vendredi 22 septembre 2017

Est-ce que c'est grave, les classes prépas ?

Ce matin, j'ai envie de me demander si c'est grave de faire les classes prépas.

Je vous propose d'y réfléchir selon mon plan classique de philo et/ou de "lettres" en terminale puis en prépas : 
  • d'un certain point de vue, plutôt oui
  • d'un autre côté, pas trop
  • finalement, et en prenant de la hauteur, on se rend compte que c'est bien plus complexe et nuancé que ça. 
Déjà, avec ce plan, vous avez un éclairage concernant les éternels débats sur les classes prépas. 

A chaque fois que quelqu'un critique, vous avez un ancien élève pour témoigner que "ce n'était pas si terrible que ça". 

A chaque fois qu'un prof en fait l'apologie ou cherche à recruter pour les classes prépas, il y a quelqu'un pour témoigner de ne "surtout pas y aller, c'est l'enfer". 

Rien qu'avec ce plan de quelques lignes, vous savez qu'il va falloir aller plus loin pour avoir des éléments de réponses.  

Je me lance. 

Les classes prépas peuvent détruire votre vie, ou au moins votre confiance en vous

J'ai témoigné à plusieurs reprises dans ce blog que les classes prépas ne sont pas bonnes pour tout le monde. Dans cet article du mois de juin au titre volontairement provocateur, je recommandais aux élèves doués de s'abstenir de faire les classes prépas : Si vous êtes doués, ne faites pas les classes prépas !

Le "pitch" de ce blog repose sur le constat que parmi 40 "premiers de la classe" qui se retrouvent en prépa, celui qui est 40e (mais pas seulement lui, les 20 derniers peuvent être concernés !) ne le vit pas forcément bien. Il le vit même parfois comme une "claque" insupportable. 

J'ai également découvert ce blog publié cette année :

http://prepasuicide.over-blog.com

Mais je ne pourrais pas me contenter de citer d'autres articles ou d'autres blog pour répondre à la question. Qu'est-ce qui fait que la prépa c'est grave ?

A mon avis, la prépa est l'aboutissement d'un système scolaire qui met en place la compétition. Sans un parcours de plus de 11 ans d'école primaire, collège et lycée mettant en valeur l'effort, le travail et les notes sanctionnant le travail des uns (et la paresse des autres, bien sûr !) il ne serait pas possible d'imaginer des jeunes de 17 à 20 ans décider souvent de leur plein gré (Freud nous dirait que le "sur-moi" du parent ou de la société est intériorisé depuis bien longtemps) de ne faire plus que travailler. 

Oh, il y a bien sûr des contre-exemples. Vous les trouverez également cité dans ce blog : ces élèves doués - et en plus conscient du danger - qui gardent leurs activités sportives, musicales ou leurs rencontres amicales malgré les classes prépas. 

Dans cette partie de ma réflexion, c'est bien ceux pour qui ça peut devenir grave qui m'intéressent. Les Gabriel de 1997. Ceux qui écoutent le dieu-prof-de-maths-prof-principal leur expliquer que le sport ne sert à rien et que c'est une perte de temps. Ceux qui mettront ensuite 2 ans à retrouver un équilibre en ayant changé de lycée et en pouvant faire du foot le samedi après le DS, faire du volley à la pause déjeuner et aller courir dans le Parc de Sceaux à chaque fois que la pression sera trop forte. 

Je pense aussi à ceux qui restent seuls. Parce qu'en prépa, on est soudain très seul dans le groupe. Chacun pour soi. Ceux qui commencent à couler coulent tout seul. C'est bien plus gratifiant de passer du temps avec ceux qui réussissent pour trouver les miettes de leur réussite que d'aider ceux qui sont en difficulté. 

Je ne parle pas de ceux qui trouvent la ressource de travailler en binôme, d'être à l'internat avec une bande de copains pour dîner et organisent des vacances "révision" chez l'un, chez l'autre ou dans un carmel qui les accueillera avec des étudiants de médecine, de droit... pour les révisions des vacances de Pâques.

Je parle de ces élèves qui rentrent chez eux après une journée dans le même lycée que l'année précédente. Pendant l'année de terminale, tout se passait plutôt bien, l'horizon du bac était un défi serein, la tension palpable consistait à savoir comment réviser au mieux pour atteindre la meilleure mention. 

Partis le matin à vélo, à pied ou en bus, ils rentrent chez eux retrouver leurs parents et leurs frères et sœurs qui ne comprennent pas ce qui leur arrive. L'environnement familial imagine mal la rupture de rythme. La tension nerveuse de 6 à 8 heures de cours passées à tenter de comprendre, tenter de suivre, faire au mieux pour tout noter, tout ce qui va beaucoup trop vite pour que ce soit confortable. 

Et quand l'élève tente de s'ouvrir à ses parents, ils se voudront rassurants. "Ne t"inquiète pas, ça va aller mon chéri". Ou pas. 

Pour certains frères ou soeurs, ce qui est en train de se passer est tout à fait perceptible. J'ai noté de nombreux "deuxième" de la famille qui choississent de ne pas faire prépa après avoir vu un frère ou une soeur aîné "galérer". 

De ce point de vue-là, les classes prépas, c'est grave. C'est grave pour ceux qui ne viennent qu'une semaine. C'est plus grave pour ceux qui s'accrochent quatre mois ou toute une année pour finalement décrocher. C'est plus grave encore pour ceux qui vont au bout, qui prennent le mur, qui recommencent et qui obtiennent ensuite des écoles pas du tout à la hauteur des attentes démesurées créées par les sacrifices faits en leur nom. 

On est presque dans le domaine du religieux dans cette dernière phrase. Ca fait partie de ce qui est grave. Dans le champ des études ou de la vie professionnelle, RIEN, à mes yeux, ne mérite de sacrifier sa vie. 

On entend souvent ce discours autour du sacrifice de 2 ans pour un avenir meilleur. J'ai vu trop d'élèves abîmés dans la durée pour penser que l'on puisse dire cela avec légèreté. Ne sacrifiez pas votre vie. N'arrêtez pas le sport. N'arrêtez pas la musique. Continuez à voir vos amis et votre famille. Restez chez vous plutôt que d'aller vivre dans une chambre seul le calvaire de l'épuisement et de la mal-bouffe au nom d'un avenir meilleur. 

A quel sportif on dirait de s'isoler, de mal manger, de peu dormir, de se mettre en difficulté voire en souffrance avant les Jeux Olympiques. Aller au delà de soi-même, oui, mais en restant au meilleur de sa forme ! Apprendre plus qu'on ne l'aurait imaginé, oui, mais pas au point de se perdre et de faire une dépression, un burn-out ou de perdre totalement confiance en soi. 

Alors pour certains, oui, faire les classes prépas c'est grave, ce qui leur arrive devient un événement traumatique qui marquera leur vie pour longtemps. Quand je parle de ce blog dans une assemblée de quelques personnes, il y en a toujours un pour réagir : 
"Ah, oui, mon frère, ma soeur, mon cousin... a fait une prépa et il a vécu ça"

Mais par ailleurs, faire les classes prépas, ce n'est pas grave

Pour beaucoup d'élèves, les classes prépas se sont heureusement pas un événement traumatique. 

Il y a ceux qui choisissent une prépa dans laquelle ils auront un niveau "moyen" et ça leur va bien. J'ai toujours une petite pensée pour Vincent quand j'écris ça, et son choix de faire Jacques Decours, à la cool...

Il y a ceux qui choisissent de ne pas faire de classe étoile et ça leur va bien. Pour cet exemple, je pense à Didier qui a passé l'année de sup à faire du basket et pour qui il n'était pas question d'aller chez les fous de MP*...

Même pour ceux qui souffrent en prépa, ça peut être vécu comme un rite initiatique. Le fameux "sacrifice" dont je parlais plus haut. Ils font cet investissement qui leur permet de faire ensuite partie de "l'élite". 

Pour un certain nombre d'élèves, être en prépa au lycée Pothier à Orléans, c'est déjà faire partie de l'élite. J'avoue que j'étais déjà dans un décalage par rapport à cette idée que je trouvais tout à fait prétentieuse (ce qui n'a pas changé de mon côté).

Finalement, pour que ce que l'on vit en prépa puisse être un problème, il faut être au minimum un peu sensible, émotif ou dans le doute. Si vous avez une confiance en vous à toute épreuve, êtes insensible aux critiques (les nuls dont le prof parle, ce sont les autres) et que vous aimez la compétition, les classes prépas sont faites pour vous. 

