourcement dans la semaine


Outils de gestion du stress

  • Outil de gestion du temps et des priorités - voir ci-dessous
  • Aller se ballader
  • Aller courir - en individuel pour gérer une crise de stress ponctuel !
  • Faire du sport - en collectif à plusieurs moments de la semaine !
  • Respiration ventrale ou abdominale
  • Méditation
  • Sophrologie
  • ...

Outil de gestion du temps et des priorités

C'est un outil de Dan Low de Worldeducation
  • lister tout ce qu'on a à faire
  • prendre conscience que rien de ce qu'on n'a à faire n'est "vital"
  • hiérarchiser les tâches 
    • très important - je veux l'avoir fait ce jour-là
    • important
    • moins important
  • Allouer dans le temps disponible seulement 30% du temps à des tâches que l'on veut impérativement avoir fait ce jour-là

 

Explications : On peut être interrompu, modifier son programme, faire le plus important en premier ou en dernier... dans tous les cas, 

  • On a fait le travail de distinguer ce qui est important de ce qui ne l'est pas 
  • On sait qu'on aura le temps de faire ce qu'on a prévu ce jour-là puisque ça ne prend qu'un tiers du temps disponible
  • Le reste du temps est à nous : on peut faire ce que l'on veut, dans l'ordre que l'on veut, même si ce n'est pas le plus important à ce moment-là
 

Tout faire

Une précision qui mérite qu'on s'y attarde. Non, vous ne pourrez pas tout faire. Pas aujourd'hui. Ca tombe bien, vous avez 18 mois pour préparer les concours, donc si déjà vous faites le plus important, vous y arriverez. 


Crédit photo : unsplash-logoGreen Chameleon

Réussir en prépas


Bonjour, 

Aujourd'hui, je voudrais vous donner quelques éléments de base de mes coaching pour ceux que je n'aurais jamais la chance d'avoir au téléphone pour les aider. 


Sommeil

Le premier point que je vérifie quand j'ai un ou une élève des classes prépas au téléphone, c'est son niveau de fatigue. Je ne pense pas que l'on puisse se coucher tôt et dormir 10 heures par nuit, mais si vous êtes épuisé·e c'est pourtant la première chose à faire.

Etat général

Ensuite, je vérifie comment se sent l'étudiant ou l'étudiante de manière générale. Avant de trouver des stratégies d'organisation et de gestion du stress, c'est important de commencer par savoir ce qui va permettre de se sentir bien, de retrouver de l'énergie et l'éternelle motivation si c'est bien ça le problème. 

Orientation

Pour retrouver les éléments de motivation, nous faisons un petit détour par l'orientation, le projet d'études ou de métier : est-ce que j'ai choisi les maths, la physique, les lettres ou la philo par goût ou par fidélité familiale, ambition, prestige, pression des profs de terminale ou des parents ?

Motivation

Aimer les matières choisies, c'est pour moi ce qui constitue la motivation interne. Et quotidienne. Avoir des projets professionnels dans un secteur d'activité ou un métier donné, c'est ce que j'appelle la motivation externe ou long terme. 

Pression

Quand d'autres pourraient parler de la motivation externe par le soutien de parents "coachs sportifs" autoproclamés, de professeurs particuliers, de stages aux vacances... je parlerai plus de "pression". Les élèves peuvent signaler à leurs parents quand le soutien - bienvenu le plus souvent - se transforme en pression et en stress supplémentaire - et souvent excessif au regard de la pression que les étudiant·e·s se mettent déjà à eux·elles-mêmes. 

Organisation du travail : gestion du temps et des priorités

Quand nous avons l'occasion de l'aborder, nous convenons avec les élèves que l'idéal serait de pouvoir travailler chaque jour les cours du jour-même et chercher les exercices pour le lendemain. A cet idéal, s'ajoutent toutes les préparations de colle, de DS, la recherche des DM.

