vendredi 18 août 2017

Ce qui compte c'est votre apprentissage (pas leur enseignement)



Bonjour, 

J'ai mis des années à comprendre pourquoi c'était plus pertinent pour les élèves de 5/2 ou de "cube" de chercher des exercices ou des sujets au fond de la classe que d'écouter le cours. 

Les penseurs des pédagogies alternatives le soulignent : "on ne peut rien enseigner, c'est à l'élève d'apprendre". 

Cf. Les apprentissages autonomes, John Holt, Éditions l'Instant Présent 2014


Il est donc plus pertinent de privilégier les situations d'apprentissage par soi-même toutes les fois où ce sera possible, et en particulier quand on a déjà vu le cours ou qu'on peut être autonome sur le sujet proposé.

Je le comprends seulement maintenant parce que pendant toutes ces années, l'enseignement du professeur et le respect du professeur lui-même étaient "sacrés". J'en ai d'ailleurs beaucoup souffert ensuite en école d'ingénieur où je me sentais obligé d'aller à des amphi de 4 heures souvent sans intérêt (pour moi, en tout cas)...

Notre apprentissage


Je comprends mieux pourquoi ces journées entières passées à écouter un prof ne fonctionnent que si nous mettons notre apprentissage en marche. Pour certains, ce sera une attention toute particulière à ce qui est dit parce que leur mémoire privilégiée est la mémoire auditive. Dans ce cas, la contrainte de copier le cours à toute vitesse peut les empêcher d'apprendre. 

En ce qui me concerne, j'avais surement de la chance dans mon malheur, parce que j'ai le sentiment que je retiens bien quand j'écris. Association de la mémoire visuelle et de la mémoire kinesthésique.

Cependant, il faut pouvoir "suivre". Il faut comprendre ce qui est dit. Comprendre ce qui est recopié. De nombreuses fois, j'ai cherché des solutions pour des élèves qui s'étaient mis à recopier sans comprendre. Parfois même sans écouter les explications proposées avec l'écrit du tableau à cause du rythme imposé. De nombreux élèves se contentent en effet de recopier ce qui est écrit "avec trois tableaux de retard" en espérant pouvoir le revoir plus tard. 

J'ai vécu ça en maths en spé. Que de temps perdu à copier un cours que je n'ai jamais relu ! Chaque jour ajoutait au débordement de cours trop long pour que je puisse en faire quoi que ce soit !

Des réponses aux questions que nous ne nous posons pas


Le problème des classes prépas - et ça, je le ressens depuis des années - c'est que l'on m'y a proposé des réponses aux questions que je ne me suis jamais posées. Pour moi, c'est la naissance même de l'échec scolaire !

Ce ressenti est conforté par le chapitre Apprentissage non sollicité du livre de John Holt cité ci-dessus, dont je reprends seulement quelques lignes :

Non seulement la leçon non sollicitée ne conduit pas à un apprentissage, mais - et ça a été difficile pour moi à comprendre - pour l'essentiel un tel enseignement empêche l'apprentissage.
(...)
Le (...) message que communique un enseignement non sollicité à celui qui le reçoit, c'est : " Ce que je vous enseigne est si difficile que, si je ne vous l'enseigne pas, vous ne serez pas capable de l'apprendre."

J'ai pu d'autant mieux faire la différence que je me posais effectivement beaucoup de questions. Tous les éléments qui me permettaient d'y répondre ou simplement de mieux y réfléchir devenaient passionnants pour moi :

J'ai été passionné par les films du ciné-club et les débats qui suivaient par la prof de philo. J'ai été passionné par les cours de philo et les dissertations qui nous étaient proposées et sur lesquelles je passait des week-ends entiers en terminale. 

Même le cours de lettres du mercredi après-midi en prévision d'une prépa à venir semblait ouvrir sur un monde inexploré et intéressant. Le prof y sacralisait Proust et La recherche du temps perdu en nous disant que sa lecture changerait notre vie. 

Ce n'était pas évident parce qu'en première, j'étais un élève plutôt moyen en français et en tout cas très peu intéressé. Deux ans plus tôt, en troisième, j'étais passionné de maths et je m'étais fixé d'avoir 40/40 en maths, ce que j'ai réussi. En français et histoire-géo, les sujets me semblaient bien peu intéressants et je me suis contenté d'avoir les notes que j'avais sans y voir ni défi ni intérêt...

Pendant des journées entières, les profs de maths et physique - et particulièrement SI ! - ont répondu à des questions qu'ils ne prenaient d'ailleurs pas la peine de formuler et que je ne me suis jamais posées... 

Qu'est-ce que j'ai souffert de devoir les écouter et de même essayer d'apprendre ce qui ne m'intéressait pas... en vue d'un improbable classement à un concours d'entrée en école d'ingénieur... !