Pour aller plus loin, même pour un "p'tit gars comme moi", les classes prépas ce n'est pas grave. C'est un matériau pour la suite. Je peux me réconcilier avec ces années qui font désormais partie de moi et qui font de moi un coach "exceptionnel" ou "extra-ordinaire" - au sens strict de "qui sort de l'ordinaire" pour accompagner les élèves des classes prépas dans ce qu'ils vivent. 

Et en plus c'est merveilleux, parce que dans le même temps "je me répare" comme le dit Christophe André à propos des psychiatres dans "La Bande Originale" cette semaine, quand on lui demande pourquoi il a choisi d'être psychiatre.

Là, je regarde l'équilibre des deux parties de ma dissert' et je me dis que ce n'est pas très équilibré, mais je vais quand même passer à la troisième partie puisque c'est déjà ce que je suis en train d'évoquer. 

Les classes prépas, c'est bien plus compliqué que ça

Le plan sur lequel on peut imaginer que l'enjeu des classes prépas dépasse celui de savoir si c'est grave ou pas, c'est celui du développement personnel et du dépassement de soi. 

Le problème à mes yeux, c'est que ce n'est pas ce qui est évalué ni ce qui est déclaré. 

En effet, à enseignant et sujets égaux dans une classe, les résultats au DS n'ont rien à voir avec un éventuel dépassement de soi. Notre copain Jérôme est arrivé et a survolé la classe de sup du début jusqu'à la fin, sans autre mérite que d'être plus fort que nous. 

Il est resté concentré, rigoureux, consciencieux... et tout ce qu'on voudra... mais nous n'avons pas la preuve qu'à aucun moment il n'ait été dans le dépassement de lui-même. En tout cas, pas cette année-là. Peut-être l'année suivante ? 

De la même manière, et à l'autre bout du scope, un élève qui décroche et qui souffre n'est plus dans le dépassement de lui-même. Dans l'émission "Grand bien vous fasse", Olivier Houdé parle de la "zone proximale de progression". Pour certains, on en est loin et ce qu'on voudrait "idéal" pour apprendre le plus possible et le mieux possible est tout à fait manqué. 


Pour moi, une chose est sûre, les classes prépas ont été le démarrage et/ou l'aboutissement de mon incapacité à m'adapter à un "système". Elles ont été également la dernière fois, dans ma vie "professionnelle", où je me suis dit "ça vaut la peine de patienter, ce sera mieux après". 

De ce point de vue-là, elles m'ont à la fois rendu complètement inapte à supporter le travail inutile en entreprise et m'ont régulièrement fait gagner un temps précieux pour me rapprocher de ce qui pouvait avoir du sens pour moi. 

Les "bullshit" jobs dont on entend parler maintenant, je n'ai pas su - ni pu - les supporter plus que quelques semaines ou quelques mois quand j'avais vraiment besoin de revenus ou de me "prouver" une nouvelle fois quelque chose. Du coup, il faut reconnaître que la vie en entreprise ne me convient pas comme j'ai pu en témoigner ici, dans un article du début du mois que j'hésitais à supprimer parce que je le trouvais peut-être "hors sujet".

Quand j'ai voulu démissionner de mon premier job de "cadre" ou "d'ingénieur" au bout d'un mois dans le "conseil en stratégie marketing dans les assurances", le président a refusé disant que c'était trop tôt. 6 semaines plus tard il se rendait à l'évidence que "je ne serais pas heureux ici". 

Quand dix ans plus tard le président du directoire de Ponts Formation Conseil m'a recruté comme Chef de Projet formation (entendez Responsable commercial) sur les formations sur "les routes" alors que je travaillais comme coach et sur les sujets de développement personnel, développement professionnel et management d'équipe depuis déjà 5 ans... je n'ai pas "su" ou pas "pu" attendre les trois ou cinq ans qui m'auraient sans doute permis de rejoindre l'équipe en charge des formations sur le management... dans une structure avec une culture d'entreprise (anciennement) publique où le temps peut être long, voire très long... J'ai tenu trois mois avant de chercher autre chose. 

Bon, il faut dire qu'il y avait également une culture de pression et de harcèlement du président sur les directrices et des directrices sur les collègues qui m'a semblé insupportable, à moi, éponge émotionnelle de ce qui se passe autour... 
A ce titre, les directrices et comme le président du directoire se sont fait débarquer de l'entreprise dans les six mois qui ont suivi. 
Est-ce que sans l'expérience des classes prépas, j'aurais pris "mon mal en patience" pour garder le poste et attendre que ça s'améliore autour ?
Je n'ai plus aucune "patience". Je pars du principe que si ça ne va pas aujourd'hui, ça n'ira pas non plus demain et qu'il est déjà temps de faire quelque chose pour que ça change !


Conclusion - Ne pas rester seul à souffrir


J'arrive ici à la conclusion à laquelle je ne m'attendais pas mais qui prend tout son sens : le plus important est peut-être de ne pas rester à souffrir seul dans une situation, quelle qu'elle soit. 

Je me suis posé la question, il y a quelques années, pour savoir si faire appel à une psychologue, ce n'était pas prendre le risque de faire durer une situation qui ne nous convient pas plus longtemps, parce qu'on y est aidé. 

Ce qui me vient aujourd'hui, c'est peut-être que la psychologue permet de retrouver des forces, de retrouver ses moyens, soit de poursuivre dans ce qu'on a entrepris, parce qu'on fait le choix d'aller au bout, soit d'avoir l'énergie nécessaire pour changer les choses. 

De la même manière, on me demande souvent si j'aide les élèves à arrêter les classes prépas. La plupart du temps, vous n'avez pas besoin de moi pour arrêter les classes prépas. Vous arrêtez et puis "c'est tout". Ceux qui font appel à un coach, c'est le plus souvent pour trouver des solutions pour continuer et pour réussir. 

Parfois, tout de même, en posant les choses, en réfléchissant à tête reposée, en prenant du recul, ça devient une évidence que vous voulez faire autre chose. L'un choisit de rentrer chez lui et de faire les études qu'il n'osait pas. L'autre entre en école d'ingénieur à prépa intégrée en février ou à Pâques parce qu'après 15 jours de vacances où il pensait se remettre en selle, il rend "copie blanche" au DS de physique...

La vie est plus forte que nous.
La vie en nous, est plus forte que les classes prépas ou que l'entreprise.

Si vous avez un doute, vous pouvez lire ou relire Le prophète de Khalil Gibran, le Petit Sauvage, d'Alexandre Jardin, ou votre collection de Lucky Luke ;-)


 






jeudi 7 septembre 2017

Pourquoi c'est bien de faire une prépa (malgré tout)

Lycée Lakanal

Bonjour,

S'il y a une bonne raison de faire les classes prépas, c'est bien le fait que c'est le seul moment pour le faire.

Ce n'est pas dix ans plus tard que vous reprendrez ce type d'études. Vous pourrez démarrer une reconversion à la permaculture (j'adore) ou faire un MBA pour tenter de doubler votre salaire en assurant la direction de la division d'un grand groupe (beurk), mais pas prendre deux ans pour faire des sciences fondamentales ou des lettres classiques. Enfin pas avec l'émulation de la prépa.

C'est surement tant mieux, pour plein de raisons évoquées dans ce blog. De toutes façons, avec une vie de couple et/ou des enfants, vous auriez plus de mal à travailler de 8h à 23h tous les jours avec quelques pauses "minimalistes" pour manger.

Parfois, certains ont l'impression de faire de grands sacrifices pour préparer un MBA : ils travaillent le soir ! Waouh !

Il faut reconnaître que ma plus grande déception en arrivant en école d'ingénieurs, c'est que je n'avais plus l'impression de faire des sciences. De la techno, un peu. Du bidouillage, parfois. Mais des sciences, non. Ni avec les amphis de 4 heures sur la jonction PN en "CMS" = le nom de l'électronique à l'école ENST Bretagne en 2000, ni avec les cours de traitement du signal sur la transformation de Fourrier.

A cela se sont ajoutés les cours de Java (beurk forever) et de gestion d'entreprise (du pipo après trois années de maths et de physique en prépa, mais des éléments intéressants bien que ne correspondant que de manière très lointaine à la réalité des entreprises pour lesquelles j'ai travaillé ensuite).

La plus grande déception en arrivant en entreprise, c'est qu'il n'y a plus d'occasion de réfléchir. De penser. D'apprendre, même. 