Préparation des colles

Une approche très radicale, c'est de travailler tous les cours au quotidien et de ne pas réviser les colles. Vous vous appropriez le programme au fur et à mesure et deux ou trois semaines plus tard, une colle vient vous permettre d'évaluer où vous en êtes dans cet apprentissage. On peut même tenir ce raisonnement pour les devoirs. 
En tant qu'accompagnant, je sais que ça marche. Je reconnais que ce n'est pas pour cela que c'est facile à mettre en place. D'abord, il y a le programme de colle qui est parfois proposé : c'est bien une invitation à se pencher sur ces cours et des démonstrations en particulier et les apprendre le mieux possible pour montrer sa bonne volonté et obtenir le meilleur résultat possible à la colle. 
En fait, le risque c'est d'avoir trois semaines de retard. 
Mon invitation : rééquilibrer le curseur entre travailler 0% le cours d'aujourd'hui et 100% la colle de demain sur le cours d'il y a trois semaines. A vous de décider où vous placez le curseur. 

Efficacité

Sachez simplement que l'apprentissage ce soir du cours d'aujourd'hui vous fais gagner énormément de temps sur le cours de demain - que vous comprendez trois fois mieux. 

Mémoire

C'est également très efficace en terme de mémorisation à long terme. Parce que c'est exactement là que se situe le problème de réviser la colle du lendemain. Vous connaissez certes la démonstration par coeur et votre question de cours est réussie. Demandez aux anciens élèves de combien de démonstrations ils se souviennent en arrivant à l'écrit des concours !

Plaisir

En voilà un sujet tabou en prépa. Avoir encore du plaisir dans ses apprentissages. Dans la recherche des exercices. Il faut aller vite. Etre efficace. Travailler plus. Soit disant. En fait, en ce qui me concerne, je crois beaucoup au plaisir. Je crois que les matières que l'on a plaisir à travailler et à étudier, on s'en souvient pendant des années. Les sujets abordés répondent aux questions que l'on se pose ou traitent des thèmes qui nous intéressent. 

Crédit photo :

Perte de valorisation

Crédit Photo : Aaron Burden


Bonjour, 

J'ai décidé de vous parler ce matin de ce qui peut être le plus douloureux en prépas. 

Il me semble que c'est ce que j'ai décidé d'appeler la "perte de valorisation". 
 
Je l'avais presque oublié mais le plus dur, c'est de passer d'un statut d'élève reconnu pour ses mérites scolaires par les profs, les parents, la famille et la société en général à une situation de difficulté, d'échec, ou simplement de notes basses, puisque c'est la règle en prépa. 

Situation A - Réussite au lycée

Elève qui réussit à l'école
Notes hautes
Valorisation par les professeurs, les parents, la famille, l'institution scolaire, la société
Qualités imaginées ou reconnues : 
  • intelligent
  • travailleur
  • persévérant
et pourquoi pas : 
  • courageux
  • honnète
  • bonnes qualités relationnelles
  • bonne gestion du stress / des examens
Les perspectives sont évidentes et positives : il/elle fera de bonnes études, obtiendra son diplôme et aura un métier intéressant et bien rémunéré. 

Direction : les classes prépas - médecine - sciences po...


Situation B - Les classes prépas

Elève qui travaille du mieux possible en prépa
Notes basses - de toutes façons, puisque la MOYENNE de 40 élèves qui sont d'anciens premiers de la classe est de 8,5 / 20.
Ce qui signifie que près de 20 élèves sur les 40 de la classe étaient de bons élèves l'année dernière - ils ont choisi les classes prépas - et ont aujourd'hui une note entre 2 et 8,5 sur 20 !

### Point de vigilance pour les puristes :
J'écris bien "près de 20 élèves" parce que la moyenne n'est pas la médiane. La médiane nous assurerait qu'autant d'élèves sont en dessous qu'au-dessus. La moyenne, pas du tout. ###

Il ne s'agit donc pas d'une exception mais de la grande majorité des élèves. 
Seuls 10 élèves par classes sont dans les 10 premiers et on une note au-dessus de 10 !

Reprenons donc la description de la situation d'une grande partie des élèves (au moins dans leur ressenti personnel, en tout cas !)

Situation B - Les classes prépas

Elève qui travaille du mieux possible en prépa
Notes basses
Parents qui ne comprennent pas ce qui arrive à leur fils/fille
Profs qui critiquent parfois toute la journée : "Vous ne travaillez pas assez"
Copies de devoirs et notes de colles toutes les semaines jusqu'à 6 ou 10 points en dessous de ce dont ils avaient l'habitude l'année précédente - les 16/20 de leur mention très bien mais maintenant aussi des notes aussi hautes que 20/20 en maths sur leur copie de bac !

