mardi 31 janvier 2017

Ce que j'ai aimé en prépas

Bonjour, 

Ce matin, j'ai choisi de vous parler de ce que j'ai aimé en prépas. 

1. Les amis

En réfléchissant à ce que j'ai aimé en prépas, la première chose qui m'est venue à l'esprit, ce sont les noms des amis. Ceux qui ont été mes binômes pour travailler. Ceux que je retrouvais pour la récréation ou pour le déjeuner et avec qui j'ai pu refaire le monde. Ceux que je retrouvais pour le dîner pendant l'année d'internat à Lakanal. 

Ceux avec qui je prenais le RER à la dernière minute pour arriver juste à temps pour le film à la séance de ciné à Montparnasse.

Ceux chez qui je suis allé réviser en Tunisie pour les vacances de février. 

Ceux aussi, que je n'ai jamais revus mais avec qui j'ai joué au foot ou au volley toutes les semaines pour me sentir mieux et tenir le coup. 

Ceux à qui je suis allé rendre visite jusqu'à Orsay ou Zurich quand ils ont intégré Supélec puis l'école polytechnique de Zurich. 

Ceux que j'ai retrouvés plus tard, au hasard des poursuites d'études, des voyages à l'étranger ou simplement des lieux de vie. 

...

2. Les profs

La deuxième chose à laquelle j'ai pensé, en reprenant ma réflexion, ce sont les profs. 

Le prof de maths de sup, inoubliable. 
"Votre salut passe par la connaissance du cours... et la recherche des exercices."
"Les maths, c'est beau"
"Les irréductibles unitaires"
et "2713"
Le prof de français aussi. Que j'avais eu en "Lettres" les mercredi après-midi l'année précédente en terminale. 

L'équipe des profs de Lakanal, aussi bien en physique et en SI par leur préparation rythmée et complètement maîtrisée, des concours écrits et des oraux, que le prof de maths qui me semblait enseigner les maths comme un artiste. 

Un artiste qui remplissait le tableau d'une écriture fine et ciselée et qui semblait enseigner une autre matière que tout ce que l'on avait fait jusque là. Au lieu de corriger à toute vitesse une feuille de TD comme une autre, il semblait nous emmener pour un voyage, à traiter ensemble un sujet ou un problème pendant 2 heures. J'avoue que j'ai apprécié comme 5/2, tout en me demandant comment les 3/2 faisaient ?

La prof de français aussi, qui bénissait notre découverte de notre ignorance, enfin, dans un monde où les enfants et les jeunes (et les autres aussi) croient "tout savoir".

3. Progresser

Une chose est sûre, en prépa, on peut toujours progresser. J'ai démarré la sup comme un sportif de haut niveau préparerait une compétition. Je me suis mis au travail immédiatement. J'ai appris chaque cours, au jour le jour, aussi bien que je pouvais. J'ai cherché les exercices. J'ai trouvés les réponses et j'ai continué. C'était grisant d'apprendre autant, de travailler autant et de se sentir dans la course. 

Ensuite, j'ai eu du mal à comprendre ce qui m'arrivait. En fait, j'ai compris plus tard que j'avais fait un très bon démarrage. Mon prof de maths m'a dit plus tard que mon dossier ne laissait pas supposer que j'allais pouvoir être 16e comme je l'ai été au premier devoir. 

Moi, je n'avais pas compris que 16e c'était bien. Alors je célèbre cette victoire rétrospectivement, quand j'y pense. On ne peut pas toujours vivre les choses du premier coup, mais on peut toujours se féliciter pour ce qu'on a accomplit, une fois qu'on se rend compte de l'exploit. 

4. Se dépasser

Tant que l'on va bien, les classes prépas, c'est quand même le lieu idéal pour se dépasser. Maintenant que j'enseigne à des élèves de 4e qui jugent inhumain d'apprendre 10 lignes de cours par semaine, je me rends compte à quel point on peut aller loin quand on a le goût de l'effort et le plaisir du travail bien fait. 

Notre cerveau est beaucoup plus fort que ce que l'on veut bien nous laisser penser. Il suffit de s'atteler sérieusement à l'apprentissage d'une langue, d'une matière, d'un sujet qu'on aura choisi, pour s'en rendre compte. 