Commercial : passer des coups de téléphone, obtenir un rendez-vous, présenter son offre, tenter de convaincre. 
Ingénieur d'Affaires Grands Comptes : le même que précédemment, mais pour proposer des ingénieurs-consultants à une grande entreprise de télécom. 
Ingénieur Avant-Vente : connaître sur le bout des doigts les propriétés du logiciel proposé, savoir répondre aux questions techniques du client.
Ingénieur Informatique : Savoir installer ou paramétrer le logiciel chez le client. 
Ingénieur Assistant à Maîtrise d'Ouvrage : Faire la même chose en mieux pour un logiciel qui coute plus cher pour les clients d' une grande banque. 
Consultant en stratégie marketing : choisir le bon bleu ciel de la charte graphique pour le powerpoint de présentation de idées du patron, soutenues par des chiffres trouvés sur internet la veille. Attention, ne pas prendre le bleu ciel d'à côté, ça n'ira pas. 

Aller, j'ai triché !

Il y a plusieurs moments dans ma vie professionnelle où j'ai dû mettre mon cerveau en route. 

La premier, c'est le moment où j'ai rejoint un "family office" pour faire de l'analyse de fonds d'investissements. Avec l'aide du banquier de Natexis, j'ai appris à calculer les alpha, beta, ratio de Sharpe et d'information et ainsi procéder à l'analyse quantitative de fonds actions US.

Le deuxième, c'est quand j'ai rejoint Ponts Formation Conseil - la formation continue de l'école des Ponts ParisTech - et que je me suis invité à toutes les formations que j'étais censé commercialiser : formations au management et la gestion de projets complexes pour les Chefs d'agence routière ou les Directeurs des routes des départements. Formations passionnantes autant par le contenu proposé suite à des expériences professionnelles riches que par la qualité des participants et des interactions entre-eux.

Pour le reste, j'ai appris des choses quand j'ai choisi moi-même de me former. A l'analyse transactionnelle. Au coaching. Plus récemment, à la permaculture ou aux pédagogies alternatives. 

Pour le reste, je vous invite à lire mon article du mois d'août 2017 : nous n'apprenons jamais aussi bien que quand c'est ce que nous avons choisi d'apprendre !

Revenons au sujet de départ de cet article. Si vous êtes passionné de sciences, de lettres, d'économie ou de biologie, c'est le moment de prendre 1, 2 ou 3 ans pour apprendre tout ce qu'il y a à apprendre. Si vous avez de la chance et que vous vous passionnez pour le contenu des études en école ou dans la filière universitaire que vous avez choisie, vous pourrez même continuer si vous le souhaitez. 

Une fois que la vie professionnelle a démarré, vous aurez peut-être la chance de choisir un secteur d'activité qui vous intéresse, un boulot dans le champ de vos passions. Mais ça me semble assez rare. 

Même un passionné d'informatique qui rejoint une entreprise d'informatique peut avoir rapidement fait le tour de ce qu'on attend de lui dans son poste. Heureusement, l'informatique évolue tous les jours et il pourra continuer de se passionner pour son sujet, mais à condition de faire preuve de curiosité et de rester ouvert sur le reste du monde. 

Entre nous, c'est pour cette raison-même que ce n'était pas possible pour moi de travailler dans ce secteur : depuis le début ça ne m'intéressait pas et il aurait fallu se remettre à jour en permanence pour être satisfait de mon niveau de connaissance. 

En coaching, en psychologie ou en neuro-sciences, par contre, je trouve que chaque nouvelle avancée est passionnante et ouvre de nouveaux champs d'exploration. 

Pour terminer cet article, je voudrais évoquer le message de Claire, une cousine sur Facebook : 



Je n'ai pas retrouvé, depuis la prépa, le niveau d'engagement des élèves (et des profs dans une certaine mesure) dans ces classes. Même l'école d'ingé était encore un univers particulier pour la qualité des élèves qu'on y croisait. 

Le monde de l'entreprise, c'est le monde de l'approximation. Le membre de l'équipe "qui ne fait pas de vagues" (mais qui ne fait pas non plus son boulot) sera promu "chef d'équipe" au sein du département Connexis de BNP Paribas parce que son propre chef n'était pas plus compétent que lui... quand ce sera identifié pour le n+2 et qu'il se fera dégager, le n+1 restera en place...

Le monde de l'entreprise, c'est loin d'être le paradis pour les "premiers de la classe". Consciencieux, travailleur et discret, ce n'est pas adapté. Il faut "Faire" et "Faire savoir". L'ingénieur, de base, ce n'est pas celui qui passe plus de temps à "faire savoir". Pour la plupart d'entre-eux, le travail bien fait devrait suffire à être reconnu. 

A l'inverse, celui qui ne fait pas grand chose mais fait beaucoup de bruit à s'approprier le travail des autres arrivera mieux à tirer son épingle du jeu. 

De mon côté, je ne sais pas être calculateur. Je suis moi-même. Je suis émotif. Je ne supporte pas l'injustice. Je suis capable de me mettre en avant pour prendre la défense du groupe. Syndicaliste, au mieux. L'homme à abattre, souvent. 

Ces lignes évoquent le monde du travail et l'accompagnement que je peux proposer de "Coaching Pro" en plus de Coaching Classes Prépas que je fais depuis plusieurs années. N'hésitez pas à prendre contact si vous voulez pouvoir discuter de ce que vous vivez en entreprise...

L'objet initial de cet article était donc de vous dire que si vous avez envie de faire les classes prépas - ou que vous êtes en train de les faire - ça tombe bien : c'est le bon moment pour le faire, parce que c'est le seul ! 

Et puis si c'est trop la galère, il sera toujours temps, soit de vous faire aider, soit de vous enfuir !

Good luck !

Gabriel


mardi 5 septembre 2017

La rentrée



Bonjour,

Bon courage pour la rentrée !

Comment faire pour que votre rentrée se passe le mieux possible ?

Vous seul le savez. Ce qui est essentiel, c'est de vous concentrer sur ce qui marche pour vous et éviter de tomber dans les pièges classiques de la prépa.  

Piège 1 : Travailler tout le temps

La tentation est forte de travailler tout le temps. Motivé, prêt à tout pour y arriver, vous vous dites que vous allez tout faire pour réussir. Supprimer le sport, les écrans, les amis, travailler tout le temps et avoir Normale Sup, Centrale Paris ou Polytechnique l'année prochaine.

Dans l'idée, ça peut marcher et c'est un peu le principe de la prépa.

Simplement, à vouloir minuter votre temps sous la douche et la durée du petit déjeuner tout en ayant pris une chambre en face du lycée, voire à l'internat, pour ne pas perdre de temps pour les trajets, puis ne plus voir personne même le week-end pour être "le plus fort" vous risquez soit le burn-out en trois semaine, soit l'épuisement à petit feu.

Pour les métaphores sportives, pensez plutôt à la préparation d'un marathon à celle d'un sprint ! Et même si vous préparez un sprint, il s'agit... de la préparation. Le concours c'est seulement dans 18 mois ou dans 6 mois !

Aucun champion n'a préparé un sprint en se mettant à courir comme un fou pendant un an avant l'épreuve !

Ce qui va marcher, c'est
  • Être capable d'organiser votre temps 
  • Savoir gérer vos efforts
  • Connaître vos meilleurs modes d'apprentissage
  • Travailler sur le long terme
  • Vous faire aider quand c'est utile


Solution 1 : Organiser son temps

1) Dormir suffisamment 

Ni trop, ni trop peu. Vous voulez avancer, vous voulez réussir, vous êtes en pleine forme et ça tombe bien. Le soir, vous vous sentez concentré(e) et efficace et vous en profitez pour travailler tard. Je peux le comprendre. Il faut savoir récupérer ce temps de sommeil qui vous manque un peu plus tard dans la semaine.

Ca peut être le lendemain par une petite sieste si le cadre s'y prête (internat, logement tout proche), ça peut être le week-end si besoin.

Une chose est sûre, si vous prenez un rythme de sommeil qui n'est pas suffisant, les premiers symptômes vont apparaître rapidement et le temps que vous aurez cru "gagner" par votre travail supplémentaire, sera perdu très largement.

Les effets du manque de sommeil :
- manque de concentration
- difficulté à réfléchir pour comprendre le cours ou chercher les exercices
- difficulté à mémoriser

Un bon sommeil permet au contraire :
- d'être le plus attentif possible en cours pour gagner le plus de temps à ce moment-là
- d'être concentré pour comprendre "du premier coup"
- d'être en pleine forme pour chercher les exercices
- une meilleure mémorisation, en particulier à long terme

2) Organiser son temps de travail

Organiser son temps de travail, ça consiste surtout à organiser ses temps de pause. Puisque votre but, c'est de travailler tout le temps, par défaut, vous êtes en train de travailler.