Coup de cœur en physique



Souvenir tout de même de deux phénomènes qui m'ont intéressé en troisième année où le prof de physique de Lakanal nous proposait tout de même un peu plus d'interprétations concrètes de nos apprentissages : la couleur bleue du ciel (si je me souviens bien, par la diffraction du bleu par les micro-gouttes d'eau) et la couleur orangée du soleil à l'horizon (à peu près pour la même raison, sur une traversée de l'atmosphère beaucoup plus grande à l'horizon qu'au zénith où le soleil apparait bien plus blanc).

Pour le reste, j'étais bien plus intéressé par les sujets de français : en première année, l'instant présent avec Camus, le présent du passé, présent du présent et présent du futur avec Bergson... en troisième année, la bienheureuse ignorance...


Une apologie de la découverte de notre ignorance


Aux yeux de notre enseignante de français en Spé PSI* à Lakanal, la découverte de notre ignorance en prépa était une bénédiction, telle la sagesse de Socrate "Je sais que je ne sais pas". 

Sur le principe, je suis tout à fait d'accord avec elle, mais pas dans sa concrétisation en classes prépas.
Mon avis sur cette question, c'est que 
  • ceux qui souffrent en prépa souffrent souvent "beaucoup trop fort" et bien plus qu'il n'est nécessaire pour prendre conscience "qu'ils ne savent pas". Ils finissent parfois par se dire qu'ils sont nuls.
  • Ceux qui, au contraire, réussissent "très bien" se sentent d'autant plus supérieurs à l'issue des classes prépas que la compétition s'est faite en leur faveur. A aucun moment ils n'ont fait cette découverte de la "bienheureuse ignorance" que souhaite pour eux notre enseignante.


Ayant vécu dans des conditions atroces en 3/2 une remise en question totale, je ne pouvais me ranger de son côté. Cette "découverte" n'en a pas été une pour moi : je me suis toujours posé beaucoup de questions et j'ai toujours su "que je ne savais pas". J'avais par contre perdu complètement confiance en moi en étant soumis à un système qui ne me concernait pas personnellement mais que je vivais avec toute l'émotivité et la sensibilité que j'ai découverte depuis comme le propre de certains élèves doués. 
 
Bientôt 20 ans plus tard, je ne me sens toujours pas "doué". Je me sens d'ailleurs parfaitement inadapté au monde du salariat et de l'entreprise, mais j'ai mis plus de dix ans de tentatives infructueuses pour me rendre à cette évidence... toujours si peu "évidente" pour moi dans mon envie d'intégration dans un tissu social où le salariat est rassurant pour tout le monde, et donc pour moi en particulier sur une envie de "normalité". 

Le problème n'est pas d'avoir des mauvaises notes ou d'entendre toute la journée "Vous ne travaillez pas assez". Le problème c'est de le croire, de travailler le plus possible, de finir par obtenir une classe étoile au bord de l'épuisement et de s'auto-achever en intégrant cette fameuse classe étoile pour ne plus être en mesure de suivre autrement qu'en étant dans les 10 derniers.

Mathématiquement, j'étais dans les dix derniers puisque j'étais dans les dix derniers intégrés dans la classe. Mais je ne l'ai compris que bien plus tard, au hasard de ma réflexion sur les classes prépas et sur tous les outils qui peuvent aider les suivant à les vivre le mieux possible. 

En classe PSI * au Lycée Pothier en 1998 : 12 redoublants puis les élèves les mieux classés de 5 classes (après ceux qui avaient choisi MP* dans les trois classes de MPSI, après ceux qui avaient choisi PC* dans les deux classes de PCSI). La filière PSI semblait encore "jeune" dans sa création quelques années plus tôt, donc à niveau équivalent en maths, on avait moins de concurrence sur les concours des écoles prestigieuses puisque les meilleurs élèves continuaient de choisir MP* et PC* avec des enseignants mieux établis et parfois plus de places aux concours.

Parmi les derniers rentrés de la MPSI 2, j'étais donc statistiquement dans les 10 derniers de la classe. Le problème n'est pas tant d'être entré parmi les derniers et d'avoir les résultats cohérents avec cette situation, mais le fait que les notes associées vont de 3,5 à 6,5 sur 20, la moyenne de classe étant à 8 ou 8,5...

J'ai envie de rajouter "5/2" compris. Parce que l'année suivante, j'ai bénéficié de l'effet de cet amalgame entre des élèves qui font le programme pour la première fois et ceux qui recommencent. 

Quel sens ça peut avoir d'évaluer ensemble deux catégories d'élèves qui n'ont rien à voir ?
Ce n'est même pas pertinent puisque les points de "bonus" dans les concours importants feront la distinction entre les élèves qui passent le concours pour la première fois et les autres...

