lundi 23 octobre 2017

Mais sur quoi vous les aidez ?

Gabriel Brabant - auteur et coach de Coaching Classes Prépas


Bonjour,

On se demande bien à quoi ça peut servir, ce "coaching" en classes prépas. Ils sont grands. Ils sont souvent brillants. Ils ont réussi à faire une première et une terminale avec brio. Ils ont eu le bac avec mention très bien. 

En quoi auraient-ils besoin d'aide ? 


Au mieux, un prof particulier en maths pour un coup de pouce en cas de démarrage difficile ou d'une petite baisse de motivation avec l'arrivée de l'automne ou de l'hiver. 

En fait, c'est beaucoup plus compliqué que ça. 

Les classes prépas peuvent être - et vous noterez la mesure avec laquelle je choisis de m'exprimer quand je choisis l'expression "peuvent être" - une machine à broyer des jeunes adultes arrivés là prévenus, mais pas vraiment. 

Il faut savoir que quand on choisit les classes prépas, on imagine bien que les classes prépas, ça peut être "l'enfer", mais pour les autres. Personne ne démarre les classes prépas en se disant, "ça ne va pas très bien se passer pour moi", "je suis sensible au stress et aux remarques désagréables", "ça va être compliqué et je vais avoir du mal à résister à la pression". 

Non, chaque élève démarre les classes prépas avec un projet plus ambitieux que son voisin : entrer à Normale Sup pour devenir agrégé, faire Centrale Paris, HEC ou Polytechnique.

Comme tout le monde, j'ai choisi les classes prépas "pour devenir ingénieur", "pour faire Centrale Paris", "parce que depuis la seconde un ami de mon frère me parlait de Polytechnique". 

Et pour une raison un peu plus "dangereuse" : parce que c'était "dûr" et que "si c'est dûr, c'est bien". Ça voulait dire "exigeant", "ambitieux", "prestigieux" et pourquoi pas "réservé aux meilleurs".

En classes prépas, la valeur de l'effort a sa part. Si on choisit une classe prépas qui ne correspond pas au niveau optimum que l'on peut avoir, on diminue ses chances d'intégrer la meilleure école possible. (Même si c'est peut-être une erreur). 

Quand on est en classes prépas, on vise également la classe la mieux cotée pour la deuxième année. En maths sup, ne pas viser une classe étoile quand on veut faire les meilleures grandes écoles, ça peut sembler se tirer une balle dans le pied. 

Ensuite, ne pas viser l'école la plus prestigieuse que l'on peut avoir, c'est "manquer singulièrement d'ambition."

Dans le détail, on peut aussi rencontrer des "blocages" personnels un peu plus tordus. La possibilité d'intégrer l'ISEP, une école très sympa au cœur de Paris, ça ne me semblait pas possible : mon pote de Blois avait arrêté la maths sup à la fin de l'année pour reprendre son cursus à l'ISEP et profiter de Paris pour sortir tous les week-ends. On n'allait quand même pas se retrouver ensemble alors que j'avais galéré toute l'année en PSI* ?

L'année de décalage parce qu'il avait repris l'école à zéro après un an (enfin je crois), ça ne comptait même pas à mes yeux. Au point que j'en doute même aujourd'hui. 

Une école perdue à Strasbourg quelque part ? Une école qui me reçoit 4e sur un super entretien de personnalité et qui veut me voir dans ses effectifs ? pfeu... je ne connaissais pas son nom la semaine précédente et elle est trop "spécialisée"...

Finalement, je me reprends un an de travail, samedi et dimanche et vacances inclus. Admissible à Normale Sup Cachan. Admissible sur le concours Mines-Ponts. Puis admis à Télécom Bretagne. Ouf.

Si je n'avais pas eu d'école sur le concours Mines-Ponts, et ça aurait pu arriver avec un 5 à l'oral de maths et un 7 en physique - ou quelque chose comme ça - je me retrouvais dans une petite école de Cergy parce que je n'avais pas présenté les CCP (concours communs polytechniques ou "ENSI" pour mes lecteurs pas si initiés que ça).

Alors, sur quoi je les aide ?

Je les aide à lire entre les lignes. 
Je les aide à prendre du recul. 
Je les aide à remettre leur situation personnelle - et qui leur semble unique - dans un contexte plus global, de ce qui arrive chaque année aux élèves de prépas. 
Je leur rappelle que c'est normal d'avoir les notes qu'ils ont, quelles qu'elles soient, parce que tous les élèves autour d'eux sont des "premiers de la classe", comme eux. 
Je leur dit au contraire que "ce n'est pas normal" de se faire humilier ou agresser par un prof et qu'il ne faut surtout pas écouter, ne surtout pas prendre les choses pour soi personnellement - surtout si c'est dit à toute la classe et que c'est seulement leur envie de bien faire qui leur fait croire que ça leur est adressé. 

Je travaille en "coaching" et ce que je mets derrière ce mot c'est que le plus souvent possible, je ne leur propose pas de solutions, mais j'écoute celles qu'ils veulent mettre en place. J'écoute et je reformule ce qui me semble le plus pertinent dans ce qu'ils me disent. 

Ensuite, nous discutons de ce qu'ils vont faire. 
Leur rythme de travail. 
La durée de leurs séances de travail. 
Le contenu de leurs pauses. 
Leur envie de garder un peu de temps pour la musique, le dessin ou le sport. 
Les déculpabiliser du temps que ça prend pour qu'ils se sentent bien, gardent confiance en eux, gèrent le niveau de stress et gardent leur motivation au fil des semaines. 