A quel moment vous prenez une pause pour vous ressourcer et reprendre votre travail en pleine forme ?
A quel moment vous allez faire du sport pour vous aérer le corps et l'esprit et reprendre votre travail en pleine forme ?
A quel moment vous allez voir vos amis ou votre famille pour faire le plein d'affection et de bien-être pour reprendre votre travail en pleine forme ?

Bon, enfin, vous n'êtes pas obligé de me croire. Il y a plein de super-élèves-de-prépas, chaque année, qui sacrifient tout pour être plus fort que les autres et qui y arrivent.

Mais quand vous les regarderez de plus prêt, ces "super héros de la prépas", ils n'ont pas tout sacrifié pour réussir. Ils ont plutôt "survolé" la prépa. C'est à dire qu'ils sont tellement "faits pour ça", "cablés prépas",  cablés pour les maths, la physique, la philo, le latin ou l'éco, qu'ils ont simplement continué à être eux-mêmes dans leurs apprentissages et ils ont réussi.

Ce que la plupart d'entre-vous a vécu pour le collège et le lycée, en fait. Les uns écoutent très bien en classe et ça leur suffit pour comprendre et retenir, les autres travaillent très régulièrement et réussissent.

On ne devient pas un génie en prépa en se mettant à travailler tout le temps, sans organisation et sans efficacité. Si vos périodes de travail deviennent des périodes infinies de temps passé à votre bureau sans produire grand chose, il est temps de revoir votre organisation.

Et si vous commenciez par décider de priorités ?

  • Par quoi je commence ?
  • Si je ne faisais qu'une seule chose qu'est-ce que ce serait ?
  • Qu'est-ce que j'aurais envie de travailler pour retrouver de l'énergie pour le reste ?
  • Quels sont mes atouts, mes points forts, ce qui me permettra de faire la différence au concours ?
  • Qui peut m'aider pour mes points faibles, pour éviter qu'ils ne me prennent toute mon énergie ou me découragent ?

Solutions 2 : Savoir gérer vos efforts

Vous devez être en pleine forme pour la colle ou pour le DS. En aucun cas vous ne serez performant(e) après une nuit blanche pour réviser. Même si vous réussissez le DS révisé "à l'arrache", combien ça va vous coûter pour la suite ?

Est-ce que vous aurez perdu le week-end suivant parce que vous le passerez à récupérer ?
Est-ce que la semaine suivante vous vous sentirez fatigué(e) sans trop savoir pourquoi ?
Est-ce que vous ferez la même chose la veille des concours ?

En fait, vous pouvez faire des nuits blanches pour travailler, c'est votre droit et si ça marche pour vous, tant mieux. De manière générale, ça ne semble simplement pas faisable dans la durée pour la plupart des élèves.

Au démarrage de ce blog, je citais la recommandation des classes prépas du Lycée Sainte Geneviève à Versailles de NE PAS RÉVISER les colles et les DS. Ca semble d'ailleurs être toujours le cas, on le retrouve dans ce témoignage de janvier 2017 :

Mon avis sur Ginette: «La prépa était devenue ma deuxième maison» par Aude Bariety - le Figaro Etudiant


L'apprentissage doit se faire au fur et à mesure. La colle et le DS viennent indiquer la qualité de votre apprentissage ensuite. Ils sont un outil, un témoin de là où vous en êtes.

Sans réviser, vous vérifiez l'état de vos acquis et de votre compréhension à long terme. En révisant la veille vous activez votre mémoire à court terme et heureusement ça va vous permettre d'apprendre pour le long terme, mais vous avez souvent "trois semaines de retard".

 

Solutions 3 : Connaître vos meilleurs modes d'apprentissage

Pour mieux gérer vos efforts, sachez identifier vos manières d'apprendre les plus fluides. Ça peut paraître un peu fou en prépas, mais j'ai envie de vous demander :

- qu'est-ce qui vous fait plaisir ?
- où êtes-vous installé le plus confortablement pour apprendre ? 
// est-ce vraiment à votre bureau ou plutôt dans un canapé ou même dans votre lit ? //
- avez-vous parfois besoin de sortir pour apprendre une leçon au calme ?
- allez-vous parfois vous promenez quand vous bloquez sur un exercice de maths ou une problématique de philo ?


Avez-vous identifié si vous aviez une mémoire auditive, visuelle ou kinesthésique (du mouvement) ? 

Si vous avez une mémoire auditive, faites attention à ne pas prendre toute votre attention pour recopier le tableau alors que vous auriez besoin d'écouter les explications du prof, non seulement pour comprendre mais surtout pour retenir...

Si vous avez une mémoire visuelle ou kinesthésique, vous avez peut-être toujours fait des fiches. En prépas, recopier le cours une deuxième fois sous forme de fiche nécessite une rigueur et une régularité impressionnante. Sachez vraiment mettre sur votre fiche l'essentiel ou faites tout pour que votre cours soit "réussi" et "visuel" du premier coup. 

Notre prof de sup nous imposait certains codes dans la prise de notes, pour les théorèmes et les définitions, pour les retrouver tout de suite dans un cours beaucoup trop long de manière générale. 

J'ai toujours appris les démonstrations en les refaisant. Vous pouvez la recopier si besoin une première fois, ensuite, au lieu de votre mémoire, c'est vraiment votre compréhension de l'articulation des arguments qui vous permettra de la retenir pour longtemps. Il vaut donc mieux tenter de la refaire après l'avoir bien comprise...

A ce sujet, je vous invite à relire la section "J'ai cherché à comprendre les maths" de mon article précédent.

Solution 4 : Travaillez pour le long terme / Faites-vous aider quand c'est utile

Pour reprendre les choses sur le très long terme : est-ce que les classes prépas que vous avez choisies vous emmènent vers les métiers ou les secteurs d'activités qui vous intéressent ?

Sinon, un bon conseil, changez-en, rapidement !

Pour prendre les choses sur le long terme : les bonnes pratiques des classes prépas deviennent des bonnes pratiques quand elles vous permettent non seulement de réussir au jour le jour mais également le jour des concours écrits, puis des oraux encore trois à quatre mois plus tard. 

Il n'est donc pas question de vouloir bluffer. Réussir toute l'année pour se planter au concours n'a aucun intérêt. Être moyen toute l'année et réussir les concours au-delà de toute espérance, c'est plus intéressant. 

Je ne crois pas aux solutions magiques même s'il y a tous les ans des auteurs pour vendre du rêve. Au cours de mes années d'accompagnement, je relève quelques grands principes : 

  • travailler ses points forts rapporte plus que de travailler ses points faibles : 
    • commencez donc par choisir une classe prépa qui corresponde à vos points forts !
    • continuez en choisissant dans ces classes prépas, les options ou filières qui vous correspondent le mieux
    • travaillez régulièrement ce que vous aimez le mieux
    • dans ce que vous aimez moins, travaillez ce que vous aimez le mieux
    • dans un sujet de DS, faites évidemment - mais ce n'est pourtant pas toujours le cas ! - les exercices qui vous semblent les plus faciles en premier ! // vous êtes en temps toujours trop limité et vous n'aurez jamais le temps de faire ce que vous laissez pour la fin //
  • aller bien / être en pleine forme rapporte plus que de travailler trop
    • il va falloir vous organiser 
    • définir des priorités 
    • accepter de ne pas tout faire
    • Ca vous permettra d'être efficace 
    • de faire l'essentiel 
    • d'être précis dans vos apprentissages
    • d'avoir de bons résultats
  •  la coopération l'emporte sur la compétition
    • vous pouvez être en compétition avec le reste du monde, mais soyez en coopération avec les élèves qui vous entourent
    • soyez prêt à les aider
    • soyez prêt à vous faire aider
    • pensez à travailler en binôme
    • pensez à partir en vacances ensemble pour travailler
  • Tout cela n'est pas si grave qu'on le dit
    • si vraiment ça ne va pas, il y a d'autres manières d'accéder au métier ou à l'école que vous voulez que les classes prépas
    • si ça ne va pas trop mais que vous "tenez le coup", l'essentiel, c'est d'aller au bout, il y aura de la place pour tout le monde, 
      • peut-être pas à Normale Sup, mais au moins à l'université pour préparer l'agrégation ou le capes, 
      • peut-être pas à Polytechnique ou HEC mais dans les très nombreuses écoles d'ingénieurs ou de commerce qui auront ensuite des partenariats pour une école plus prestigieuse, des parcours à l'étranger ou des entreprises où vous auriez envie de travailler...
N'hésitez pas à témoigner dans les commentaires de vos stratégies à vous pour une meilleure rentrée !