"Qualités" imaginées ou reconnues par ces notes basses et ces critiques : 
  • pas intelligent
  • finalement pas aussi doué/douée que ce qu'ils pensaient
  • finalement peut-être pas si travailleur que ce qu'ils pensaient
avec les "qualités" qui vont avec :  
  • paresseux
  • glandeur
  • pas persévérant
  • pas courageux
  • manque de ténacité
  • pas organisé
  • stressé
  • mauvaise résistance au stress des examens
  • colérique / agressif avec ses proches 
  • refermé sur lui-même / mauvais relationnel
### je laisse tous ces adjectifs au masculin, les filles ne sont pas concernées, évidemment, elles sont courageuses, persévérantes, tenaces, organisées, ouvertes sur le monde - désolé pour les adeptes de l'écriture inclusive ###

Les perspectives se referment. Les grands projets deviennent sources d'inquiétude : Vais-je pouvoir intégrer Centrale comme je le souhaitais ? Vais-je réussir à devenir Véto ou Médecin si je n'arrive pas à surmonter ces premières difficultés ?

Le doute pointe : "Suis-je fais pour les classes prépas ?"

Puis se met en place ce que j'appelle le cercle vicieux du doute et de l'échec ou des difficultés.

Le cercle vicieux du doute

Quand les résultats ne sont pas à la hauteur de l'engagement et du travail fourni, il est facile de se mettre à douter de soi et de ses méthodes de travail. 

On imagine alors qu'il faut travailler autrement, apprendre autrement, dormir moins. 

L'élève en difficulté va imaginer qu'il faut faire comme le voisin de classe qui réussit. Il a surement "une formule magique". 

Des bouquins mieux rédigés que le cours pour comprendre ?
Des bouquins d'exercices pour trouver les solutions aux exercices qu'il faudrait chercher ?
Des vitamines ?
Du café ?
Des médicaments pour booster la mémoire ?
Du guronsan pour ne plus avoir besoin de dormir ?
Des stages à la Toussaint ?
Un prof de physique le week-end ?
Un coach de maths en sessions de groupe par internet le samedi après-midi ?

Si c'était possible, des amphétamines et des méta-anabolisants pour gagner le Tour de France !

Le cercle vertueux de la confiance

Au contraire, la seule solution, c'est de se faire confiance. 
La seule manière que l'on a d'apprendre, de comprendre, de travailler, c'est la nôtre. 

Personne ne peut savoir pour vous comment vous allez comprendre une notion de mathématique avant de la retenir. Personne ne peut savoir pour vous les connexions qui vont se mettre en place pour que vous puissiez résoudre un exercice de maths ou de physique. 

Pour construire votre raisonnement pour traiter une problématique en dissertation, vous serez obligé de vous faire confiance, de collecter des données et des informations sur le sujet qui vous intéresse, de laisser murir le temps nécessaire avant de rédiger votre analyse du sujet. 

Vous faire confiance, c'est également 
  • respecter vos besoins de sommeil
  • savoir si vous êtes plutôt auditif, visuel ou kinésthésique pour mémoriser
  • faire les pauses dont vous avez besoin
  • privilégier vos points forts
  • vous entourer des personnes qui vous font du bien
  • travailler à votre manière
Et puis comme souvent, si vous construisez et consolidez votre confiance intérieure, ça vous aidera à laisser glisser les remarques négatives extérieures, les inquiétudes de l'entourage ou les mauvaises notes. 

Ça vous aidera à relativiser et à savoir que quels que soient les chemins que vous emprunterez, si vous voulez construire votre projet professionnel vers un métier ou un secteur d'activité, vous y parviendrez.

Vous saurez que les grands gagnants des classes prépas ne sont ni les plus intelligents, ni les plus sympas, à quelques exceptions près pour le plaisir de brouiller les pistes...


Je ne travaille pas assez

Bonjour, En classes prépas, le plus souvent, on a l'impression de ne pas travailler assez. On voudrait travailler plus. On voudrait ...