A mon avis, et je le découvre en écrivant ces lignes, c'est un bon moyen de finir d'enfoncer ceux qui n'auraient pas besoin de ça pour voir déjà leur confiance en eux mise à mal...

Ça m'évoque ce choix de certains enseignants de lettres de "noter comme au concours". Ce qui les amène à faire démarrer les notes de leurs élèves en début d'hypokhagne à 4, 5 ou 6... en espérant que leurs notes monteront au cours des 18 mois qui suivront. Pour ceux qui auront résisté à la pression et à ces notes parfois désespérantes au regard de la quantité de travail fourni. 

Un travail "qui ne paie pas" 


Je crois que nous sommes là au cœur du sujet. Jusque-là, dans le système scolaire, un élève qui a une mauvaise note est un élève "qui n'a pas travaillé". En tout cas, c'est ce qui est imaginé dans ce système où tous les élèves seraient égaux devant la connaissance et le travail scolaire...

Les nombreuses difficultés et les échecs de nombreux élèves bien avant montrent évidemment le contraire...

En tout cas, pour la plupart des élèves qui sont arrivés en prépas, leur travail (ou absence de travail, d'ailleurs, quand on écoute les parents qui pensent peut-être à un apprentissage "magique" et pour qui, en tout cas, 35 heures de cours par semaine "ne comptent pas comme du travail"... ) était récompensé par des bonnes notes. 

Arrivés dans la prépa la plus prestigieuse qu'ils pouvaient obtenir avec leur dossier scolaire, ils se retrouvent tous avec des niveaux équivalents et la possibilité d'être tout à coup dernier et ce, de manière complétement inattendue puisque personne ne va à Louis le Grand en envisageant de "minorer" le DS de maths. 

Tous sont promis à de - très - grandes écoles, au minimum Centrale Paris, avant de se confronter à "la réalité(???)" des classes prépas. Une réalité pourtant toute relative puisqu'à niveau égal et quantité de travail égale, ils auraient des résultats très différents d'une prépa à l'autre. 

La compétition et le stress


A aucun moment il n'a été établi que la compétition et le stress favorisent les apprentissages. Au mieux, ça favorise la compétition et le stress. Certes, beaucoup d'élèves vont au-delà de ce qu'ils auraient appris dans un autre contexte. 

Qu'en reste-t-il un an après ?
Qu'en reste-t-il cinq an après ?

J'ai eu beaucoup de peine de constater que même l'école d'ingénieur qui suit immédiatement après les classes prépas - et le concours d'admission ! - ne tient aucun compte des apprentissages en classes prépas. 

Les enseignements ne sont rattachés à rien de ce qui était proposé (imposé ?) en prépas. De la même manière que le prof de maths de sup se fait un plaisir d'expliquer en début d'année que les 12 ans - douze ans !!! - de maths fait précédemment ne comptent pas : "Ce ne sont pas vraiment des maths..."

Quel manque de respect pour les élèves. 
Quel manque de respect pour leurs collègues enseignants en primaire, collège et lycée. 
C'est l'assurance de proposer ensuite des maths "hors sol", dans une abstraction totale et en ne permettant qu'à trop peu d'élèves de rattacher les notions proposées aux connaissances déjà acquises. 

C'est ce qui incite ensuite certains élèves de prépas à chercher ensuite à apprendre les maths "par cœur". Comme si les maths pouvaient s'apprendre comme une poésie. 

"J'ai cherché à COMPRENDRE les maths"


J'ai accompagné longuement un élève sur l'année scolaire 2016 / 2017. Beaucoup plus satisfait de ses méthodes de travail, de son organisation et de son efficacité, ses notes ne changeaient pourtant pas beaucoup en maths. 

Normalement, après quelques séances de coaching pour se réapproprier leur manière à eux d'apprendre, les élèves que j'accompagne mettent fin au coaching parce qu'ils ont retrouvé confiance en eux et en leurs capacités à apprendre et à comprendre... et que ça se voit dans leurs notes de colles puis de DS. 

Lors de cet accompagnement, au-delà de l'énergie et de la motivation retrouvées grâce à une meilleure satisfaction dans le travail au quotidien, il restait quelque chose à débloquer. Nous sommes allés jusqu'à réfléchir à l'utilisation excessive du brouillon, qui fait peut être perdre trop de temps, en particulier si des éléments de réflexion n'arrivent jamais sur la copie parce qu'ils n'ont pas permis d'aboutir... La copie reste presque vide alors que de nombreuses recherches ont été effectuées et c'est dommage...

Un jour, il a trouvé la solution : lors d'un échange avec un élève qui avait d'abord eu des difficultés et dont les résultats étaient bien montés, il a compris qu'il était temps d'arrêter de "faire de son mieux pour en faire le plus possible".

