Je suis triste pour les élèves de prépas

Crédit photo Alice Donovan Rouse
Bonjour,

J'ai appris il y a quelques jours qu'une jeune femme s'est suicidée en prépa au Lycée Hoche à Versailles.

Rien dans les média.

Pas un entrefilet sur internet.

Le respect de l'intimité de la famille, certainement.

Une omerta efficace pour ne pas ternir l'image du prestigieux lycée Hoche à Versailles, ni celle des classes prépas en général.

En faisant une recherche, on trouve bien l'évocation de deux suicides en 2001.

En classes prépas les jeunes femmes meurent dans un silence absolu.

Pendant ce temps-là, France Inter nous propose 2 minutes d'antenne sur la blessure à l'épaule d'un footballeur...

Je suis triste pour les élèves des classes prépas. Comme il y a 20 ans, ils souffrent en silence.

Ils sont invités à faire appel à de plus en plus d'offres de coaching, hypnothérapie, sophrologie et cours particuliers mais rien sur le système en lui-même. Le moindre auteur ou journaliste qui s'y risque se fait rapidement remettre à sa place par un grand nombre de commentateurs en tout genre.

Je suis triste pour les élèves de prépas et je leur souhaite de vivre au mieux ces années ou de fuir si c'est mieux pour eux.

Je suis triste également pour leurs parents qui peuvent être tenus à l'écart de la réalité de la situation de leur enfant, "parce qu'ils ne pourraient pas comprendre".

Je suis triste qu'ils puissent apprendre bien plus tard la souffrance.

Parfois bien trop tard, quand c'est le suicide de leur fille qu'ils découvrent, impuissants.

Pour d'autres, ça peut être la prescription de Xanax pour gérer des troubles du sommeil. Il n'est pas possible de vouloir continuer d'étudier en classes prépas sous Xanax. L'étudiant le découvrira quand son médecin lui conseillera d'arrêter le traitement le temps des concours.

Mais comment peut-on prescrire du Xanax tout en laissant l'étudiant continuer ?

Parce que c'est le sport national en entreprise : nier les symptômes aigus de stress, prendre des médicaments et continuer jusqu'au burn-out... maladie professionnelle non-reconnue par l'assemblée, mais vécue par trop de nos contemporains ?

Il y a dix ans je commençais la rédaction d'articles sur ce blog pour changer les choses. Sans oser publier mes articles les plus critiques pour être audible par les élèves et leurs parents. Sans rien changer, peut-être, à toute la souffrance vécue par des enfants de 17, 18, 19 et 20 ans qui n'ont pas mérité ça.

On ne fait pas les classes prépas pour souffrir.
On ne fait pas les classes prépas pour mourir.

On fait les classes prépas pour avoir une belle école, pour se construire un beau métier, pour envoyer des fusées sur la Lune et bientôt sur Mars.

La réalité est tout autre.

Bon courage.

Gabriel

Mais pourquoi tu coaches des élèves de prépas ?


Bonjour, 

Je coache des élèves des classes prépas parce que j'aurais aimé trouver de l'aide quand j'en ai eu besoin. 

Je ne me sentais pas bien en prépa, je ne savais pas pourquoi et les seules réponses que j'ai pu trouver ont été peu satisfaisantes : 
- tu te poses trop de questions
- ne te poses pas de question, bosse !
- ça va aller mon chéri
En fait, les réponses que j'ai trouvées tout au long de ces années après la prépa, je les partage lors de mes séances individuelles ou directement dans mes articles : 

Ce qui me semble essentiel : 
  • On ne peut pas travailler tout le temps
  • Il n'y a qu'une seule manière de travailler, la nôtre
  • Rien ne justifie de perdre confiance en soi et en ses capacités à réussir

 

On ne peut pas travailler tout le temps

On ne peut pas travailler tout le temps, même si c'est une tentation régulière en prépas. 
"Celui-là, dans la classe, réussit tout, il travaille surement plus que moi. Si je travaillais plus, j'y arriverais aussi." 
C'est complètement faux. La méritocratie, c'est faux. L'égalité, c'est faux. 
En fait, nous avons tous des manières de comprendre, d'apprendre et de mémoriser différentes. 
Nous sommes passionnés par des sujets différents les uns des autres. 
Nous arrivons en prépa avec des bagages très différents.  

 Il n'y a qu'une seule manière de travailler, la nôtre

 Vous ne pourrez pas calquer la manière de travailler d'un autre. Vous ne pourrez pas être hyper efficace le soir à 22h si vous êtes du matin. Vous ne pourrez pas tout retenir juste en écoutant si vous avez plutôt une mémoire visuelle. Vous ne pourrez pas passer votre journée à faire des fiches si ça ne vous convient pas. 