Et je ne sais pas si j'ai raison. Parfois, j'ai envie de leur dire : fuyez ! Enfuyez-vous ! Tant qu'il est encore temps. 

Mais ils sont comme moi il y a 20 ans. Ils ont plein de bonnes raisons de faire les classes prépas. Ils n'ont peur de rien. Ils n'ont pas froid aux yeux. Ils ont de l'ambition, des envies, de la passion. 

Heureusement pour eux, le contenu les passionne : les maths et la physique pour les uns, les maths l'éco et la culture gé pour les autres, la philo, les lettres et les langues pour les filières littéraires. 

Les véto et les BCPST, je les ai rarement en coaching. Peut-être qu'il y a d'autres acteurs plus qualifiés pour les aider ? Peut-être que ces classes sont moins "cassantes" ? (j'en doute) Peut-être que leurs parents les laissent se débrouiller avec leurs problèmes. 

Tellement d'élèves ne savent pas vraiment pourquoi ils sont là. Pour "garder des portes ouvertes". Parce qu'"on peut tout faire après..." une école de commerce ou une école d'ingénieur indifféremment. On aimerait les croire...

En classes prépas littéraires, ça peut-être "pour la culture générale". Se retrouver dans une classe d'hypokhâgne que l'on fait "pour la culture générale" avec la pression mise par les profs pour aller jusqu'à Normale Sup, ça peut faire rapidement "bizarre". 

J'aide à faire la part de choses

 Est-ce qu'il faut rester ? Est-ce qu'il vaut mieux arrêter ?

Si je dois continuer, comment puis-je m'y prendre pour que mes résultats remontent ?
Pour retrouver confiance en moi ?
Pour réussir mes DS de maths, mes dissertations, mes colles ?

J'aime aussi préparer les entretiens de personnalité. Comme les entretiens d'embauche, c'est l'art de faire dire à des personnes humbles et discrètes des choses positives sur elles-mêmes, même si elles n'aiment pas ça. 

Parce que je dois vous le dire, je ne suis pas le coach de ceux qui savent déjà tout sur tout. Ils n'ont pas besoin de moi. 

"Coach artisan", je coach mes clients - mes coachés - mes élèves ? - sur mesure. Ils ont déjà toute leur magie en eux. Je révèle éventuellement quelques qualités qu'ils s'évertuent à cacher. 

Je leur rappelle ce qui a toujours marché pour eux, en le leur demandant ! 
Je leur demande d'arrêter de faire "comme il faudrait faire" pour faire "ce qu'ils veulent", "ce qui marche pour eux", "ce qui leur donne de l'énergie et de la force pour avancer". 


Un peu de gestion du temps, des priorités et du stress

Je dois reconnaître que je prends de temps en temps une casquette de "conseil". Ou plutôt de "transmetteur". Je mets à leur disposition les outils magiques de Dan Low, "gourou" sympathique et bienveillant des outils bilingues (français/anglais) et orientaux (il vient de Singapour) de WORLD EDUCATION

Des soirées de formation où vous pouvez aller directement à Paris si vous le souhaitez. Vous y serez très bien reçus et vous pouvez y retourner autant de fois que vous le souhaiter une fois que vous les avez suivies. Ce que je ne me suis pas privé de faire entre 2010 et 2016. Les détails en français sont .

Pour des élèves de classes prépas surchargés, ma présentation succincte des outils semble leur convenir et ils les utilisent souvent avec succès. 

Les outils ont des noms exotiques dans les formations imagées et amusantes de Dan Low. Merci à lui pour cet "entertainment" dans la gestion du stress "corporate". Les outils ramenés à l'essentiel parlent bien aux élèves à la recherche d'efficacité immédiate. 

La recherche d'efficacité est également un sujet régulièrement abordé. Au printemps dernier, c'était même le sujet d'un coaching complet. Passer d'une insatisfaction constante sur le travail réalisé au point de se décourager à une gestion fine des priorités, du temps de travail et une vigilance permanente sur l'efficacité du travail réalisé ont permis non seulement de travailler mieux et d'en être satisfait mais d'inclure dans le programme hebdomadaire des temps de pauses "ressources". 

Travailler (un tout petit peu) moins pour travailler (beaucoup) mieux. 

Si loin de la culture des classes prépas. 
Si loin de la culture des entreprises françaises qui mesurent encore la motivation de leurs jeunes cadres à l'heure jusqu'à laquelle ils sont prêts à rester le soir. 

Pourtant, ceux qui réussissent les classes prépas, comme leur carrière, savent faire l'essentiel. Savent construire sur une efficacité et une gestion fine de ce qui est important et de ce qui ne l'est pas. 

Gestion quotidienne et gestion long terme

Si je devais vous laisser sur une seule idée à la fin de cet article, ce serait celle-ci : 

C'est en travaillant chaque jour sur ce qui a été vu le jour-même, en cherchant les exercices qui vous sont proposés au moment où ils le sont, que vous travaillez dans les meilleures conditions possibles tout au long de la semaine et, cerise sur le gâteau, pour le long terme : la réussite des concours, écrits dans un premier temps, oraux ensuite. 

Bon courage !

Gabriel

PS : veillez aussi, le plus souvent à vouloir réfléchir, essayer de comprendre, tenter de faire des liens... ce sera votre meilleure façons d'apprendre ! 
Ce que vous vous contenterez d' "apprendre" vous l'oublierez (trop) rapidement.

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