En prépa, choisissez bien les matières qui peuvent vous intéresser jusqu'à l'overdose et allez-y : vous n'apprendrez jamais ailleurs, autant que dans un contexte où tout est fait pour que vous puissiez vous y consacrer pleinement : parents, profs, internat ou pas, soirs et week-ends : tout votre temps est dédié à cette nouvelle passion qu'est la prépa. 

N'imaginez pas ensuite, que vous pourrez comme ça, passer 70 heures minimum sur un sujet. Vous aurez un logement à tenir en ordre, des courses et des repas à faire, puis des enfants à élever...

A moins de devenir chercheur ?

(A suivre...)
 


mardi 24 janvier 2017

Les classes prépas : pourquoi c'est si dur ?

Bonjour, 

Pour répondre à un témoignage/commentaire, j'ai pris conscience que ce qui est le plus difficile en prépa, c'est que les classes prépas 
  1. nous font perdre le goût des matières que nous aimons
  2. nous font perdre de vue nos rêves
Ce sont pourtant les deux leviers de la motivation !

1. Les matières que nous aimons


Les matières que nous aimons, le plaisir de trouver la solution d'un exercice de maths, le plaisir de comprendre un phénomène physique, parfois simplement le goût du travail bien fait, la construction d'un raisonnement philosophique, économique ou scientifique... ce sont les petits plaisirs quotidien, conscients ou non, du "bon élève". 

Celui qui fait un parcours presque sans faute jusqu'au bac pour avoir envie de faire les classes prépas. 

2. Nos rêves

Les élèves qui entrent en classes prépas ont de l'ambition. Ils n'ont probablement pas peur de beaucoup travailler. Mais surtout, ils sont portés par un rêve. Si le rêve s'incarne simplement dans une Grande Ecole, il ne "porte" pas beaucoup ou pas autant qu'on le voudrait, certains samedi après-midi ou autres lundi soir où l'on aurait besoin de beaucoup d'énergie pour se mettre au travail.

Les élèves des classes prépas sont pour la plupart des élèves avant tout généreux et portés par des rêves généreux et humanistes : devenir pilote à l'ENAC, travailler dans l'aérospatial, imaginer un jour changer le monde. 

Pour ceux qui veulent à 18 ans travailler dans la finance pour gagner plein d'argent, en passant par l'école de commerce comme par l'école d'ingénieur, je ne me fais pas de souci pour eux. Ou, au contraire, je me fais beaucoup de souci après avoir vu tant de - plus ou moins - copains aller se brûler les ailes dans les mathématiques financières avant la crise de 2008. 

Pour ceux qui y sont encore - ou qui en rêvent encore - j'imagine qu'il faudra plus qu'un article dans un petit blog confidentiel pour leur faire ouvrir les yeux sur les dégâts qu'ils causent partout. 

Revenons aux élèves généreux et portés par des rêves personnels, scientifiques ou humanistes... la prépa fait beaucoup de mal à ces rêves et beaucoup de mal à ces élèves. 


3. Des professeurs à la fois enseignants et bourreaux

Elle fait d'autant plus de mal que ce sont les mêmes enseignants pour lesquels ces élèves consciencieux étaient prêts à se démener les années précédentes qui sont porteurs d'un discours réducteur et cassant, ou simplement apporteurs de notes toujours "médiocres" dans le référentiel de l'année précédente où en-dessous de 14, on peut se dire assez sérieusement, qu'on est "à côté de la plaque". 

Faire table rase du passé. Dire que les maths, "on va tout reprendre depuis le début, parce que ce que vous avez fait jusque-là, ce n'est pas vraiment des maths". En faire jour, soir et parfois nuit, tous les jours, jour après jour, et même le week-end. Et même les vacances. Jusqu'à la nausée. C'est dommage. 

Les plus mathématiciens d'entre-eux n'accepteront d'ailleurs pas cette manière de détruire le raisonnement mathématiques par la vitesse, la quantité, et - osons le dire - le bourrage de crâne. 

Je me souviens très bien de l'accompagnement, toute l'année, de Youval, passionné de mathématiques, qui a tout fait pour aller jusqu'au bout de l'année et valider son inscription en L2 en maths. De l'année, il n'a pas eu le sentiment que la matière qu'il aimait lui était proposée en maths sup à Condorcet. Courir, se dépêcher, apprendre tout si possible, le plus vite possible. Quand lui avait besoin d'aller au bout du chapitre, d'en avoir une vision d'ensemble avant de commencer à comprendre, avant de commencer à pouvoir seulement apprendre. 