IL ÉTAIT TEMPS DE SE METTRE A COMPRENDRE

Ainsi, au bout de trois mois de "recherches" sur ce qui allait pouvoir l'aider à progresser, il s'est mis à "prendre le temps" de comprendre. J'avais bien été sensibilisé par notre prof de sup à l'idée qu'au-delà de l'apprentissage du cours - indispensable - il fallait chercher les exercices...

Là, c'était encore d'un autre ordre. Comme une évidence à redécouvrir. Le cœur de cet article finalement. 

La seule chose qui compte, c'est votre appropriation du sujet. 
La seule chose qui compte, c'est le moment où vous comprenez de quoi il s'agit.
Le moment où vous comprenez la démonstration. 

Mais vous en avez trop à faire. Vous en avez trop à apprendre. 

Alors vous cherchez des raccourcis. 
Vous essayez l'apprentissage par cœur. 
Vous essayez de bachoter des exercices déjà corrigés par le prof. 

C'est indispensable, mais ça n'est pas suffisant. 

Pour progresser, pour simplement "faire des maths", il vous faut : 

Apprendre le cours
Comprendre les liens entre les éléments
Comprendre la démarche de la démonstration
Chercher et comprendre l'exercice.

Le temps "perdu" dans ces démarches est gagné pour les colles, les DS et le concours. 

De toutes façons, il faut vous rendre compte que la mémoire à court terme n'est qu'une forme d'illusion dans la préparation d'un concours. On en revient à ce que j'écrivais dès l'ouverture de ce blog : le conseil des enseignants de Ginette de ne pour ainsi dire pas réviser les colles et les DS. 

Des colles et des DS à votre service


Souvent dans les accompagnements à la gestion du stress, je vous invite à voir les enseignants, les colles et les DS comme des aides et des outils dans votre préparation du concours. Ainsi, la note de colle ou de DS n'est plus "dramatique", elle est simplement un indicateur de "là où vous en êtes, sur ce sujet, à ce moment-là".

Quand vous vous êtes boosté la veille par un bachotage intense, ça peut vous donner une bonne note pour assurer votre passage dans l'année supérieure... ça ne vous garantit pas de vous souvenir de la notion lors de l'oral du concours un an ou dix-huit mois plus tard...

Enfin, je n'ai rien contre l'apprentissage la veille. Le DS peut alors agir comme une source de motivation externe efficace !

A mes yeux, une chose est sûre, à chaque fois que vous "perdez du temps" pour comprendre une notion de cours ou chercher vraiment exercice, c'est du temps que vous gagnerez au DS

Sinon, les seules fois où vous vous retrouvez à chercher vraiment un exercice sans avoir la correction sous les yeux ou à l'arrière du bouquin, c'est pendant le DS, et là, ça va vous prendre beaucoup trop de temps ou déclencher beaucoup trop de stress !

Et vous, vous en pensez quoi ?
N'hésitez pas à réagir dans les commentaires ou sur la page Facebook

Bon été et bonne rentrée, 

Gabriel 


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dimanche 4 juin 2017

Si vous êtes doué, ne faites pas les classes prépas

Bonjour,

Il y a vingt ans, j'ai fait des dossiers pour les classes prépas. Dossier de candidature et lettre de motivation manuscrite pour Sainte Geneviève "Ginette" à Versailles, dossiers papiers pour les classes prépas du lycée Pothier à Orléans : aussi bien maths sup MPSI que prépas ECS pour les écoles de commerce et même hypokhâgne, pourquoi pas !

Autour de moi, il y avait une belle-soeur passée par Ginette avant de bifurquer vers l'ISEP en deuxième année et ses amis qui avaient intégré Centrale Paris et pour qui cela semblait simple. Il y avait également l'ami de mon frère qui me disait de lire Le Monde tous les jours pour faire Polytechnique depuis que j'étais en seconde. 

Mon goût pour la philo ne comptait pas : il fallait faire des maths. Il fallait même faire Ingénieur. Il fallait faire ingénieur parce que "le commercial est toujours le trou du c.. d'un ingénieur". C'était peut-être vrai dans une entreprise technologique américaine. Aujourd'hui je dirais que le monde est quand même mené par le bout du nez par un trou du c.. de commercial...

Vingt ans plus tard, je ne trouve pas ma place en entreprise en tant que salarié. J'ai quand même de la chance, douze ans après mon premier coaching, dix ans après mes premières journées de formation à l'analyse transactionnelle, je commence à trouver des réponses comme dans cet article que l'on peut trouver sur le Huffington Post ou retrouver sur Positivr : 



Si la vie en entreprise et la situation de salarié est difficile pour un surdoué du fait de toutes les raisons qui sont mentionné dans cet article, la vie en prépa l'est tout autant. 

