Bien choisir ses classes prépas

Bonjour, 

Comme dans beaucoup de domaines, la réussite en classes prépas passe par le développement de vos talents. 

Vous serez beaucoup mieux à même de réussir dans des classes prépas qui correspondent à vos domaines d'excellence.

On pourrait penser que le premier critère, c'est celui des choix professionnels : des envies de métiers ou de secteurs d'activité qui vous intéressent. 

Si vous avez envie d'être pilote d'avion et que votre matière la plus forte c'est la biologie... que faire ?

En ce qui me concerne, je mesure aujourd'hui à quel point le choix du métier d'ingénieur et des classes préparatoires scientifiques était beaucoup plus lié à un prestige supposé de ces filières et métiers que d'un réel projet professionnel personnel. 

En terminale, les matières qui me passionnaient et qui me permettaient d'avoir d'excellents résultats : 
  • soit en travaillant très régulièrement :
    • pour la SVT j'avais 18 et j'apprenais tout par cœur
  • soit en ne travaillant pas du tout en dehors des cours :
    • en Histoire je n'ai pas fait autre chose que de très bien écouter toute l'année en classe et j'avais 15 aux DS et au bac
  • soit en y passant tout mon week-end pour rendre une dissertation :
    • en Philo j'avais 14 et le commentaire disait "excellent"
J'avais déjà des difficultés à m'intéresser et à réussir en maths et en physique. Je tournais avec des notes entre 13 et 15 pendant l'année et j'ai réussi à avoir 15 et 16 au bac. Ça peut paraître satisfaisant mais je ne mesurais pas à quel point je faisais beaucoup plus d'efforts dans ces matières pour obtenir ces résultats. 

Alors, oui, à force de motivation et de ténacité. A force de sacrifices - et d'inconscience, presque - je suis allé décrocher une école sur le Concours Mines-Ponts. Mais à quel prix ?

Trois ans de travail, certes. 
Mais beaucoup plus pour retrouver confiance en moi, pour retrouver goût au travail. Pour prendre conscience que je pouvais faire des choses qui me plaisent. 

Rétrospectivement, j'ai souvent pensé que si j'avais mis la même énergie, les mêmes efforts dans le métier que j'aurais rêvé de faire, dans le domaine du cinéma, j'aurais évidemment été capable d'intégrer une école après un BTS de Cinéma ou simplement trouvé des occasions de rejoindre un tournage pour apprendre le métier, ou de partir à l'étranger pour me former. 

Choisir de faire la filière la plus prestigieuse ou celle qui conduit à un métier fantasmé (le terme d'ingénieur ne représente pas grand chose pour la plupart des élèves de lycées ou de classes prépas à qui je pose la question) ce n'est pas forcément le bon choix. 

Par contre, savoir qu'aujourd'hui je suis passionné par les maths, la physique, l'électronique ou plutôt par la littérature, la philosophie, les relations humaines, ça permet d'éviter des erreurs grossières. 

Quand vous allez rejoindre 40 élèves dans une classe pour préparer les concours, ils seront plus que passionnés. Ils seront "à fond".

Les littéraires auront lu des centaines voire des milliers de livres depuis leur enfance. 
Les scientifiques auront parfois bidouillé des circuits électroniques pendant tous leurs dimanche après-midi. 
Les futurs informaticiens seront déjà plus compétents à 15 ans que leurs futurs profs d'école qu'ils n'auront que dans 4 ou 5 ans après le passage par les classes prépas...

Le profil d'élève pour qui les classes prépas peuvent être les plus difficiles sont paradoxalement ceux qui peuvent pourtant "avoir des facilités". 

En ce qui me concerne, je pense que je peux presque tout apprendre. Je peux comprendre beaucoup de choses. Je suis très curieux et j'adore la nouveauté. 

Ce que je ne peux pas faire, c'est passer 4 heures de suite, plusieurs fois par semaines, voire tous les jours - voire plusieurs fois par jour ! - à faire des maths. 

C'est pourtant ce que font les plus passionnés des élèves des classes prépas. Il ne font que ça, chaque jour, de travailler du matin jusqu'au soir. 

Dans le cas où vous êtes doué et que vous aimez faire plusieurs choses, vous intéresser à de nombreux sujets, rester ouvert sur le monde, passer du temps avec votre famille et vos amis, vous avez plusieurs options. 

1. Vous êtes vraiment très doué


Si vous êtes tellement doué que vous pouvez faire maths sup, maths spé à Louis-le-Grand, Henri IV ou Sainte Geneviève sans avoir l'impression de "forcer" pour ensuite intégrer les 5 ou 6 meilleures écoles de France. Foncez. 