Bon courage

Gabriel

 





vendredi 18 août 2017

Ce qui compte c'est votre apprentissage (pas leur enseignement)



Bonjour, 

J'ai mis des années à comprendre pourquoi c'était plus pertinent pour les élèves de 5/2 ou de "cube" de chercher des exercices ou des sujets au fond de la classe que d'écouter le cours. 

Les penseurs des pédagogies alternatives le soulignent : "on ne peut rien enseigner, c'est à l'élève d'apprendre". 

Cf. Les apprentissages autonomes, John Holt, Éditions l'Instant Présent 2014


Il est donc plus pertinent de privilégier les situations d'apprentissage par soi-même toutes les fois où ce sera possible, et en particulier quand on a déjà vu le cours ou qu'on peut être autonome sur le sujet proposé.

Je le comprends seulement maintenant parce que pendant toutes ces années, l'enseignement du professeur et le respect du professeur lui-même étaient "sacrés". J'en ai d'ailleurs beaucoup souffert ensuite en école d'ingénieur où je me sentais obligé d'aller à des amphi de 4 heures souvent sans intérêt (pour moi, en tout cas)...

Notre apprentissage


Je comprends mieux pourquoi ces journées entières passées à écouter un prof ne fonctionnent que si nous mettons notre apprentissage en marche. Pour certains, ce sera une attention toute particulière à ce qui est dit parce que leur mémoire privilégiée est la mémoire auditive. Dans ce cas, la contrainte de copier le cours à toute vitesse peut les empêcher d'apprendre. 

En ce qui me concerne, j'avais surement de la chance dans mon malheur, parce que j'ai le sentiment que je retiens bien quand j'écris. Association de la mémoire visuelle et de la mémoire kinesthésique.

Cependant, il faut pouvoir "suivre". Il faut comprendre ce qui est dit. Comprendre ce qui est recopié. De nombreuses fois, j'ai cherché des solutions pour des élèves qui s'étaient mis à recopier sans comprendre. Parfois même sans écouter les explications proposées avec l'écrit du tableau à cause du rythme imposé. De nombreux élèves se contentent en effet de recopier ce qui est écrit "avec trois tableaux de retard" en espérant pouvoir le revoir plus tard. 

J'ai vécu ça en maths en spé. Que de temps perdu à copier un cours que je n'ai jamais relu ! Chaque jour ajoutait au débordement de cours trop long pour que je puisse en faire quoi que ce soit !

Des réponses aux questions que nous ne nous posons pas


Le problème des classes prépas - et ça, je le ressens depuis des années - c'est que l'on m'y a proposé des réponses aux questions que je ne me suis jamais posées. Pour moi, c'est la naissance même de l'échec scolaire !

Ce ressenti est conforté par le chapitre Apprentissage non sollicité du livre de John Holt cité ci-dessus, dont je reprends seulement quelques lignes :

Non seulement la leçon non sollicitée ne conduit pas à un apprentissage, mais - et ça a été difficile pour moi à comprendre - pour l'essentiel un tel enseignement empêche l'apprentissage.
(...)
Le (...) message que communique un enseignement non sollicité à celui qui le reçoit, c'est : " Ce que je vous enseigne est si difficile que, si je ne vous l'enseigne pas, vous ne serez pas capable de l'apprendre."

J'ai pu d'autant mieux faire la différence que je me posais effectivement beaucoup de questions. Tous les éléments qui me permettaient d'y répondre ou simplement de mieux y réfléchir devenaient passionnants pour moi :

J'ai été passionné par les films du ciné-club et les débats qui suivaient par la prof de philo. J'ai été passionné par les cours de philo et les dissertations qui nous étaient proposées et sur lesquelles je passait des week-ends entiers en terminale. 

Même le cours de lettres du mercredi après-midi en prévision d'une prépa à venir semblait ouvrir sur un monde inexploré et intéressant. Le prof y sacralisait Proust et La recherche du temps perdu en nous disant que sa lecture changerait notre vie. 

Ce n'était pas évident parce qu'en première, j'étais un élève plutôt moyen en français et en tout cas très peu intéressé. Deux ans plus tôt, en troisième, j'étais passionné de maths et je m'étais fixé d'avoir 40/40 en maths, ce que j'ai réussi. En français et histoire-géo, les sujets me semblaient bien peu intéressants et je me suis contenté d'avoir les notes que j'avais sans y voir ni défi ni intérêt...

Pendant des journées entières, les profs de maths et physique - et particulièrement SI ! - ont répondu à des questions qu'ils ne prenaient d'ailleurs pas la peine de formuler et que je ne me suis jamais posées... 

Qu'est-ce que j'ai souffert de devoir les écouter et de même essayer d'apprendre ce qui ne m'intéressait pas... en vue d'un improbable classement à un concours d'entrée en école d'ingénieur... !



Coup de cœur en physique



Souvenir tout de même de deux phénomènes qui m'ont intéressé en troisième année où le prof de physique de Lakanal nous proposait tout de même un peu plus d'interprétations concrètes de nos apprentissages : la couleur bleue du ciel (si je me souviens bien, par la diffraction du bleu par les micro-gouttes d'eau) et la couleur orangée du soleil à l'horizon (à peu près pour la même raison, sur une traversée de l'atmosphère beaucoup plus grande à l'horizon qu'au zénith où le soleil apparait bien plus blanc).

Pour le reste, j'étais bien plus intéressé par les sujets de français : en première année, l'instant présent avec Camus, le présent du passé, présent du présent et présent du futur avec Bergson... en troisième année, la bienheureuse ignorance...


Une apologie de la découverte de notre ignorance


Aux yeux de notre enseignante de français en Spé PSI* à Lakanal, la découverte de notre ignorance en prépa était une bénédiction, telle la sagesse de Socrate "Je sais que je ne sais pas". 

Sur le principe, je suis tout à fait d'accord avec elle, mais pas dans sa concrétisation en classes prépas.
Mon avis sur cette question, c'est que 
  • ceux qui souffrent en prépa souffrent souvent "beaucoup trop fort" et bien plus qu'il n'est nécessaire pour prendre conscience "qu'ils ne savent pas". Ils finissent parfois par se dire qu'ils sont nuls.
  • Ceux qui, au contraire, réussissent "très bien" se sentent d'autant plus supérieurs à l'issue des classes prépas que la compétition s'est faite en leur faveur. A aucun moment ils n'ont fait cette découverte de la "bienheureuse ignorance" que souhaite pour eux notre enseignante.


Ayant vécu dans des conditions atroces en 3/2 une remise en question totale, je ne pouvais me ranger de son côté. Cette "découverte" n'en a pas été une pour moi : je me suis toujours posé beaucoup de questions et j'ai toujours su "que je ne savais pas". J'avais par contre perdu complètement confiance en moi en étant soumis à un système qui ne me concernait pas personnellement mais que je vivais avec toute l'émotivité et la sensibilité que j'ai découverte depuis comme le propre de certains élèves doués. 
 
Bientôt 20 ans plus tard, je ne me sens toujours pas "doué". Je me sens d'ailleurs parfaitement inadapté au monde du salariat et de l'entreprise, mais j'ai mis plus de dix ans de tentatives infructueuses pour me rendre à cette évidence... toujours si peu "évidente" pour moi dans mon envie d'intégration dans un tissu social où le salariat est rassurant pour tout le monde, et donc pour moi en particulier sur une envie de "normalité". 

Le problème n'est pas d'avoir des mauvaises notes ou d'entendre toute la journée "Vous ne travaillez pas assez". Le problème c'est de le croire, de travailler le plus possible, de finir par obtenir une classe étoile au bord de l'épuisement et de s'auto-achever en intégrant cette fameuse classe étoile pour ne plus être en mesure de suivre autrement qu'en étant dans les 10 derniers.

Mathématiquement, j'étais dans les dix derniers puisque j'étais dans les dix derniers intégrés dans la classe. Mais je ne l'ai compris que bien plus tard, au hasard de ma réflexion sur les classes prépas et sur tous les outils qui peuvent aider les suivant à les vivre le mieux possible. 