  1. C'est très difficile pour un surdoué de ne se concentrer que sur un ou deux sujets (bon, disons trois-quatre) pendant toute la journée.

    Toutes ces années plus tard, la situation qui me convient bien c'est celle que l'on peut voir désormais décrite comme "slasheur" (du / "slash" en anglais) : père de famille / animateur de sessions de coaching de groupe pour la recherche d'emploi le matin / prof de maths l'après-midi / coach d'élèves en classes prépas en rendez-vous individuels à distance le soir / jardinier-maraîcher le week-end...

    Alors passer mes journées, mes soirées, mes nuits puis mes week-ends à bosser invariablement des maths, de la physique et éventuellement un peu de SI avant de recommencer, autant dire que c'était non seulement une torture mais littéralement impossible. 

    On part donc avec un handicap majeur par rapport à ceux qui peuvent le faire sans états d'âme.
  2. C'est très difficile pour un surdoué de supporter la remise en cause de notes beaucoup trop basses par rapport aux efforts faits et à l'investissement.

    Ça conduit la plupart des élèves à essayer de travailler autrement que la seule manière qui fonctionne : la leur. C'est le cœur de mon accompagnement. Que ce pour travailler beaucoup ou énormément, une seule chose est sûre : il n'y a pas d'autre manière de travailler, de réfléchir et de mémoriser que la nôtre. Il n'y a pas d'autre manière de chercher un exercice de maths pour en trouver la solution que la nôtre. Il n'y a pas d'autre rythme ou "vitesse" que le nôtre.

    On peut bien essayer de se convaincre "d'aller plus vite" ça ne marchera pas.

    Très prompt à la remise en cause, l'élève surdoué peut s'effondrer à force de chercher à "bien faire" de toutes les manières possibles sauf celle qui marche pour lui - et pour personne d'autre ! 
  3. Les surdoués sont souvent intuitifs et créatifs dans les solutions qu'ils trouvent.

    Le problème de l'intuition du résultat - le fameux "Eurêka" d'Archimède, c'est qu'il ne fonctionne pas en prépas. Le résultat juste ne suffira souvent pas : il faut en fournir la preuve. Rien de plus dur pour un élève pour qui c'est apparu "évident" de vouloir démontrer une réponse qui lui est venue comme un flash.

    Les plus adapté feront leur possible pour partir des hypothèses d'une part, partir du résultat qui leur saute aux yeux d'autre part, pour essayer de faire la passerelle entre les deux. Pour une "évidence", quelle perte de temps !
  4. La créativité n'est pas très appréciée.
    Comme le dit Ken Robinson dans une conférence TED très regardée, "l'école tue la créativité". Les classes prépas en sont l'aboutissement.

    Souvent, une réponse "créative" n'est pas la réponse "attendue". Albert Jaquard en son temps disait déjà que les classes prépas et Polytechnique étaient des moules de conformisme. Il étudiait pour appuyer son propos la différence de prix Nobel entre ETH à Zurich et l'école Polytechnique à Paris. C'est en train d'évoluer avec leurs dispositifs de recherche très poussés qui font appel à des étudiants qui ne sont pas issus de leurs rangs mais des Ecoles Normales et des Universités françaises et étrangères...
  5. Pas facille pour un surdoué d'être "conforme".

    Pour éviter de tenir un propos trop "généralisant" et "à charge", je vais reparler de moi. Je suis incapable de me "conformer".

    Je n'arrive pas à faire des maths toute la journée quand on me le demande.
    Je n'arrive pas à faire des rendez-vous commerciaux toute la journée quand on me le demande.
    Je n'arrive pas à faire des rendez-vous de coaching ou de "conseil" emploi les uns après les autres quand on me le demande, même après avoir choisi ce nouveau métier en pensant y trouver une forme de "solution" la plus adaptée à ce que j'aime, ce qui me nourrit et là où j'excelle...

    Pour tout dire, je n'aime pas qu'on me dise ce que je dois faire.
    J'aime encore moins qu'on me dise comment je dois le faire.
    En fait, c'est plus simple que ça : je n'y arrive pas.
  6. Un mode d'emploi différent !!!

    Pendant plusieurs mois, j'ai conseillé à mes élèves le livre de Béatrice MILLETRE : "Petit guide à l'usage des gens intelligents qui ne se sentent pas très doués"

    C'est dans son livre que j'ai découvert les notions d'intuition et de créativité. Quand j'ai un problème à régler, je ne me mets pas à mon bureau pour chercher jusqu'à ce que je trouve : un esprit créatif et intuitif a besoin de connaître les enjeux, de collecter les informations, de laisser décanter - pour une durée indéterminée ! - jusqu'à obtention de la solution.