Vous ne pourrez pas non plus vous passionner pour les maths pour faire Polytechnique ou Centrale si ce qui vous passionne c'est la philosophie, la psychologie, l'écoute des autres...

Vous ne pourrez pas survoler toutes les matières à toute vitesse, toute la semaine, si ce que vous aimez c'est aller au fond du sujet, comprendre, approfondir, faire des recherches. 


Rien ne justifie de perdre confiance en soi et en ses capacités à réussir

"Bienheureuse découverte de l'ignorance" nous disait la prof de Français de spé à Lakanal. Bienheureuse découverte de l'ignorance dans une recherche de sagesse et de philosophie, oui, mais se sentir incapable d'y arriver, dévalorisé par les notes trop basses, parfois humilié par un enseignant ou d'autres élèves, non. 


Solutions

Je préfère accompagner un élève jusqu'au bout de sa maths sup pour une inscription à l'université en mathématiques l'année suivante parce qu'il décide qu'il veut pouvoir étudier à son rythme. Qu'il veut pouvoir s'intéresser aux maths dans leur ensemble.Parce qu'il veut faire de l'enseignement et de la recherche et pas entrer en école d'ingénieur. Parce qu'il a besoin que le chapitre soit terminé pour commencer à comprendre et ça en prépas, c'est trop tard : la colle a déjà eu lieu, le DS est déjà là. Les notes sont mauvaises. Sa compréhension interviendra quelques jours après...

Je préfère accompagner un élève qui reprend le temps de vivre. Qui accepte de faire des pauses. Qui décide ce qu'il va faire dans la masse des sujets imposés pour retrouver un équilibre. 

Je préfère accompagner une élève qui va prendre du recul sur son envie de faire Supaéro, l'obligation d'entrer en spé étoile et pouvoir se remettre au travail au lieu d'être découragée trois mois après la rentrée en sup...

unsplash-logoRoman Mager

Outils de gestion du stress


Bonjour,

Pour continuer sur les outils que je souhaite mettre à disposition de ceux que je n'aurais pas au téléphone, je vous propose une réflexion sur la gestion du stress.


Energie et motivation

Je crois que le premier outil de gestion du stress, c'est de se mettre au travail. C'est le travail qui permet d'avancer dans ses apprentissages et de se rapprocher de ses objectifs : de bonnes notes en colle, en DS, la deuxième année souhaitée, les écrits des concours puis les oraux pour intégrer une école.

Tant qu'on en est là, on pourrait même appeler ce stress autrement : de l'énergie, de l'envie, de la motivation, de l'implication !


Stress

Quand on parle de gestion du stress, c'est souvent pour gérer les tensions, les inquiétudes, le stress quand il devient handicapant pour avancer :
  • j'ai tellement peur d'échouer que je n'arrive plus à me mettre au travail
  • j'ai tellement peur de ne pas comprendre que je n'ose plus essayer
  • je n'arrive pas à parler en colle quand je suis interrogé
  • je panique au DS parce que je n'ai pas réussi le premier exercice et ça me fait perdre mes moyens

 

Equilibre de vie

Le premier point, c'est de garder une vie équilibrée. On peut vouloir travailler tout le temps, mais il faut garder un sommeil de qualité, des relations familiales et amicales, prévoir des pauses ou des temps de ressourcement dans la semaine


Outils de gestion du stress

  • Outil de gestion du temps et des priorités - voir ci-dessous
  • Aller se ballader
  • Aller courir - en individuel pour gérer une crise de stress ponctuel !
  • Faire du sport - en collectif à plusieurs moments de la semaine !
  • Respiration ventrale ou abdominale
  • Méditation
  • Sophrologie
  • ...

Outil de gestion du temps et des priorités

C'est un outil de Dan Low de Worldeducation
  • lister tout ce qu'on a à faire
  • prendre conscience que rien de ce qu'on n'a à faire n'est "vital"
  • hiérarchiser les tâches 
    • très important - je veux l'avoir fait ce jour-là
    • important
    • moins important
  • Allouer dans le temps disponible seulement 30% du temps à des tâches que l'on veut impérativement avoir fait ce jour-là

 

Explications : On peut être interrompu, modifier son programme, faire le plus important en premier ou en dernier... dans tous les cas, 

  • On a fait le travail de distinguer ce qui est important de ce qui ne l'est pas 
  • On sait qu'on aura le temps de faire ce qu'on a prévu ce jour-là puisque ça ne prend qu'un tiers du temps disponible
  • Le reste du temps est à nous : on peut faire ce que l'on veut, dans l'ordre que l'on veut, même si ce n'est pas le plus important à ce moment-là
 

Tout faire

Une précision qui mérite qu'on s'y attarde. Non, vous ne pourrez pas tout faire. Pas aujourd'hui. Ca tombe bien, vous avez 18 mois pour préparer les concours, donc si déjà vous faites le plus important, vous y arriverez. 


