lundi 20 mars 2017

Les classes prépas en mars (3) : dernière ligne droite

Bonjour,

En mars, vous pouvez être dans les trois situations suivantes :
- avant la prépa : vous posez la question "quelle prépa choisir ?"
 - en première année : comment aller chercher les points nécessaires pour le passage dans la filière que vous voulez ?
- en deuxième et troisième année : optimiser les dernières semaines jusqu'au concours !

Cet article se consacre au troisième point, après celui consacré au choix de la prépa et celui consacré aux premières années.

Préparation et révisions

Le premier point consiste à vous dire que vous préparez les concours depuis 18 mois ou 2 ans 1/2. On peut même aller plus loin en disant que toute votre scolarité vous a permis d'arriver là où vous êtes. Vous pouvez donc relativiser le travail à fournir sur les 15 jours ou 3 semaines que vous avez de libre avant les concours.

Il me semble avant tout essentiel d'arriver :
  • en pleine forme
  • motivé(e)
  • en ayant confiance en vous
  • en ayant des outils de gestion du stress si vous y êtes sensible

Révisions 

Pour la partie révision, les questions que vous pouvez vous posez :

- est-ce que je veux réviser tout(e) seul(e) ?
- est-ce que je veux rester à l'internat ? dans ma chambre en ville mon studio ?
- est-ce que je rentre chez mes parents ?
- est-ce que je pars réviser chez une grand-mère ?
- est-ce que je pars réviser chez un(e) ami(e) pour travailler ensemble ?

Concours

-est-ce que je prends un hotel sur le lieu du concours s'il est loin de chez moi ?

En ce qui nous concerne, avec un copain de l'internat de Lakanal, nous avions réservé un hôtel près du parc floral de Vincennes. C'était tellement pourri et bruyant que nous ne sommes restés qu'une nuit et que nous avons choisi de faire les trajets en RER chaque matin.
Nous étions beaucoup mieux dans notre chambre au calme et avec nos habitudes que dans ce lieu qui nous semblait plus adapté parce que tout proche du lieu du concours.
Avec les transports en commun il y a quand même la fatigue, l'inquiétude du retard possible ou de la grève...

L'année précédente, j'avais passé les concours au Lycée Pothier où je faisais ma prépa. C'est très étonnant de passer le concours -presque - dans sa salle habituelle de DS. En allant tous au Parc Floral l'année suivante, ça faisait beaucoup plus officiel.

Pour le concours ENS-X c'était encore à un autre endroit. A chaque fois, soit on repère les lieux à l'avance, soit on prend vraiment beaucoup de marge pour ne pas se trouver coincé par un retard, une erreur d'itinéraire, des embouteillages...

Pour les oraux, c'est encore autre chose. 

La première année, j'étais venu à Paris exprès pour oraux depuis Orléans. J'étais quand même un peu plus "dépaysé" voir déstabilisé de venir passer des oraux seuls en région parisienne que l'année suivante où je venais d'y passer une année complète et où je n'avais plus de difficulté à m'orienter pour les trajets, estimer le temps nécessaire, me sentir serein.

Pour vous dire :
- la visite médicale pour l'école navale devait avoir lieu au Fort d'Issy : RER C, banlieue inconnue... (ça me fait sourire d'écrire ça toutes ces années plus tard, après avoir vécu 6 ans à Paris et 7 à Issy...)

-  pour les oraux de navale à Louis-Le-Grand, j'ai voulu descendre de chez mon frère rue du Ranelagh à roller jusqu'à la maison de la radio : je suis tombé en arrivant en bas de la descente et je suis allé passé les oraux un peu sonné et le genoux en sang sous mon jean...

- pour les oraux du concours Mines-Ponts, alors à l'ENSTA, près de la Porte de Versailles, je me suis fait escroqué pendant la pause déjeuner, sur une arnaque classique du type qui doit rentrer en Italie et a des costumes de grande marques à vendre pour "trois fois rien"pour pouvoir rentrer chez lui...

- pour d'autres écoles, on peut se retrouver à aller jusqu'à Cergy-Pontoise dans les locaux de l'école et se demander quand même ce que l'on fait là... le souvenir amusant, c'est la rencontre des autres élèves dans la même situation à l'entrée de l’hôtel du coin la veille des oraux...