    Une solution qui apparait alors évidente - Eurêka - alors qu'elle n'existait pas dans notre esprit à la seconde qui précédait sa conception. 

Pour toutes ces raisons et surtout pour la destruction de la confiance en soi qui se met en place de manière insidieuse en prépas pour des élèves pourtant particulièrement doués, je vous invite à ne pas faire les classes prépas. 

Je sais en écrivant ces lignes que vous ne pourrez pas faire l'économie de l'expérience. 

HEUREUSEMENT !

Ne suivez aucuns conseils. 

Faites ce que vous voulez. 

Vous surmonterez les obstacles. 

Vous trouverez des solutions. 

Vous irez de toutes façons plus loin que vous ne l'avez jamais imaginé. 

Mais juste : ne restez pas dans la souffrance. Ne restez pas dans la culpabilité. Trouvez de l'aide si vous en avez besoin. Allez au cinéma vous changer les idées si ça vous fait du bien. 

Ne croyez pas ce qu'on vous dit : en ce qui vous concerne, ce n'est pas la quantité de travail qui compte mais si vous continuez à vous sentir bien dans votre peau, dans votre vie, dans votre travail. 

Gardez vos amis. Gardez les activités artistiques ou sportives qui vous sont les plus indispensables et qui ont permis votre réussite jusqu'ici. Travaillez de la seule manière que vous connaissez, de la seule manière qui vous réussit : la vôtre !!!

 And see you in 20 years !

Gabriel

 










lundi 20 mars 2017

Les classes prépas en mars (3) : dernière ligne droite

Bonjour,

En mars, vous pouvez être dans les trois situations suivantes :
- avant la prépa : vous posez la question "quelle prépa choisir ?"
 - en première année : comment aller chercher les points nécessaires pour le passage dans la filière que vous voulez ?
- en deuxième et troisième année : optimiser les dernières semaines jusqu'au concours !

Cet article se consacre au troisième point, après celui consacré au choix de la prépa et celui consacré aux premières années.

Préparation et révisions

Le premier point consiste à vous dire que vous préparez les concours depuis 18 mois ou 2 ans 1/2. On peut même aller plus loin en disant que toute votre scolarité vous a permis d'arriver là où vous êtes. Vous pouvez donc relativiser le travail à fournir sur les 15 jours ou 3 semaines que vous avez de libre avant les concours.

Il me semble avant tout essentiel d'arriver :
  • en pleine forme
  • motivé(e)
  • en ayant confiance en vous
  • en ayant des outils de gestion du stress si vous y êtes sensible

Révisions 

Pour la partie révision, les questions que vous pouvez vous posez :

- est-ce que je veux réviser tout(e) seul(e) ?
- est-ce que je veux rester à l'internat ? dans ma chambre en ville mon studio ?
- est-ce que je rentre chez mes parents ?
- est-ce que je pars réviser chez une grand-mère ?
- est-ce que je pars réviser chez un(e) ami(e) pour travailler ensemble ?

Concours

-est-ce que je prends un hotel sur le lieu du concours s'il est loin de chez moi ?

En ce qui nous concerne, avec un copain de l'internat de Lakanal, nous avions réservé un hôtel près du parc floral de Vincennes. C'était tellement pourri et bruyant que nous ne sommes restés qu'une nuit et que nous avons choisi de faire les trajets en RER chaque matin.
Nous étions beaucoup mieux dans notre chambre au calme et avec nos habitudes que dans ce lieu qui nous semblait plus adapté parce que tout proche du lieu du concours.
Avec les transports en commun il y a quand même la fatigue, l'inquiétude du retard possible ou de la grève...

L'année précédente, j'avais passé les concours au Lycée Pothier où je faisais ma prépa. C'est très étonnant de passer le concours -presque - dans sa salle habituelle de DS. En allant tous au Parc Floral l'année suivante, ça faisait beaucoup plus officiel.

Pour le concours ENS-X c'était encore à un autre endroit. A chaque fois, soit on repère les lieux à l'avance, soit on prend vraiment beaucoup de marge pour ne pas se trouver coincé par un retard, une erreur d'itinéraire, des embouteillages...

Pour les oraux, c'est encore autre chose. 

La première année, j'étais venu à Paris exprès pour oraux depuis Orléans. J'étais quand même un peu plus "dépaysé" voir déstabilisé de venir passer des oraux seuls en région parisienne que l'année suivante où je venais d'y passer une année complète et où je n'avais plus de difficulté à m'orienter pour les trajets, estimer le temps nécessaire, me sentir serein.