Crédit photo : unsplash-logoGreen Chameleon

Réussir en prépas


Bonjour, 

Aujourd'hui, je voudrais vous donner quelques éléments de base de mes coaching pour ceux que je n'aurais jamais la chance d'avoir au téléphone pour les aider. 


Sommeil

Le premier point que je vérifie quand j'ai un ou une élève des classes prépas au téléphone, c'est son niveau de fatigue. Je ne pense pas que l'on puisse se coucher tôt et dormir 10 heures par nuit, mais si vous êtes épuisé·e c'est pourtant la première chose à faire.

Etat général

Ensuite, je vérifie comment se sent l'étudiant ou l'étudiante de manière générale. Avant de trouver des stratégies d'organisation et de gestion du stress, c'est important de commencer par savoir ce qui va permettre de se sentir bien, de retrouver de l'énergie et l'éternelle motivation si c'est bien ça le problème. 

Orientation

Pour retrouver les éléments de motivation, nous faisons un petit détour par l'orientation, le projet d'études ou de métier : est-ce que j'ai choisi les maths, la physique, les lettres ou la philo par goût ou par fidélité familiale, ambition, prestige, pression des profs de terminale ou des parents ?

Motivation

Aimer les matières choisies, c'est pour moi ce qui constitue la motivation interne. Et quotidienne. Avoir des projets professionnels dans un secteur d'activité ou un métier donné, c'est ce que j'appelle la motivation externe ou long terme. 

Pression

Quand d'autres pourraient parler de la motivation externe par le soutien de parents "coachs sportifs" autoproclamés, de professeurs particuliers, de stages aux vacances... je parlerai plus de "pression". Les élèves peuvent signaler à leurs parents quand le soutien - bienvenu le plus souvent - se transforme en pression et en stress supplémentaire - et souvent excessif au regard de la pression que les étudiant·e·s se mettent déjà à eux·elles-mêmes. 

Organisation du travail : gestion du temps et des priorités

Quand nous avons l'occasion de l'aborder, nous convenons avec les élèves que l'idéal serait de pouvoir travailler chaque jour les cours du jour-même et chercher les exercices pour le lendemain. A cet idéal, s'ajoutent toutes les préparations de colle, de DS, la recherche des DM.

Préparation des colles

Une approche très radicale, c'est de travailler tous les cours au quotidien et de ne pas réviser les colles. Vous vous appropriez le programme au fur et à mesure et deux ou trois semaines plus tard, une colle vient vous permettre d'évaluer où vous en êtes dans cet apprentissage. On peut même tenir ce raisonnement pour les devoirs. 
En tant qu'accompagnant, je sais que ça marche. Je reconnais que ce n'est pas pour cela que c'est facile à mettre en place. D'abord, il y a le programme de colle qui est parfois proposé : c'est bien une invitation à se pencher sur ces cours et des démonstrations en particulier et les apprendre le mieux possible pour montrer sa bonne volonté et obtenir le meilleur résultat possible à la colle. 
En fait, le risque c'est d'avoir trois semaines de retard. 
Mon invitation : rééquilibrer le curseur entre travailler 0% le cours d'aujourd'hui et 100% la colle de demain sur le cours d'il y a trois semaines. A vous de décider où vous placez le curseur. 

Efficacité

Sachez simplement que l'apprentissage ce soir du cours d'aujourd'hui vous fais gagner énormément de temps sur le cours de demain - que vous comprendez trois fois mieux. 

Mémoire

C'est également très efficace en terme de mémorisation à long terme. Parce que c'est exactement là que se situe le problème de réviser la colle du lendemain. Vous connaissez certes la démonstration par coeur et votre question de cours est réussie. Demandez aux anciens élèves de combien de démonstrations ils se souviennent en arrivant à l'écrit des concours !

Plaisir

En voilà un sujet tabou en prépa. Avoir encore du plaisir dans ses apprentissages. Dans la recherche des exercices. Il faut aller vite. Etre efficace. Travailler plus. Soit disant. En fait, en ce qui me concerne, je crois beaucoup au plaisir. Je crois que les matières que l'on a plaisir à travailler et à étudier, on s'en souvient pendant des années. Les sujets abordés répondent aux questions que l'on se pose ou traitent des thèmes qui nous intéressent. 

Crédit photo :

Conseils en vidéo

Bonjour, J'ai compilé dans une vidéo les conseils essentiels pour réussir les classes prépas : J'y parle de l'importance ...