L'épuisement
    
En 3/2, j'étais épuisé et j'aurais aimé être accompagné pour tenir le coup jusqu'aux oraux. Pour moi, c'était "trop" et j'ai simplement décroché. Ensuite, c'était très compliqué de se remobiliser pour aller passer le TIPE le 14/07 à 7h du matin... pour aller passer les oraux des ENSI à Savigny (ou Bretigny ?) sur Orge au milieu du mois de juillet par 30°C...

En 5/2, j'étais bien plus confiant mais les oraux restaient une période très éprouvante émotionnellement et psychologiquement. N'ayant pas passé CCP, je n'avais pas le droit de me planter aux Mines... Admissible à l'ENS Cachan sans l'avoir imaginé, je n'étais pas du tout assez préparé...



Les classes prépas en mars (2) : s'accrocher !

Bonjour,

En mars, vous pouvez être dans les trois situations suivantes :
- avant la prépa : vous posez la question "quelle prépa choisir ?"
 - en première année : comment aller chercher les points nécessaires pour le passage dans la filière que vous voulez ?
- en deuxième et troisième année : optimiser les dernières semaines jusqu'au concours !

Après avoir traité du premier point dans cet article, je m'intéresse maintenant à ceux qui ont besoin de s'accrocher pour faire un bon troisième trimeste ou fin de deuxième semestre pour obtenir leur passage dans la filière qu'ils souhaitent.

Mes conseils généraux pour réussir les classes prépas tournent souvent autour des mêmes thèmes : 


- est-ce que vous dormez assez pour
  • être attentif en classe
  • participer : répondre aux questions posées, proposer de corriger les exercices
  • poser des questions quand certains points semblent confus (si c'est confus pour vous, c'est confus pour d'autres élèves dans la classe)
  • travailler votre mémoire à court et long terme
-est-ce que vous travaillez assez régulièrement pour
  • relire le cours du jour avant le cours suivant (ça n'a l'air de rien, ça parait impossible, mais ça change tout ! même 20 min chaque soir sur tous les cours du jour, ça suffit pour la plupart des élèves que j'accompagne en coaching pour se sentir mieux, comprendre mieux, réussir les colles et les DS !)
  • chercher les TD
  • chercher au moins un exercice du TD !
  • chercher l'exercice suivant pendant que le prof corrige celui que vous avez fait...
 - est-ce que vous avez conscience que les colles et les DS sont avant tout des outils pour savoir où vous en êtes dans votre travail ?

- est-ce que vous avez conservé une activité sportive ou artistique pour vous sentir bien, garder de l'énergie, et même gérer le stress quand il y en a trop ?

- est-ce que vous gardez assez de "pauses" ou d'espaces de respiration dans votre journée et votre semaine pour être le plus efficace possible ?

Les symptômes

Voici les éléments qui doivent vous alerter si vous sentez que ça marche moins bien que prévu :

- vous êtes toujours fatigué
- vous êtes toujours en retard sur le cours : vous n'avez pas le temps d'apprendre le cours avant le suivant alors vous avez de plus en plus de mal à suivre
- vous préparez les colles la veille
- vous révisez les DS la veille
- vos notes ne suivent pas et ne correspondent pas à tout le travail que vous fournissez...


Les solutions

J'ai indiqué les solutions que je propose ci-dessus, sous forme de question. N'hésitez pas à témoigner de stratégies qui marchent pour vous dans les commentaires ci-dessous.

J'ai aussi eu plusieurs élèves au téléphone ce week-end et nous avons parlé du brouillon pendant les devoirs. C'est un sujet que je n'avais pas abordé depuis longtemps et je pense que c'est un point important pour ceux qui se plaignent d'être trop lents :

Ecrivez tout sur vos copies !

Avec un brouillon :
  • si c'est juste, vous perdez le temps qu'il faut pour recopier. 
  • si c'est faux et que vous ne mettez rien sur votre copie, le correcteur ne saura même pas que vous avez cherché, que vous étiez peut-être sur la bonne piste... quand vous ne vous rendez pas compte plus tard que vous n'avez pas recopié alors que c'était juste ! Simplement, si vous avez un doute ou que vous savez que c'est faux, mentionnez-le à la fin de votre texte. "Résultat qui n'est pas cohérent avec ce que nous cherchions" "Résultat dont les unités ne sont pas homogènes"...