Pour vous dire :
- la visite médicale pour l'école navale devait avoir lieu au Fort d'Issy : RER C, banlieue inconnue... (ça me fait sourire d'écrire ça toutes ces années plus tard, après avoir vécu 6 ans à Paris et 7 à Issy...)

-  pour les oraux de navale à Louis-Le-Grand, j'ai voulu descendre de chez mon frère rue du Ranelagh à roller jusqu'à la maison de la radio : je suis tombé en arrivant en bas de la descente et je suis allé passé les oraux un peu sonné et le genoux en sang sous mon jean...

- pour les oraux du concours Mines-Ponts, alors à l'ENSTA, près de la Porte de Versailles, je me suis fait escroqué pendant la pause déjeuner, sur une arnaque classique du type qui doit rentrer en Italie et a des costumes de grande marques à vendre pour "trois fois rien"pour pouvoir rentrer chez lui...

- pour d'autres écoles, on peut se retrouver à aller jusqu'à Cergy-Pontoise dans les locaux de l'école et se demander quand même ce que l'on fait là... le souvenir amusant, c'est la rencontre des autres élèves dans la même situation à l'entrée de l’hôtel du coin la veille des oraux...

L'épuisement
    
En 3/2, j'étais épuisé et j'aurais aimé être accompagné pour tenir le coup jusqu'aux oraux. Pour moi, c'était "trop" et j'ai simplement décroché. Ensuite, c'était très compliqué de se remobiliser pour aller passer le TIPE le 14/07 à 7h du matin... pour aller passer les oraux des ENSI à Savigny (ou Bretigny ?) sur Orge au milieu du mois de juillet par 30°C...

En 5/2, j'étais bien plus confiant mais les oraux restaient une période très éprouvante émotionnellement et psychologiquement. N'ayant pas passé CCP, je n'avais pas le droit de me planter aux Mines... Admissible à l'ENS Cachan sans l'avoir imaginé, je n'étais pas du tout assez préparé...



Les classes prépas en mars (2) : s'accrocher !

Bonjour,

En mars, vous pouvez être dans les trois situations suivantes :
- avant la prépa : vous posez la question "quelle prépa choisir ?"
 - en première année : comment aller chercher les points nécessaires pour le passage dans la filière que vous voulez ?
- en deuxième et troisième année : optimiser les dernières semaines jusqu'au concours !

Après avoir traité du premier point dans cet article, je m'intéresse maintenant à ceux qui ont besoin de s'accrocher pour faire un bon troisième trimeste ou fin de deuxième semestre pour obtenir leur passage dans la filière qu'ils souhaitent.

Mes conseils généraux pour réussir les classes prépas tournent souvent autour des mêmes thèmes : 


- est-ce que vous dormez assez pour
  • être attentif en classe
  • participer : répondre aux questions posées, proposer de corriger les exercices
  • poser des questions quand certains points semblent confus (si c'est confus pour vous, c'est confus pour d'autres élèves dans la classe)
  • travailler votre mémoire à court et long terme
-est-ce que vous travaillez assez régulièrement pour
  • relire le cours du jour avant le cours suivant (ça n'a l'air de rien, ça parait impossible, mais ça change tout ! même 20 min chaque soir sur tous les cours du jour, ça suffit pour la plupart des élèves que j'accompagne en coaching pour se sentir mieux, comprendre mieux, réussir les colles et les DS !)
  • chercher les TD
  • chercher au moins un exercice du TD !
  • chercher l'exercice suivant pendant que le prof corrige celui que vous avez fait...
 - est-ce que vous avez conscience que les colles et les DS sont avant tout des outils pour savoir où vous en êtes dans votre travail ?

- est-ce que vous avez conservé une activité sportive ou artistique pour vous sentir bien, garder de l'énergie, et même gérer le stress quand il y en a trop ?

- est-ce que vous gardez assez de "pauses" ou d'espaces de respiration dans votre journée et votre semaine pour être le plus efficace possible ?

Les symptômes

Voici les éléments qui doivent vous alerter si vous sentez que ça marche moins bien que prévu :

- vous êtes toujours fatigué
- vous êtes toujours en retard sur le cours : vous n'avez pas le temps d'apprendre le cours avant le suivant alors vous avez de plus en plus de mal à suivre
- vous préparez les colles la veille
- vous révisez les DS la veille
- vos notes ne suivent pas et ne correspondent pas à tout le travail que vous fournissez...


Les solutions

J'ai indiqué les solutions que je propose ci-dessus, sous forme de question. N'hésitez pas à témoigner de stratégies qui marchent pour vous dans les commentaires ci-dessous.

J'ai aussi eu plusieurs élèves au téléphone ce week-end et nous avons parlé du brouillon pendant les devoirs. C'est un sujet que je n'avais pas abordé depuis longtemps et je pense que c'est un point important pour ceux qui se plaignent d'être trop lents :

Ecrivez tout sur vos copies !