Tristesse


Alors continuez, les profs, à défendre votre système comme un super système d'excellence, continuez, l'Union des Professeurs de Spéciale à penser que c'est le lycée qui provoque un abaissement du niveau :

http://prepas.org/ups.php?article=846

Ce qui se passe, c'est que les élèves avertis devraient refuser de tenter le rouleau compresseur de la prépa.

Ce qui se passe, c'est que les élèves sensibles et créatifs devraient refuser de tenter le rouleau compresseur de la prépa.

Ce qui se passe aussi, c'est que les élèves portés par un rêve et par le goût des matières scientifiques ou littéraire ramassent les miettes du plaisir qu'ils avaient après l'essorage à 1600 tours qu'ils subissent parfois en prépas.

Je mets "parfois" par politesse. 

Albert Jacquard, depuis des années, proposait une critique des classes prépas sur la propension à mettre en valeur des personnes unidimensionnelles quand nous avons tant besoin d'ingénieurs, d'économistes et d'intellectuels à dimensions et curiosités multiples. 

Ceux qui traversent les classes prépas sans trop de dommage ne sont ni sensibles ni créatifs. Ils sont capables de travailler les matières essentielles pendant des journées entières sans regretter ni le temps qu'ils ne passent pas avec leur famille ou leurs amis, ni les activités sportives ou artistiques, ni même l'étude d'autres sujets qui peuvent les intéresser. 

 

Espoir

 

Ce qui me donne de l'espoir, c'est que les choses sont en train de changer. 
  • De plus en plus d'écoles recrutent de plus en plus d'élèves en dehors des classes prépas. 
  • De plus en plus d'écoles recrutent par d'autres systèmes de préparation, plus courts, comme les prépas ATS après un DUT. 
  • De plus en plus d'élèves refusent de passer par la case "prépa" que ce soit 
    • parce qu'ils ont vu un frère ou une soeur aînée s'y casser les dents, 
    • parce qu'ils ont compris en quelques jours à la rentrée que la prépa n'est pas faite pour eux ou simplement 
    • parce qu'ils "ne le sentent pas". 

     Et vous, vous en êtes où ?

    Avez-vous réussi à garder le goût de ce que vous aimiez ?
    Avez-vous réussi à garder confiance en vos projets, en vos rêves ?

    Bon courage !

    Gabriel

     

     



 

mercredi 11 janvier 2017

Que peut-on faire pour les élèves de prépa (le coaching)

Bonjour, 

Dans mon précédent article, je traite des cours particuliers auxquels font appel les élèves des classes préparatoires. Ce soir, je souhaite vous préciser pourquoi je préfère les outils du coaching professionnel ou scolaire pour accompagner les élèves des classes préparatoires. 

Dans la démarche des cours particuliers, un professeur plus ou moins compétent vient vous tenir la main et idéalement vous guider dans la résolution des exercices, sans les faire à votre place. 

Dans la posture de coaching, nous réfléchissons ensemble aux enjeux que vous rencontrez et nous explorons les solutions qui s'offrent à vous. Clarification, reformulation, effet miroir, le coach ne cherche pas à apporter des solutions toutes faites mais à construire la solution qui va vous convenir à vous. 

Ce qui est intéressant dans cette démarche, c'est que les solutions sont ensuite plus faciles à mettre en place puisque c'est vous qui les avez construites, choisies, validées. 

A l'inverse, j'entends de nombreux profs ou de nombreux parents m'expliquer ce qu'ils ont "conseillé" à l'élève de faire. J'en étais arrivé là, moi aussi, quand j'ai compris qu'il était temps de me remettre en question.

Avec la rentrée de janvier, vous êtes nombreux à m'appeler pour me demander de préciser ce que je peux proposer. Dans un premier temps, nous échangeons parents, élève et coach, sur la situation et les objectifs à atteindre. Ensuite je discute seul à seul par téléphone avec l'élève pour aller plus loin dans son ressenti et commencer à travailler sur les solutions. Pour terminer le premier rendez-vous, l'élève et les parents valident qu'ils sont intéressés par la démarche qu'ils viennent de découvrir et je confirme que je peux accompagner l'élève vers les objectifs fixés. J'annonce la durée que j'envisage pour atteindre les objectifs visés et les modalités du coaching en fonction de la situation qui m'a été présentée. 