Les classes prépas en mars (1) : Choisir sa classe prépa

Bonjour,

En mars, vous pouvez être dans les trois situations suivantes :
- avant la prépa : vous posez la question "quelle prépa choisir ?"
 - en première année : comment aller chercher les points nécessaires pour le passage dans la filière que vous voulez ?
- en deuxième et troisième année : optimiser les dernières semaines jusqu'au concours !

Choisir sa classe prépa

Vous trouverez beaucoup d'informations sur les sites spécialisés comme prepas.org, prepa-hec.org et l'édudiant. Les questions que je vous invite à vous posez pour un choix avisé :

- est-ce que je veux rester chez mes parents ?

Les atouts :
- garder le lien affectif
- pouvoir compter sur eux pour toute l'intendance (même si vous pouvez continuer d'aider !)
- garder ses repères
- économique

Les inconvénients :
- limite peut-être le choix à des prépas moins prestigieuses ?
- pas d'accès à l'entraide spécifique d'un internat par exemple
- possibilité de se sentir "isolé" par rapport à d'autres élèves qui font "bloc" à l'internat
- possibilité d'un environnement familial où il y a beaucoup d'animations et d'activités (petits frères et soeurs) qui rendent la concentration moins facile

- est-ce que je veux partir étudier plus loin ?

 Les atouts :
- être pris dans une prépa prestigieuse
- peut-être pouvoir avoir un internat
- peut-être pouvoir trouver de l'aide ou de la solidarité au sein de l'internat
- être pleinement centré sur ses études

Les inconvénients de l'internat :
- est-il ouvert le week-end ou est-ce que je dois sortir ? (suis-je suffisamment près de chez mes parents pour rentrer ?)
- l'isolement possible vis à vis de sa famille et de ses amis des années précédentes

Les inconvénients d'une chambre en ville ou d'un studio :
- souvent des tous petits espaces où il est possible de déprimer
- parfois des petites chambres chez l'habitant où l'on ne se sent pas confortable pour travailler
- nécessité de gérer l'intendance dont on n'avait pas l'habitude : loyer, factures, courses, préparations des repas, ménage.
- coût financier

- est-ce que je connais l'ambiance de la classe prépa que je veux rejoindre ?

Les questions plus générales que je vous invite à vous posez avant d'aller en classes prépas : 

- est-ce que j'ai l'esprit de compétition ?
- est-ce que je réagis bien au stress ?
- comment je réagis aux critiques et à la pression ?

- Comment vais-je vivre d'avoir des notes qui n'auront rien à voir avec celles de terminale, même si "c'est bien", parce tous les élèves sont d'anciens très bons élèves et que la moyenne de classe sera à 8/20 ?

- Si je choisis d'aller dans une prépa lointaine, comment vais-je vivre la séparation d'avec mes parents, mes frères et soeurs, mes amis ?

- Si je choisis une chambre en ville, est-ce que je vais prendre le temps de faire des courses, de me préparer des repas ou est-ce que je vais me nourrir pendant 2 ans de plats cuisinés réchauffés ?

- Je choisis les classes prépas, je sais qu'il va falloir beaucoup travailler, est-ce que :
  • je rentre quand même chez moi le week-end ?
  • je continue une activité sportive ou artistique pour garder la forme et le moral ?
  • je trouve des occasions de revoir mes amis des années précédentes ?


lundi 6 mars 2017

Albert Jacquard La vraie intelligence



jeudi 2 mars 2017

Pitch CoachingClassesPrépas - Start'Up Chef





J'ai participé à Start'Up Chef à Murat en octobre et j'ai pitché "Coaching Classes Prépas" après 2 jours de travail avec des entrepreneurs de la région.



A la question, "est-ce que c'est pertinent de continuer "Coaching Classes Prépas" ou est-ce qu'il vaut mieux aller faire autre chose?" ils m'ont répondu :



"Oui, continue, on aime bien l'humanité avec laquelle tu proposes ton accompagnement."


Puis délibération du jury.