Avec un brouillon :
  • si c'est juste, vous perdez le temps qu'il faut pour recopier. 
  • si c'est faux et que vous ne mettez rien sur votre copie, le correcteur ne saura même pas que vous avez cherché, que vous étiez peut-être sur la bonne piste... quand vous ne vous rendez pas compte plus tard que vous n'avez pas recopié alors que c'était juste ! Simplement, si vous avez un doute ou que vous savez que c'est faux, mentionnez-le à la fin de votre texte. "Résultat qui n'est pas cohérent avec ce que nous cherchions" "Résultat dont les unités ne sont pas homogènes"...


Les classes prépas en mars (1) : Choisir sa classe prépa

Bonjour,

En mars, vous pouvez être dans les trois situations suivantes :
- avant la prépa : vous posez la question "quelle prépa choisir ?"
 - en première année : comment aller chercher les points nécessaires pour le passage dans la filière que vous voulez ?
- en deuxième et troisième année : optimiser les dernières semaines jusqu'au concours !

Choisir sa classe prépa

Vous trouverez beaucoup d'informations sur les sites spécialisés comme prepas.org, prepa-hec.org et l'édudiant. Les questions que je vous invite à vous posez pour un choix avisé :

- est-ce que je veux rester chez mes parents ?

Les atouts :
- garder le lien affectif
- pouvoir compter sur eux pour toute l'intendance (même si vous pouvez continuer d'aider !)
- garder ses repères
- économique

Les inconvénients :
- limite peut-être le choix à des prépas moins prestigieuses ?
- pas d'accès à l'entraide spécifique d'un internat par exemple
- possibilité de se sentir "isolé" par rapport à d'autres élèves qui font "bloc" à l'internat
- possibilité d'un environnement familial où il y a beaucoup d'animations et d'activités (petits frères et soeurs) qui rendent la concentration moins facile

- est-ce que je veux partir étudier plus loin ?

 Les atouts :
- être pris dans une prépa prestigieuse
- peut-être pouvoir avoir un internat
- peut-être pouvoir trouver de l'aide ou de la solidarité au sein de l'internat
- être pleinement centré sur ses études

Les inconvénients de l'internat :
- est-il ouvert le week-end ou est-ce que je dois sortir ? (suis-je suffisamment près de chez mes parents pour rentrer ?)
- l'isolement possible vis à vis de sa famille et de ses amis des années précédentes

Les inconvénients d'une chambre en ville ou d'un studio :
- souvent des tous petits espaces où il est possible de déprimer
- parfois des petites chambres chez l'habitant où l'on ne se sent pas confortable pour travailler
- nécessité de gérer l'intendance dont on n'avait pas l'habitude : loyer, factures, courses, préparations des repas, ménage.
- coût financier

- est-ce que je connais l'ambiance de la classe prépa que je veux rejoindre ?

Les questions plus générales que je vous invite à vous posez avant d'aller en classes prépas : 

- est-ce que j'ai l'esprit de compétition ?
- est-ce que je réagis bien au stress ?
- comment je réagis aux critiques et à la pression ?

- Comment vais-je vivre d'avoir des notes qui n'auront rien à voir avec celles de terminale, même si "c'est bien", parce tous les élèves sont d'anciens très bons élèves et que la moyenne de classe sera à 8/20 ?

- Si je choisis d'aller dans une prépa lointaine, comment vais-je vivre la séparation d'avec mes parents, mes frères et soeurs, mes amis ?

- Si je choisis une chambre en ville, est-ce que je vais prendre le temps de faire des courses, de me préparer des repas ou est-ce que je vais me nourrir pendant 2 ans de plats cuisinés réchauffés ?

- Je choisis les classes prépas, je sais qu'il va falloir beaucoup travailler, est-ce que :
  • je rentre quand même chez moi le week-end ?
  • je continue une activité sportive ou artistique pour garder la forme et le moral ?
  • je trouve des occasions de revoir mes amis des années précédentes ?


lundi 6 mars 2017

Albert Jacquard La vraie intelligence



jeudi 2 mars 2017

Pitch CoachingClassesPrépas - Start'Up Chef





J'ai participé à Start'Up Chef à Murat en octobre et j'ai pitché "Coaching Classes Prépas" après 2 jours de travail avec des entrepreneurs de la région.



A la question, "est-ce que c'est pertinent de continuer "Coaching Classes Prépas" ou est-ce qu'il vaut mieux aller faire autre chose?" ils m'ont répondu :



"Oui, continue, on aime bien l'humanité avec laquelle tu proposes ton accompagnement."


Puis délibération du jury.



Verdict : Prix "Coup de coeur du jury"



Merci  !