En classe PSI * au Lycée Pothier en 1998 : 12 redoublants puis les élèves les mieux classés de 5 classes (après ceux qui avaient choisi MP* dans les trois classes de MPSI, après ceux qui avaient choisi PC* dans les deux classes de PCSI). La filière PSI semblait encore "jeune" dans sa création quelques années plus tôt, donc à niveau équivalent en maths, on avait moins de concurrence sur les concours des écoles prestigieuses puisque les meilleurs élèves continuaient de choisir MP* et PC* avec des enseignants mieux établis et parfois plus de places aux concours.

Parmi les derniers rentrés de la MPSI 2, j'étais donc statistiquement dans les 10 derniers de la classe. Le problème n'est pas tant d'être entré parmi les derniers et d'avoir les résultats cohérents avec cette situation, mais le fait que les notes associées vont de 3,5 à 6,5 sur 20, la moyenne de classe étant à 8 ou 8,5...

J'ai envie de rajouter "5/2" compris. Parce que l'année suivante, j'ai bénéficié de l'effet de cet amalgame entre des élèves qui font le programme pour la première fois et ceux qui recommencent. 

Quel sens ça peut avoir d'évaluer ensemble deux catégories d'élèves qui n'ont rien à voir ?
Ce n'est même pas pertinent puisque les points de "bonus" dans les concours importants feront la distinction entre les élèves qui passent le concours pour la première fois et les autres...

A mon avis, et je le découvre en écrivant ces lignes, c'est un bon moyen de finir d'enfoncer ceux qui n'auraient pas besoin de ça pour voir déjà leur confiance en eux mise à mal...

Ça m'évoque ce choix de certains enseignants de lettres de "noter comme au concours". Ce qui les amène à faire démarrer les notes de leurs élèves en début d'hypokhagne à 4, 5 ou 6... en espérant que leurs notes monteront au cours des 18 mois qui suivront. Pour ceux qui auront résisté à la pression et à ces notes parfois désespérantes au regard de la quantité de travail fourni. 

Un travail "qui ne paie pas" 


Je crois que nous sommes là au cœur du sujet. Jusque-là, dans le système scolaire, un élève qui a une mauvaise note est un élève "qui n'a pas travaillé". En tout cas, c'est ce qui est imaginé dans ce système où tous les élèves seraient égaux devant la connaissance et le travail scolaire...

Les nombreuses difficultés et les échecs de nombreux élèves bien avant montrent évidemment le contraire...

En tout cas, pour la plupart des élèves qui sont arrivés en prépas, leur travail (ou absence de travail, d'ailleurs, quand on écoute les parents qui pensent peut-être à un apprentissage "magique" et pour qui, en tout cas, 35 heures de cours par semaine "ne comptent pas comme du travail"... ) était récompensé par des bonnes notes. 

Arrivés dans la prépa la plus prestigieuse qu'ils pouvaient obtenir avec leur dossier scolaire, ils se retrouvent tous avec des niveaux équivalents et la possibilité d'être tout à coup dernier et ce, de manière complétement inattendue puisque personne ne va à Louis le Grand en envisageant de "minorer" le DS de maths. 

Tous sont promis à de - très - grandes écoles, au minimum Centrale Paris, avant de se confronter à "la réalité(???)" des classes prépas. Une réalité pourtant toute relative puisqu'à niveau égal et quantité de travail égale, ils auraient des résultats très différents d'une prépa à l'autre. 

La compétition et le stress


A aucun moment il n'a été établi que la compétition et le stress favorisent les apprentissages. Au mieux, ça favorise la compétition et le stress. Certes, beaucoup d'élèves vont au-delà de ce qu'ils auraient appris dans un autre contexte. 

Qu'en reste-t-il un an après ?
Qu'en reste-t-il cinq an après ?

J'ai eu beaucoup de peine de constater que même l'école d'ingénieur qui suit immédiatement après les classes prépas - et le concours d'admission ! - ne tient aucun compte des apprentissages en classes prépas. 

Les enseignements ne sont rattachés à rien de ce qui était proposé (imposé ?) en prépas. De la même manière que le prof de maths de sup se fait un plaisir d'expliquer en début d'année que les 12 ans - douze ans !!! - de maths fait précédemment ne comptent pas : "Ce ne sont pas vraiment des maths..."

Quel manque de respect pour les élèves. 
Quel manque de respect pour leurs collègues enseignants en primaire, collège et lycée. 
C'est l'assurance de proposer ensuite des maths "hors sol", dans une abstraction totale et en ne permettant qu'à trop peu d'élèves de rattacher les notions proposées aux connaissances déjà acquises. 

C'est ce qui incite ensuite certains élèves de prépas à chercher ensuite à apprendre les maths "par cœur". Comme si les maths pouvaient s'apprendre comme une poésie. 

"J'ai cherché à COMPRENDRE les maths"


J'ai accompagné longuement un élève sur l'année scolaire 2016 / 2017. Beaucoup plus satisfait de ses méthodes de travail, de son organisation et de son efficacité, ses notes ne changeaient pourtant pas beaucoup en maths. 

Normalement, après quelques séances de coaching pour se réapproprier leur manière à eux d'apprendre, les élèves que j'accompagne mettent fin au coaching parce qu'ils ont retrouvé confiance en eux et en leurs capacités à apprendre et à comprendre... et que ça se voit dans leurs notes de colles puis de DS. 

Lors de cet accompagnement, au-delà de l'énergie et de la motivation retrouvées grâce à une meilleure satisfaction dans le travail au quotidien, il restait quelque chose à débloquer. Nous sommes allés jusqu'à réfléchir à l'utilisation excessive du brouillon, qui fait peut être perdre trop de temps, en particulier si des éléments de réflexion n'arrivent jamais sur la copie parce qu'ils n'ont pas permis d'aboutir... La copie reste presque vide alors que de nombreuses recherches ont été effectuées et c'est dommage...

Un jour, il a trouvé la solution : lors d'un échange avec un élève qui avait d'abord eu des difficultés et dont les résultats étaient bien montés, il a compris qu'il était temps d'arrêter de "faire de son mieux pour en faire le plus possible".

IL ÉTAIT TEMPS DE SE METTRE A COMPRENDRE

Ainsi, au bout de trois mois de "recherches" sur ce qui allait pouvoir l'aider à progresser, il s'est mis à "prendre le temps" de comprendre. J'avais bien été sensibilisé par notre prof de sup à l'idée qu'au-delà de l'apprentissage du cours - indispensable - il fallait chercher les exercices...

Là, c'était encore d'un autre ordre. Comme une évidence à redécouvrir. Le cœur de cet article finalement. 

La seule chose qui compte, c'est votre appropriation du sujet. 
La seule chose qui compte, c'est le moment où vous comprenez de quoi il s'agit.
Le moment où vous comprenez la démonstration. 

Mais vous en avez trop à faire. Vous en avez trop à apprendre. 

Alors vous cherchez des raccourcis. 
Vous essayez l'apprentissage par cœur. 
Vous essayez de bachoter des exercices déjà corrigés par le prof. 

C'est indispensable, mais ça n'est pas suffisant. 

Pour progresser, pour simplement "faire des maths", il vous faut : 

Apprendre le cours
Comprendre les liens entre les éléments
Comprendre la démarche de la démonstration
Chercher et comprendre l'exercice.

Le temps "perdu" dans ces démarches est gagné pour les colles, les DS et le concours. 

De toutes façons, il faut vous rendre compte que la mémoire à court terme n'est qu'une forme d'illusion dans la préparation d'un concours. On en revient à ce que j'écrivais dès l'ouverture de ce blog : le conseil des enseignants de Ginette de ne pour ainsi dire pas réviser les colles et les DS. 

Des colles et des DS à votre service


Souvent dans les accompagnements à la gestion du stress, je vous invite à voir les enseignants, les colles et les DS comme des aides et des outils dans votre préparation du concours. Ainsi, la note de colle ou de DS n'est plus "dramatique", elle est simplement un indicateur de "là où vous en êtes, sur ce sujet, à ce moment-là".

Quand vous vous êtes boosté la veille par un bachotage intense, ça peut vous donner une bonne note pour assurer votre passage dans l'année supérieure... ça ne vous garantit pas de vous souvenir de la notion lors de l'oral du concours un an ou dix-huit mois plus tard...

Enfin, je n'ai rien contre l'apprentissage la veille. Le DS peut alors agir comme une source de motivation externe efficace !