Verdict : Prix "Coup de coeur du jury"



Merci  !





Bio entrepreneur / 1 entrepreneur, 1 projet - Interview - Gabriel Brabant



mercredi 1 mars 2017

Vous n'avez pas assez d'une vie pour faire les classes prépas

Bonjour, 

Faire les classes prépas, c'est se lancer dans deux ans de compétition pour obtenir la meilleure école d'ingénieurs, la meilleure école de commerce ou pour réussir à intégrer une École Normale Supérieure, quelle que soit la matière que vous choisissez. 

Sauf que Pierre Rabhi rappelle dans sa dernière interview pour Soleil Levant que ce qui serait le plus important pour un changement positif de société, ce serait de ne pas éduquer les enfants puis les adolescents et jeunes adultes dans la compétition :

Interview de Pierre Rahbi pour soleil-levant.org - Décembre 2016


Quel que soit votre niveau, vous allez chercher à intégrer la prépa la plus prestigieuse qui voudra bien vous accueillir. Dans cette nouvelle classe, vous serez avec des élèves tout à fait excellents jusque-là.

Et à partir de là, vous allez devoir faire de votre mieux pour travailler le plus possible, le mieux possible, le plus efficacement possible. Et plus encore. Et parmi vous, il y aura, de toutes façons, un 1er - comme tous les élèves l'étaient l'année d'avant - et un dernier. Un dernier, ce qu'aucun élève n'a jamais vécu auparavant s'il est aujourd'hui en prépa.

Rien ne l'a préparé à cela.

Personne ne démarre les classes prépas en se disant "je vais prendre une prépa trop bien côtée pour mon niveau pour me retrouver en situation d'échec l'année prochaine".

Même les bons élèves de la classe peuvent "vivre comme un échec" les notes qu'ils reçoivent dès les premières semaines et qui ne correspondent plus à ce qu'ils avaient comme référentiel.

Personne n'est préparé à entendre à longueur de journée "Vous ne travaillez pas assez", "Il faudrait travailler plus." Quand ce n'est pas plus "direct"... "Vous êtes nuls" "Vous ne foutez rien" "Il est peut-être temps de s'y mettre mademoiselle"....

Pour se sentir bien dans votre vie, c'est mieux de vous entourer d'un cocon inspirant. D'un ensemble de gens, qui, comme vous, se sentent bien dans leur vie, se sentent bien dans leurs études, sont satisfaits de ce qu'ils font, se sentent eux-mêmes et inspirés par ce que leur est proposé.

Comment, quand on est en difficulté en prépa, ne pas se comparer ?

Comment, quand on travaille beaucoup et que les autres ont de meilleures notes, ne pas se mettre à se dire qu'on est peut-être pas assez intelligent ? Qu'on est peut-être finalement pas assez rapide. Pas assez organisé ? Pas assez méthodique ? Pas assez coaché ? Qu'on n'était peut-être pas "fait pour la prépa"?

J'ai envie de vous dire que la prépa "n'est faite pour personne". Dans ceux que j'ai vus qui y ont excellé et dont on pourrait penser qu'ils sont les grands gagnants du système, j'en ai trop vu qui ont pris le melon.

Ils ne sont pas forcément devenus imbus d'eux-mêmes, ce n'est pas ce que je suis en train d'écrire. Ce que j'ai observé c'est que la capacité à avoir 20 en prépa quand le deuxième élève de la classe a 12/20 et que c'est comme ça pendant toute une année, ça peut amener à se sentir "supérieur".

Et pour un élève qui en sort en se sentant "supérieur", il y a un peu trop d'élèves qui arrêtent - ou qui continuent - en se disant qu'ils ne sont pas "suffisant".

J'ai déjà mentionné dans ces lignes que notre professeure de français de PSI* à Lakanal y voyait une bénédiction. Le début de la sagesse : "Je sais que je ne sais pas".

C'est une chose d'accéder à la sagesse en découvrant que plus on apprend plus on se rend compte de l'étendue de ce que nous avons à apprendre. C'en est une autre de se sentir insuffisant.


J'ai intitulé cet article "Vous n'avez pas assez d'une vie pour faire les classes prépas" parce que ça prend trop de temps, ensuite, pour se reconstruire. Pour se rebrancher sur ce qui fait votre estime de vous et votre confiance en vous et en vos capacités.

