lundi 28 mai 2018

J'aimais la physique

Bonjour, 

Il y a vingt ans j'aimais la physique. Après, j'ai fait les classes prépas. 

J'ai écouté dimanche dernier la conférence de Raymond Piccoli, directeur du Laboratoire de Recherche sur la Foudre à Champs-sur-Tarentaine-Marchal dans le Cantal.
C'était passionnant. J'ai pris conscience que j'aimais la physique. 

Avant. 

Avant d'avoir plusieurs heures de cours par jour. 
Avant de devoir tout comprendre et tout apprendre, le plus vite possible. 
Avant d'être évalué, presque toutes les semaines, sur ce que j'avais compris et que j'étais capable de restituer, à l'oral ou à l'écrit. 

Avant d'avoir 3,5 sur 20 en PSI*. 
Avant de n'avoir pas le temps de relire les cours pour préparer ni les DS ni les colles. 

Avant que ce soit présenté dans une succession de cours et d'exercices complètement détachés des phénomènes physiques en eux-mêmes. 

Pour être tout à fait honnête, le décalage entre mon goût de comprendre les phénomènes physiques de la nature et la matière "sciences physiques" avait déjà commencé au lycée. 

J'ai parfois témoigné que le problème de l'enseignement de la physique au lycée, et de manière beaucoup plus forte en prépas, c'est que ça répondait à des questions que je ne me posais pas. 

A contrario, la philo me passionnait parce que j'y trouvais enfin des éléments de réponse à des questions que je semblais parfois un peu seul à me poser, quand certains membres de mon entourage familial n'allaient pas jusqu'à me reprocher "de me poser trop de questions"... "d'avoir des états d'âme". 

En spé 5/2 à Lakanal, avec l'enseignement de Monsieur Pinson, j'ai pu retrouvé le plaisir de comprendre des phénomènes physiques qui nous entourent : le bleu du ciel, le soleil qui devient orangé à l'horizon, les phénomènes de moiré. 

Et si nous trouvions des moyens pour que les classes prépas ne dégouttent pas les élèves des matières qu'ils ont choisies ?
Et si nous trouvions un moyen pour que les maths et la physique ne soient pas que des critères d'évaluation de la capacité de travail d'élèves entre 18 et 20 ans pour les sélectionner ?

Pour l'ingénierie qui suit, ce n'est pas tellement mieux. En aucun cas il n'était possible de faire par soi-même, de bidouiller, de construire comme ils le décrivent dans ce documentaire au sujet du MIT 

Sept à Huit en replay
La fin du documentaire revient sur une réalité que l'on trouve bien dès la prépa en France : le risque de sur-investissement personnel et de burn-out.

Une réalité mise de côté dans la plupart des discours des communicants qui cherchent à remplir des parcours et des établissements plutôt qu'à en améliorer le contenu pour les rendre plus attractifs et moins destructeurs pour trop d'élèves encore chaque année. 

Bon courage à ceux qui font ce choix dans leur "Parcours Sup" dont on parle tous les jours, à ceux qui terminent leur année de Sup, Hypokhâgne, ECS ou ECE 1, BCPST, Véto, etc... et à ceux qui présentent bientôt les oraux ou rempilent pour une nouvelle année !


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