Le rythme que je préfère est d'un rendez-vous tous les 15 jours. Dans des situations délicates, nous avons pu convenir qu'un rendez-vous hebdomadaire était plus approprié. 

Au vu du nombre croissant d'élèves que j'accompagne, j'essaie de voir avec vous si vous avez des disponibilités en journée pour ne pas passer toutes mes soirée en coaching. Les rendez-vous ont lieu par téléphone ou skype cette année puisque j'ai choisi d'installer toute ma famille en Auvergne, près des montagnes. 

Le coaching, c'est souvent la dernière option que l'on considère, après avoir essayé les autres possibilités. Quand vous prenez rendez-vous, on dit que "50% du travail est fait". C'est vrai qu'ensuite, les solutions peuvent être mises en places rapidement. Parfois ça prend un peu plus de temps. Ainsi, on arrête parfois le coaching au bout de 3 à 4 rendez-vous parce que la situation est rétablie. Si c'est nécessaire, on peut en faire 2 ou 3 de plus pour assurer la remontée des notes et l'accompagnement dans la durée vers la réussite. 

Ce qui est difficile pour moi, c'est quand les familles m'appellent alors que l'élève est à la limite du burn-out ou de la dépression. Les rendez-vous chez le psychiatre et les traitements anxiolytiques me semblent difficilement compatibles avec les études de haut niveau en prépas. Il semble que vous soyez quand même un certain nombre à "tenir le coup" grace à ces médicaments. Pour d'autres, c'est l'obligation d'une pause radicale pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois avant de vous sentir mieux et de vous reconstruire...

Et vous, vous en êtes où ?

Est-ce que vous êtes stressé(e) raisonnablement ou est-ce que vous sentez que vous aller craquer ?

Quand mes tantes voulaient me dissuader de faire 5/2 parce qu'elles disaient qu'il valait mieux une petite école que de "péter les plombs" avant les concours, j'avoue que ça a surtout touché mon égo et que j'ai foncé faire 5/2. Je mesure seulement aujourd'hui le risque dont elles parlaient. 

En ce qui concerne la 5/2, je disais à un élève ce soir que quand même, globalement, les élèves qui avaient fait 5/2 comme moi, je les trouvais "fatigués" une fois entrés en école...

Et vous, qu'en pensez-vous ? 

Moi, quand j'y pense, si c'était à refaire, je ne crois pas que je m'imposerais autant de stress et de souffrance pour apprendre un métier que je n'exerce pas ou peu... comme tant d'autres diplômés de grandes écoles...

Et vous, avez-vous fait les classes prépas ?
  • Si c'était à refaire, vous le referiez ?
  • Est-ce que vous faites le métier pour lequel vous avez autant trimé ?
  • Est-ce que vous le conseilleriez à vos amis ou à vos enfants ?
Je pense également à tous ces jeunes qui voient leur soeur ou leur frère aîné faire les classes prépas et qui décident, par ce qu'ils observent, qu'il est hors de question qu'ils y aillent !

Je pense aussi à tous ces gens qui ont fait une journée, une semaine ou trois mois en classes prépas avant de décider que ce n'est pas pour eux. Il semblerait que ce soient quand même 1 500 élèves chaque année... sur les 80 000 élèves des classes prépas...

Dans tous les cas, bon courage pour le mois de janvier et tous les autres...

Gabriel Brabant


mardi 10 janvier 2017

Que peut-on faire pour les élèves de prépa ? (les cours particuliers)

Bonjour, 

Que ce soit en tant que parent, proche ou coach, je m'interroge sur ce que l'on peut faire pour les élèves de prépa. 

Dans les dernières conversations avec les parents, nous avons évoqué la recherche de cours complémentaires en maths. Pour l'un, il ne trouvait pas vraiment de professeur au niveau recherché. Pour l'autre, l'élève de 3e année d'école de commerce ne répondait pas vraiment aux attentes de sa fille en prépa ECS. 

Je m'interroge depuis le démarrage de ce blog sur la question des cours particuliers en prépa. Ma réponse en 2009 était assez tranchée : je ne voyais pas comment c'était possible de prendre des cours particuliers en prépa. 

Il faut reconnaître que je restais dans cet esprit un peu "puriste" et un peu "maso" de la maths sup : tu galères mais c'est normal et tu ne peux compter que sur toi-même. 

Depuis, j'ai pris conscience que de très nombreux élèves font appel à des cours particuliers, s'inscrivent à des "coaching de maths" en petit groupe le samedi après-midi ou font un stage pendant les vacances. 