Parce que nous n'avons plus le temps non plus, en tant que collectivité, que vous preniez 20 ans pour vous rebrancher sur vos talents, vos désirs, la réalité des choses... pour vous construire une vie inspirée et inspirante. et parfois pour reconnaître l'erreur que ça peut-être de faire une école de commerce...

J'ai fait HEC et je m'en excuse - Editions Stock


Bon, et si vous y êtes déjà, en prépa, je vous invite à vous brancher sur ce qui fait que vous y êtes bien. A vous brancher sur vos talents et vos points forts. A ne vous comparer à personne. A vous entourer de personnes inspirantes.

Chaque jour, vous pouvez vous féliciter de tout ce que vous faites déjà. Chaque jour, vous pouvez vous féliciter de tout ce que vous avez appris et du moindre progrès.

Vous pouvez remercier les DS, les colles, les enseignants : ils sont simplement les outils que vous avez choisis de mettre en place pour apprendre et vérifier l'avancement de votre apprentissage.

...

Pour rendre hommage aux prépas tout de même, certains élèves s'y sentent comme un poisson dans l'eau. Leur recette du succès, à mon avis :

Le choix d'une prépa adaptée à leur niveau
Du recul sur les objectifs, sur les remarques des profs, sur les notes
Du recul sur la pression, pour garder une vie "quasi normale". 

Explications : 

1) le premier de notre classe en sup qui a pris le melon "tellement il était bon" n'aurait peut-être pas fait long feu à Louis le Grand. Il a bien fait de choisir Orléans pour vivre cette sensation de succès incommensurable, au point de refuser Normale Sup en 3/2 pour Polytechnique l'année suivante. En queue de classe à Louis le Grand il aurait sûrement eu une autre expérience de la prépa et de la réussite.

2) un très bon copain de Télécom Bretagne a choisi de vivre la prépa "tranquille" à Jacques Decours à Paris. Au fond de la classe et à son rythme, il faisait ce qu'on lui demandait, sans plus. Pas d'émotion. Pas de stress sur les notes. N'écoute pas les remarques désagréables des profs. A fait 5/2 tout en douceur pour avoir une école qui lui convient.  Atout de son côté : avait développé le talent de ne pas écouter les remarques désagréables de son père qui lui en faisait tout le temps. Et qui jugeait indispensable de nous dire les années qui ont suivies "Télécom Bretagne, c'est quand même pas terrible". Ces propos lui appartiennent et comme le suggère Jacques SALOME, je les lui rends :-)

3) les élèves doués que j'ai vus rester doués - ou que j'aide lors de mes accompagnements à retrouver leur niveau - continuent à faire les activités qui sont indispensables à leur équilibre : dormir assez, faire du sport, voir des amis et leur famille, écouter ou jouer de la musique, aller au cinéma ou ailleurs, en fonction de leurs goûts et de ce qui va leur permettre de reconstituer leurs réserves d'énergie, de se sentir bien, de garder la motivation

Contre-exemple
Moi, pour tout dire, je ne suis pas dans les deux derniers points. Je suis sensible. Je suis émotif. J'ai écouté les remarques désagréables qui ne me concernaient pourtant pas - et d'ailleurs, là aussi, je leur rends, à tous, leurs remarques désagréables. J'avais envie de réussir malgré les difficultés alors je me suis mis la pression. Souvent, je n'ai pas assez dormi (d'ailleurs même l'année de 5/2 qui s'est bien passée, je ne dormais pourtant pas assez), je n'ai fait des pauses ou des sorties ciné que dans une culpabilité qui prenait bientôt toute la place...

En faisant tout mon possible pour obtenir la PSI* en deuxième année, je me suis mis dans la galère concernant le point 1 : je me suis retrouvé dans une classe dont le niveau ne me convenait pas.

Résilience
Alors ouf, j'ai pu faire preuve de résilience et en 5/2, j'ai trouvé ce cocon de gens inspirés et inspirants pour réussir.