A mes yeux, une chose est sûre, à chaque fois que vous "perdez du temps" pour comprendre une notion de cours ou chercher vraiment exercice, c'est du temps que vous gagnerez au DS

Sinon, les seules fois où vous vous retrouvez à chercher vraiment un exercice sans avoir la correction sous les yeux ou à l'arrière du bouquin, c'est pendant le DS, et là, ça va vous prendre beaucoup trop de temps ou déclencher beaucoup trop de stress !

Et vous, vous en pensez quoi ?
N'hésitez pas à réagir dans les commentaires ou sur la page Facebook

Bon été et bonne rentrée, 

Gabriel 


Pour en savoir plus sur ce que je peux proposer pour vous aider : nos offres
Pour prendre rendez-vous : 06 33 85 53 27

dimanche 4 juin 2017

Si vous êtes doué, ne faites pas les classes prépas

Bonjour,

Il y a vingt ans, j'ai fait des dossiers pour les classes prépas. Dossier de candidature et lettre de motivation manuscrite pour Sainte Geneviève "Ginette" à Versailles, dossiers papiers pour les classes prépas du lycée Pothier à Orléans : aussi bien maths sup MPSI que prépas ECS pour les écoles de commerce et même hypokhâgne, pourquoi pas !

Autour de moi, il y avait une belle-soeur passée par Ginette avant de bifurquer vers l'ISEP en deuxième année et ses amis qui avaient intégré Centrale Paris et pour qui cela semblait simple. Il y avait également l'ami de mon frère qui me disait de lire Le Monde tous les jours pour faire Polytechnique depuis que j'étais en seconde. 

Mon goût pour la philo ne comptait pas : il fallait faire des maths. Il fallait même faire Ingénieur. Il fallait faire ingénieur parce que "le commercial est toujours le trou du c.. d'un ingénieur". C'était peut-être vrai dans une entreprise technologique américaine. Aujourd'hui je dirais que le monde est quand même mené par le bout du nez par un trou du c.. de commercial...

Vingt ans plus tard, je ne trouve pas ma place en entreprise en tant que salarié. J'ai quand même de la chance, douze ans après mon premier coaching, dix ans après mes premières journées de formation à l'analyse transactionnelle, je commence à trouver des réponses comme dans cet article que l'on peut trouver sur le Huffington Post ou retrouver sur Positivr : 



Si la vie en entreprise et la situation de salarié est difficile pour un surdoué du fait de toutes les raisons qui sont mentionné dans cet article, la vie en prépa l'est tout autant. 

  1. C'est très difficile pour un surdoué de ne se concentrer que sur un ou deux sujets (bon, disons trois-quatre) pendant toute la journée.

    Toutes ces années plus tard, la situation qui me convient bien c'est celle que l'on peut voir désormais décrite comme "slasheur" (du / "slash" en anglais) : père de famille / animateur de sessions de coaching de groupe pour la recherche d'emploi le matin / prof de maths l'après-midi / coach d'élèves en classes prépas en rendez-vous individuels à distance le soir / jardinier-maraîcher le week-end...

    Alors passer mes journées, mes soirées, mes nuits puis mes week-ends à bosser invariablement des maths, de la physique et éventuellement un peu de SI avant de recommencer, autant dire que c'était non seulement une torture mais littéralement impossible. 

    On part donc avec un handicap majeur par rapport à ceux qui peuvent le faire sans états d'âme.
  2. C'est très difficile pour un surdoué de supporter la remise en cause de notes beaucoup trop basses par rapport aux efforts faits et à l'investissement.

    Ça conduit la plupart des élèves à essayer de travailler autrement que la seule manière qui fonctionne : la leur. C'est le cœur de mon accompagnement. Que ce pour travailler beaucoup ou énormément, une seule chose est sûre : il n'y a pas d'autre manière de travailler, de réfléchir et de mémoriser que la nôtre. Il n'y a pas d'autre manière de chercher un exercice de maths pour en trouver la solution que la nôtre. Il n'y a pas d'autre rythme ou "vitesse" que le nôtre.

    On peut bien essayer de se convaincre "d'aller plus vite" ça ne marchera pas.

    Très prompt à la remise en cause, l'élève surdoué peut s'effondrer à force de chercher à "bien faire" de toutes les manières possibles sauf celle qui marche pour lui - et pour personne d'autre ! 
  3. Les surdoués sont souvent intuitifs et créatifs dans les solutions qu'ils trouvent.

    Le problème de l'intuition du résultat - le fameux "Eurêka" d'Archimède, c'est qu'il ne fonctionne pas en prépas. Le résultat juste ne suffira souvent pas : il faut en fournir la preuve. Rien de plus dur pour un élève pour qui c'est apparu "évident" de vouloir démontrer une réponse qui lui est venue comme un flash.

    Les plus adapté feront leur possible pour partir des hypothèses d'une part, partir du résultat qui leur saute aux yeux d'autre part, pour essayer de faire la passerelle entre les deux. Pour une "évidence", quelle perte de temps !
  4. La créativité n'est pas très appréciée.
    Comme le dit Ken Robinson dans une conférence TED très regardée, "l'école tue la créativité". Les classes prépas en sont l'aboutissement.

    Souvent, une réponse "créative" n'est pas la réponse "attendue". Albert Jaquard en son temps disait déjà que les classes prépas et Polytechnique étaient des moules de conformisme. Il étudiait pour appuyer son propos la différence de prix Nobel entre ETH à Zurich et l'école Polytechnique à Paris. C'est en train d'évoluer avec leurs dispositifs de recherche très poussés qui font appel à des étudiants qui ne sont pas issus de leurs rangs mais des Ecoles Normales et des Universités françaises et étrangères...
  5. Pas facille pour un surdoué d'être "conforme".

    Pour éviter de tenir un propos trop "généralisant" et "à charge", je vais reparler de moi. Je suis incapable de me "conformer".

    Je n'arrive pas à faire des maths toute la journée quand on me le demande.
    Je n'arrive pas à faire des rendez-vous commerciaux toute la journée quand on me le demande.
    Je n'arrive pas à faire des rendez-vous de coaching ou de "conseil" emploi les uns après les autres quand on me le demande, même après avoir choisi ce nouveau métier en pensant y trouver une forme de "solution" la plus adaptée à ce que j'aime, ce qui me nourrit et là où j'excelle...

    Pour tout dire, je n'aime pas qu'on me dise ce que je dois faire.
    J'aime encore moins qu'on me dise comment je dois le faire.
    En fait, c'est plus simple que ça : je n'y arrive pas.
  6. Un mode d'emploi différent !!!

    Pendant plusieurs mois, j'ai conseillé à mes élèves le livre de Béatrice MILLETRE : "Petit guide à l'usage des gens intelligents qui ne se sentent pas très doués"

    C'est dans son livre que j'ai découvert les notions d'intuition et de créativité. Quand j'ai un problème à régler, je ne me mets pas à mon bureau pour chercher jusqu'à ce que je trouve : un esprit créatif et intuitif a besoin de connaître les enjeux, de collecter les informations, de laisser décanter - pour une durée indéterminée ! - jusqu'à obtention de la solution.

    Une solution qui apparait alors évidente - Eurêka - alors qu'elle n'existait pas dans notre esprit à la seconde qui précédait sa conception. 

Pour toutes ces raisons et surtout pour la destruction de la confiance en soi qui se met en place de manière insidieuse en prépas pour des élèves pourtant particulièrement doués, je vous invite à ne pas faire les classes prépas. 

Je sais en écrivant ces lignes que vous ne pourrez pas faire l'économie de l'expérience. 

HEUREUSEMENT !

Ne suivez aucuns conseils. 

Faites ce que vous voulez. 

Vous surmonterez les obstacles. 

Vous trouverez des solutions. 

Vous irez de toutes façons plus loin que vous ne l'avez jamais imaginé. 

Mais juste : ne restez pas dans la souffrance. Ne restez pas dans la culpabilité. Trouvez de l'aide si vous en avez besoin. Allez au cinéma vous changer les idées si ça vous fait du bien. 

Ne croyez pas ce qu'on vous dit : en ce qui vous concerne, ce n'est pas la quantité de travail qui compte mais si vous continuez à vous sentir bien dans votre peau, dans votre vie, dans votre travail. 

Gardez vos amis. Gardez les activités artistiques ou sportives qui vous sont les plus indispensables et qui ont permis votre réussite jusqu'ici. Travaillez de la seule manière que vous connaissez, de la seule manière qui vous réussit : la vôtre !!!

 And see you in 20 years !