Quand je regarde la quantité d'offres et les démarches marketing et commerciales qui vont avec, j'ai parfois envie de passer mon chemin et d'aller faire autre chose. Je ne me reconnais pas dans ces approches. Pourtant, de manière très pragmatique, l'absence de mise en valeur de mon offre ne me permet pas de gagner assez d'argent pendant les périodes où je dédie tout mon temps à "Coaching Classes Prépas", ce qui fait que je suis "coincé" pour nourrir ma famille. Régulièrement, je suis retourné travailler comme salarié ou sur d'autres projets, tout en poursuivant Coaching Classes Prépas en parallèle d'une autre activité. 

Ces offres répondent à une demande. Je cite souvent Alain Ordronneau, expert en accompagnement des porteurs de projet et des créateurs d'entreprise : "le marché ce sont les cours de maths !"

Il faut reconnaître que c'est rassurant, pour beaucoup de parents, de pouvoir proposer un prof particulier en maths ou en physique à leur fils ou à leur fille qui se met à avoir des difficultés en prépa. Avec des enseignes comme Acadomia ou en passant en direct auprès d'étudiants de grandes écoles, on peut même trouver quelqu'un de compétent. 

Compétent ou pas, le prof particulier va pouvoir venir "tenir la main" de l'élève pour travailler les maths ou la physique le samedi après-midi ou le dimanche matin, des périodes où il peut être difficile de se mettre au travail. 

En ce qui me concerne, j'ai déjà raconté dans ce blog comment j'avais donné des cours de SI le dimanche matin à un élève de MP* de Janson de Sailly. En une année scolaire de dimanche matin, il avait pu reprendre pied dans une matière qu'il avait jusque là négligé parce que ce n'était pas sa priorité. Au départ il avait demandé un prof de maths. Mais qui peut être à la hauteur pour accompagner un élève de MP* en maths ? A part un prof de prépa en exercice, qui sera difficilement disponible le dimanche matin pour des cours particuliers...

Ce qui m'épate dans tout ça, ce sont les élèves qui voudraient un prof qui leur permette d'avoir la synthèse de 6 heures de cours de la semaine, chaque semaine et sur mesure. Si possible pour 50 euros...

Les élèves ont 6 à 8 heures de maths par semaine. Ils ont des exercices à préparer, des colles, des DS. Quel "prof" miracle peut leur faciliter l'apprentissage, d'un coup de baguette magique, de ces 6 heures de cours, chaque semaine ?

Dans les exemples que j'ai rencontrés, j'ai plutôt eu des témoignages de l'inverse. Après avoir "délégué" la recherche des exercices à un prof particulier qui les guide à chaque fois qu'ils bloquent sur l'exercice, certains élèves voient leurs notes chuter à l'écrit. 

En effet, notre prof de maths sup disait : Votre salut passe par la connaissance du cours et la RECHERCHE des exercices". 

Les élèves qui oublient de chercher et qui voudraient des solutions toutes prêtes ou qui se jettent sur les corrections dans leur livre ou sur internet pour tenter de les mémoriser, vont se trouver en difficulté lors du prochain DS. Devant leur copie, ils se retrouvent seuls pour chercher. Une démarche qu'ils ont tenté de s'épargner au maximum le reste de la semaine, sous le prétexte que ça semble leur prendre trop de temps. 

En ce qui me concerne, je commence à me faire à l'idée que proposer des cours de maths pourrait être une bonne idée. Par contre, au niveau demandé, j'imagine que le tarif horaire doit inciter l'élève à chercher le plus possible par lui-même et ne faire appel à son "soutien" qu'en dernier recours. 

J'imagine également qu'un bon prof particulier en prépa serait un prof qui ne fait rien. C'est-à-dire qu'il se contente d'obliger l'élève à faire des liens. 

"Quand vous lisez le sujet de cet exercice, est-ce que ça vous évoque un théorème, une propriété ?"

"A quelle partie du cours, cet exercice se rapporte-t-il ?"

"J'entends que vous bloquez sur la recherche de cet exercice, ce que je vous propose, c'est que vous en cherchiez un autre et que vous reveniez dessus plus tard, après une pause". 