Des profs passionnants. Des élèves qui s'entraident. Un internat de solidarité. Et puis entre-temps, je crois que j'avais aussi lâché sur la pression. Au quotidien, je faisais simplement de mon mieux pour avancer. Pour apprendre. Quand je faisais une pause, c'était pour passer des maths à l'anglais ou pour aller courir dans le Parc de Sceaux quand la pression était quand même trop forte.

Et puis je parlais des gens inspirants, il y a les rencontres incroyables. Les étudiants venus d’Équateur pour faire Normale Sup. En toute simplicité. Et qui passent le concours. Sont admissibles. Sont admis. et font Normale Sup. En toute simplicité.

C'est inspirant. C'est gratifiant d'être leur ami. C'est passionnant de les écouter. De suivre ensuite leurs recherches... à l'école Polytechnique. Toujours en toute simplicité.


La résilience, c'est pouvoir penser que toutes les difficultés que vous vivez aujourd'hui, vous allez les surmonter, vous allez y trouver des solutions - ou pas - et finir par en faire des atouts dans votre cursus, dans votre métier, dans votre vie.
Pour finir, éviter si vous pouvez l'impatience et les peurs. Prenez votre temps, faites ce que vous avez à faire, ne vous inquiétez pas pour les DS, les colles et les concours au loin. Faites simplement, au jour le jour, ce qui a du sens pour vous, ce qui vous semble important.
Apprenez comme vous seul pouvez le faire.
Mémorisez comme vous seul pouvez le faire.
Progressez, pour vous seul.
Entourez-vous de gens sympa auxquels vous ne vous comparez pas, mais qui vous inspirent.
Soyez content et faites preuve de gratitude pour tout ce qui se passe bien pour vous.

Et puis si les classes prépas n'ont rien à voir avec ce que vous voudriez vraiment vivre, alors faites autre chose. Si vous mettez toute cette énergie que vous dépensez en prépa au service de votre véritable projet, vous décrocherez les étoiles.

Si vous aviez 14h par jour, 7 jours par semaine, pendant 2 ou 3 ans à consacrer à un projet qui vous tient vraiment à cœur, vous feriez quoi ?

Moi, je sais que je les ai passé à réfléchir et à écrire sur ce qui peut vous aider. Je sais que ce soir, j'ose écrire que pour certains d'entre-vous qui se posent seulement la question pour l'année prochaine, d'autres options, plus favorables, plus adaptées, plus inspirantes peuvent s'offrir à vous.

Jusque-là, je n'osais peut-être pas le faire. J'avais peut-être peur de ce que vous pourriez penser. Aujourd'hui, je n'ai pas peur. Ceux pour qui les classes prépas se passent bien n'ont pas de raison de lire ces lignes. Ceux pour qui les classes prépas posent question, ma "réponse", mon analyse s'affine au fil des semaines.

Plus je me réconcilie avec l'idée d'avoir fait les classes prépas, plus j'accepte l'idée qu'elles m'ont permis de devenir qui je suis, plus je me sens libre de vous suggérer de faire autre chose si vous en avez la possibilité.

Alors les parents comme les élèves peuvent se dire que la compétition des classes prépas a le mérite de préparer à la compétition sur le marché du travail et au sein des entreprises. C'est vrai. Mais on peut aussi ouvrir les yeux et voir, quand on les ouvre, le nombre de jeunes diplômés et jeunes salariés qui refusent les règles de l'entreprise. Qui ne souhaitent plus passer leur journée à attendre la prochaine promotion en s'ennuyant jusqu'au "bore out" ou en supportant des "petits chefs" merdiques jusqu'au "burn out"...

Et dès qu'on sort de chez soi, on en croise... Le bore out dans le Monde

et des pros qui quittent le "job de leur rêve" chez Apple...
http://www.huffingtonpost.fr/jordan-price/pourquoi-jai-quitte-mon-job-chez-apple_b_4780968.html

Ce qui est certain, c'est que sa vie professionnelle, aujourd'hui, on peut la construire. Même dans les grandes écoles, l'entrepreneuriat prend désormais toute la place pour des jeunes qui veulent donner un sens à leur travail

http://www.lenouveleconomiste.fr/un-tsunami-entrepreneurial-secoue-les-campus-des-grandes-ecoles-33966/
  

 ou à leur vie





Bonne route !

Gabriel