2. Vous choisissez un établissement pour lequel "Vous êtes vraiment très doué"


Si vous êtes doué, mais pas au point de survoler deux ans des classes prépas les plus prestigieuses - et malheureusement, on ne le découvre souvent qu'après avoir essayé...  - je vous invite à privilégier un établissement moins prestigieux mais où le niveau vous permettra quand même de continuer à avoir une vie "normale". 

C'est-à-dire une vie où vous pouvez continuer à être vous-même et à pratiquer vos activités "ressources" (musique, dessin, sport, ou simplement de grands temps de pause). 

Ça vous évitera de vouloir "ne faire que travailler". Ce qui n'est pas bon pour vous. Ce n'est bon ni pour l'efficacité de votre travail (qui peut tomber en chute libre par rapport au temps passé à votre bureau) ni pour votre moral et votre motivation.

3. Vous trouvez une autre solution d'orientation, un autre choix d'études


De nombreuses autres options s'offrent aux élèves doués mais ils ne le savent pas. Le diplôme est un atout indispensable en France dans de nombreux domaines. En fait, les élèves doués pourraient choisir d'aller faire leurs études à l'étranger et revenir diplômés de grandes universités qui ne leur auront pas demandé de passer par les classes prépas. 

Les écoles polytechniques de Lausanne et de Zurich ont un système de progression (et de sélection) des élèves tout au long du cursus. Les universités technologiques au Canada proposent aussi des cursus pour devenir ingénieur.

Un élève doué qui cultive ses talents sera beaucoup plus fort s'il n'abîme pas sa confiance en lui et son estime de lui-même dans un système de compétition qui n'est pas fait pour lui. L'entreprise, ensuite, ne reconnait d'ailleurs que très peu les compétences et connaissances acquises en prépa. Même l'école d'ingénieur ne s'en sert souvent que pour son "recrutement". 

A l'"ENST Bretagne", en 2000, aucun lien n'était fait, à aucun moment dans le cursus scolaire, entre un sujet proposé et le programme scientifique de l'année précédente. Je ne pense pas que ce soit différent aujourd'hui au sein de l'IMT Atlantique Télécom Bretagne de 2018 !

Une fois que vous avez choisi les classes prépas qui vous conviennent parce que ce sont bien les matières
  • qui vous plaisent le plus, 
  • pour lesquelles vous avez une véritable passion et même 
  • pour lesquelles vous avez du talent,  
                  tout se passera bien !

Après seulement, nous pourrons optimiser en réfléchissant à la meilleure manière d'apprendre et de retenir à long terme. 

Nous pourrons réfléchir 
  • à votre meilleure manière de comprendre et de mémoriser
  • à votre meilleure manière de vous organiser dans votre travail
  • à la meilleure manière de structurer votre temps pour être le plus efficace
  • à la meilleure manière de chercher les exercices et de les trouver !
  • aux pauses indispensables pour continuer de vous sentir bien
  • à la gestion des priorités pour toujours faire l'essentiel
  • aux outils de gestion du stress qui peut se déclencher avec les DS, les colles, les concours...
  • ...
 Ce qui est certain, c'est que les élèves des classes prépas font de leur mieux. 

Régulièrement, j'entends que leurs enseignants leur reprochent de "ne pas travailler assez". En fait, je crois surtout que les enseignants pensent que les étudiants ne "réussissent pas assez". 

Les élèves que j'ai en coaching aimeraient bien "travailler plus". Ils n'y arrivent pas. Ou ça ne change rien. Parce qu'ils passent des heures derrière leur bureau mais que les classes prépas ne "pardonnent pas". 

On est bel et bien sorti du mythe de la "valeur de l'effort". En classes prépas et surtout au concours, c'est seulement le résultat qui compte. 

Alors, je vous invite à réussir mieux
Pour ça, la seule option, c'est également de travailler mieux

Dans la plupart des situations qui me sont exposées, ça ne consiste pas à travailler plus
Mais à travailler plus efficacement
A travailler ce qui est le plus important
A travailler ce qui est attendu
A s'organiser dans la résolution du DS ou dans la préparation de la colle
A être attentif et à participer en cours pour ne pas se laisser déborder
A continuer d'y croire même quand les notes sont trop basses
A continuer de travailler même quand les ambitions pour la classe "étoile" ou Centrale Paris semblent tout à coup inaccessibles...

Les élèves des classes prépas que j'accompagne sont des "clients" ou des "coachés" géniaux : ils sont plein de ressources, ils sont envie de trouver des solutions, ils sont "moteurs", ils passent à l'action, rien ne les arrête !

En ce début d'année 2018 je voudrais les remercier pour toute leur énergie et la qualité des échanges et leur souhaiter une excellente année !
Bonne année à vous tous ! Les années de prépas sont les plus exigeantes et on s'en souvient toute sa vie. Que 2018 vous fasse grandir et vous conduise vers vos rêves...

Gabriel






 


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