Gabriel

 










lundi 20 mars 2017

Les classes prépas en mars (3) : dernière ligne droite

Bonjour,

En mars, vous pouvez être dans les trois situations suivantes :
- avant la prépa : vous posez la question "quelle prépa choisir ?"
 - en première année : comment aller chercher les points nécessaires pour le passage dans la filière que vous voulez ?
- en deuxième et troisième année : optimiser les dernières semaines jusqu'au concours !

Cet article se consacre au troisième point, après celui consacré au choix de la prépa et celui consacré aux premières années.

Préparation et révisions

Le premier point consiste à vous dire que vous préparez les concours depuis 18 mois ou 2 ans 1/2. On peut même aller plus loin en disant que toute votre scolarité vous a permis d'arriver là où vous êtes. Vous pouvez donc relativiser le travail à fournir sur les 15 jours ou 3 semaines que vous avez de libre avant les concours.

Il me semble avant tout essentiel d'arriver :
  • en pleine forme
  • motivé(e)
  • en ayant confiance en vous
  • en ayant des outils de gestion du stress si vous y êtes sensible

Révisions 

Pour la partie révision, les questions que vous pouvez vous posez :

- est-ce que je veux réviser tout(e) seul(e) ?
- est-ce que je veux rester à l'internat ? dans ma chambre en ville mon studio ?
- est-ce que je rentre chez mes parents ?
- est-ce que je pars réviser chez une grand-mère ?
- est-ce que je pars réviser chez un(e) ami(e) pour travailler ensemble ?

Concours

-est-ce que je prends un hotel sur le lieu du concours s'il est loin de chez moi ?

En ce qui nous concerne, avec un copain de l'internat de Lakanal, nous avions réservé un hôtel près du parc floral de Vincennes. C'était tellement pourri et bruyant que nous ne sommes restés qu'une nuit et que nous avons choisi de faire les trajets en RER chaque matin.
Nous étions beaucoup mieux dans notre chambre au calme et avec nos habitudes que dans ce lieu qui nous semblait plus adapté parce que tout proche du lieu du concours.
Avec les transports en commun il y a quand même la fatigue, l'inquiétude du retard possible ou de la grève...

L'année précédente, j'avais passé les concours au Lycée Pothier où je faisais ma prépa. C'est très étonnant de passer le concours -presque - dans sa salle habituelle de DS. En allant tous au Parc Floral l'année suivante, ça faisait beaucoup plus officiel.

Pour le concours ENS-X c'était encore à un autre endroit. A chaque fois, soit on repère les lieux à l'avance, soit on prend vraiment beaucoup de marge pour ne pas se trouver coincé par un retard, une erreur d'itinéraire, des embouteillages...

Pour les oraux, c'est encore autre chose. 

La première année, j'étais venu à Paris exprès pour oraux depuis Orléans. J'étais quand même un peu plus "dépaysé" voir déstabilisé de venir passer des oraux seuls en région parisienne que l'année suivante où je venais d'y passer une année complète et où je n'avais plus de difficulté à m'orienter pour les trajets, estimer le temps nécessaire, me sentir serein.

Pour vous dire :
- la visite médicale pour l'école navale devait avoir lieu au Fort d'Issy : RER C, banlieue inconnue... (ça me fait sourire d'écrire ça toutes ces années plus tard, après avoir vécu 6 ans à Paris et 7 à Issy...)

-  pour les oraux de navale à Louis-Le-Grand, j'ai voulu descendre de chez mon frère rue du Ranelagh à roller jusqu'à la maison de la radio : je suis tombé en arrivant en bas de la descente et je suis allé passé les oraux un peu sonné et le genoux en sang sous mon jean...

- pour les oraux du concours Mines-Ponts, alors à l'ENSTA, près de la Porte de Versailles, je me suis fait escroqué pendant la pause déjeuner, sur une arnaque classique du type qui doit rentrer en Italie et a des costumes de grande marques à vendre pour "trois fois rien"pour pouvoir rentrer chez lui...

- pour d'autres écoles, on peut se retrouver à aller jusqu'à Cergy-Pontoise dans les locaux de l'école et se demander quand même ce que l'on fait là... le souvenir amusant, c'est la rencontre des autres élèves dans la même situation à l'entrée de l’hôtel du coin la veille des oraux...

L'épuisement
    
En 3/2, j'étais épuisé et j'aurais aimé être accompagné pour tenir le coup jusqu'aux oraux. Pour moi, c'était "trop" et j'ai simplement décroché. Ensuite, c'était très compliqué de se remobiliser pour aller passer le TIPE le 14/07 à 7h du matin... pour aller passer les oraux des ENSI à Savigny (ou Bretigny ?) sur Orge au milieu du mois de juillet par 30°C...

En 5/2, j'étais bien plus confiant mais les oraux restaient une période très éprouvante émotionnellement et psychologiquement. N'ayant pas passé CCP, je n'avais pas le droit de me planter aux Mines... Admissible à l'ENS Cachan sans l'avoir imaginé, je n'étais pas du tout assez préparé...



Les classes prépas en mars (2) : s'accrocher !

Bonjour,

En mars, vous pouvez être dans les trois situations suivantes :
- avant la prépa : vous posez la question "quelle prépa choisir ?"
 - en première année : comment aller chercher les points nécessaires pour le passage dans la filière que vous voulez ?
- en deuxième et troisième année : optimiser les dernières semaines jusqu'au concours !

Après avoir traité du premier point dans cet article, je m'intéresse maintenant à ceux qui ont besoin de s'accrocher pour faire un bon troisième trimeste ou fin de deuxième semestre pour obtenir leur passage dans la filière qu'ils souhaitent.

Mes conseils généraux pour réussir les classes prépas tournent souvent autour des mêmes thèmes : 


- est-ce que vous dormez assez pour
  • être attentif en classe
  • participer : répondre aux questions posées, proposer de corriger les exercices
  • poser des questions quand certains points semblent confus (si c'est confus pour vous, c'est confus pour d'autres élèves dans la classe)
  • travailler votre mémoire à court et long terme
-est-ce que vous travaillez assez régulièrement pour
  • relire le cours du jour avant le cours suivant (ça n'a l'air de rien, ça parait impossible, mais ça change tout ! même 20 min chaque soir sur tous les cours du jour, ça suffit pour la plupart des élèves que j'accompagne en coaching pour se sentir mieux, comprendre mieux, réussir les colles et les DS !)
  • chercher les TD
  • chercher au moins un exercice du TD !
  • chercher l'exercice suivant pendant que le prof corrige celui que vous avez fait...
 - est-ce que vous avez conscience que les colles et les DS sont avant tout des outils pour savoir où vous en êtes dans votre travail ?

- est-ce que vous avez conservé une activité sportive ou artistique pour vous sentir bien, garder de l'énergie, et même gérer le stress quand il y en a trop ?

- est-ce que vous gardez assez de "pauses" ou d'espaces de respiration dans votre journée et votre semaine pour être le plus efficace possible ?

Les symptômes

Voici les éléments qui doivent vous alerter si vous sentez que ça marche moins bien que prévu :

- vous êtes toujours fatigué
- vous êtes toujours en retard sur le cours : vous n'avez pas le temps d'apprendre le cours avant le suivant alors vous avez de plus en plus de mal à suivre
- vous préparez les colles la veille
- vous révisez les DS la veille
- vos notes ne suivent pas et ne correspondent pas à tout le travail que vous fournissez...


Les solutions

J'ai indiqué les solutions que je propose ci-dessus, sous forme de question. N'hésitez pas à témoigner de stratégies qui marchent pour vous dans les commentaires ci-dessous.

J'ai aussi eu plusieurs élèves au téléphone ce week-end et nous avons parlé du brouillon pendant les devoirs. C'est un sujet que je n'avais pas abordé depuis longtemps et je pense que c'est un point important pour ceux qui se plaignent d'être trop lents :

Ecrivez tout sur vos copies !

Avec un brouillon :
  • si c'est juste, vous perdez le temps qu'il faut pour recopier. 
  • si c'est faux et que vous ne mettez rien sur votre copie, le correcteur ne saura même pas que vous avez cherché, que vous étiez peut-être sur la bonne piste... quand vous ne vous rendez pas compte plus tard que vous n'avez pas recopié alors que c'était juste ! Simplement, si vous avez un doute ou que vous savez que c'est faux, mentionnez-le à la fin de votre texte. "Résultat qui n'est pas cohérent avec ce que nous cherchions" "Résultat dont les unités ne sont pas homogènes"...