  • Et vous, faites-vous appel à un prof particulier ? 
  • Est-ce que vous attendez de lui qu'il fasse les choses à votre place ? 
  • Espérez-vous qu'il soit capable de vous faire la synthèse du cours chaque semaine ? 
  • Est-ce plutôt une aide pour vous mettre au travail à un moment où vous ne seriez pas motivé ?

lundi 2 janvier 2017

Il faut sauver le soldat Prépa !

Bonjour, 

Depuis décembre 2008, je veux proposer de l'aide à travers ce blog pour les élèves de prépas qui en ont besoin. 

J'accompagne, de manière très confidentielle, 15 à 20 élèves par an, le plus souvent pour remonter la pente, prendre du recul et assurer le passage en deuxième année ou intégrer une école. 

C'est déjà "pas mal" et si je parlais un peu plus des résultats, sur un blog un peu plus professionnel, je pourrais peut-être vivre de cette activité, ce qui n'est largement pas le cas aujourd'hui. 



Mais il faut se rendre à l'évidence. Il faudrait pouvoir "Sauver le soldat prépa". 

C'est à dire que parfois, il faudrait pouvoir aller le chercher dans sa classe, le prendre par les bretelles et le sortir de là. 


La prépa, ce n'est pas fait pour tout le monde.


Il y a des gens, comme moi en 1997, qui se rendent compte que ce n'est pas fait pour eux. 


ET QUI Y RESTENT !

Ceux là, si on ne va pas les chercher, on va les ramasser à la petite cuillère. Bientôt. Ou plus tard. Ou juste ils auront perdu un peu d'eux-mêmes en chemin. 



Quand j'ai lu le blog "Stop Suicides et Dépression en prépas", j'ai cru que je tombais sur le témoignage d'une élève d'une vingtaine d'année qui venait de vivre l'expérience traumatisante qu'elle décrit, d'une tentative de suicide. En fait, il semble qu'il s'agisse de faits d'il y a plus de 15 ans.


Appel aux parents

Si vous voyez que vos enfants ne vont pas bien en prépas, ce n'est pas "normal" - ça crée les mêmes dégâts que s'ils n'étaient pas en train de préparer Centrale Paris. Il faut réagir. Parfois, il faut réagir vite. 

 

En tant que professionnel, je me suis retrouvé incapable d'accompagner : 

- un élève d'un lycée du nord de paris qui avait fait un burn-out en trois semaines à la rentrée. Sa vie était minutée à la seconde près. Il habitait dans une chambre en face du lycée. Sa douche durait 3 minutes. Son petit-déj 7 minutes. Toute sa journée était chronométrée. Il avait déjà vécu un échec du même type sur plusieurs lors de la préparation d'une discipline sportive qui lui aurait permis d'allers vers les JO. Avec les maths, quelques années plus tard, il revivait le même phénomène, raccourci sur quelques semaines seulement

- un élève en littéraire dans un prestigieux lycée du quartier latin. Nous avions passé près de 2h30 à discuter de sa situation et de ce qu'il pouvait faire pour commencer à améliorer les choses. Ça faisait déjà une heure de plus qu'un séance habituelle. J'avais remarqué qu'il avait tendance à revenir au point de départ à intervalles réguliers et je pensais avoir réussi à l'accrocher sur un point précis et quelques actions simplissimes à mettre en place... quand il repris la conversation au départ comme si nous venions de nous rencontrer... J'ai su que je ne pourrais rien faire. 

- un élève pour lequel sa mère me demandait un rendez-vous pour préparer les concours alors qu'on venait de lui diagnostiquer un burn-out. Je sais que dans ce cas, ce n'est pas possible et qu'il faudra attendre tout le temps de la reconstruction. Il est allé à la première épreuve. Au bout de quelques minutes il s'est levé et il est rentré chez lui. J'aurais tellement aimé qu'on lui épargne au moins ça.


S'il y a un élève dans votre classe qui risque d'en arriver là, vous avez le droit de le dénoncer. Aidez-le. Obligez-le à trouver de l'aide. Ne faites pas celui ou celle qui ne voit pas. Faites quelque chose !

 

Pour trouver des témoignages et articles : 

En prépa :


Après, à l'ENS : 


Est-ce qu'on imagine, qu'à Centrale Paris, il y a besoin de se remonter le moral ? :

 

Et si c'est vous qui êtes concerné directement, n'hésitez pas à vous manifester pour mettre en place de l'aide ou un accompagnement ou identifier les bonnes solutions. 


Il faut sauver le soldat prépa !